Les Sihanaka de la région du lac Alaotra

L’ethnie Sihanaka occupe la région du lac Alaotra, région Alaotra-Mangoro, au Nord-Est de Madagascar.

 

Carte des ethnies malgaches

Origine et situation géographique

Au XVIIIe siècle, les Antesaka, provenant de régions marécageuses du Sud-Est de la Grand Ile, auraient émigré dans cette région et prirent le nom de « Sihanaka » une fois établi. La question de l’origine est toutefois contredite dans la tradition locale. Certains avancent en effet que les Sihanaka seraient originaires de la région Masianaka et que pour fuir les conflits, auraient migré vers le Lac Alaotra. Grands riziculteurs, la région occupée par cette ethnie est à ce jour considérée comme le plus grand grenier à riz de Madagascar.

Us et coutumes

Diverses rites sont pratiqués par les Sihanaka et concernent le plus souvent l’agriculture. On y célèbre des cérémonies rituelles de demande annuelle d’eau de pluie pour la culture du riz mais aussi pour demander protection et bénédictions pour les habitants.

Les « Doany », lieux sacrés car tombeaux du légendaire fondateur de la ville vers 1600, de son neveu et de son fils doivent être obligatoirement entretenus. Une obligation strictement observée car autrement le cycle normal des pluies serait dit-on perturbé. A noter que l’ethnie pratique également le culte des ancêtres et ses tombeaux sont constitués par un monticule de terre orné d’un long mat funéraire ou d’un mat moins long supportant un crâne de zébu et parfois de statuettes. Des mannequins funéraires ou « sary » sont érigés au-dessus des tombeaux.

Pour chaque évènement, les participants portent des tenues particulières et suivent certaines règles ancestrales. Appelés « Volam-bita » et « Sarabe », ce sont des cérémonies de sanctification incluant la communication avec les esprits des défunts par le sacrifice d’un zébu. Le « Sarabe » est plus important que le « Volam-bita » car exige entre autres, la présence des « tangalamena », rois locaux pour des festivités pouvant durer trois jours.

Le « Sarabe » ou « Joro orana » peut avoir pour objet de demander la bénédiction des ancêtres pour obtenir une bonne saison de pluies et donc, de bonnes récoltes. Autre coutume chez les Sihanaka, un jeune garçon ne peut être circoncis qu’après la cérémonie rituelle du « famoahan-jaza andohan’omby », c’est-à-dire après avoir fait passer l’enfant sur la tête d’un zébu. Cette cérémonie est suivie de trois jours de festivités et donne lieu à une liesse populaire.

 

Vie quotidienne

Autrefois, les Sihanaka construisaient des cases en jonc au bord de l’eau puis commencèrent à s’en éloigner pour s’établir sur les hauteurs bordant le lac. Les habitations sont généralement construites à base de terre cuite ou d’argile. A part la riziculture, ils pratiquent aussi la culture vivrière comme le maïs, le manioc, les légumes ainsi que la culture d’arachides. Reconnus pour être d’excellents pêcheurs et spécialistes de la riziculture irriguée, on trouve également de plus en plus de familles se lançant dans l’élevage (dindons, oies, canards…).

Le mois de juin est une période faste pour la région car la production est à son apogée, prémices également des différentes fêtes comme la pratique du culte des ancêtres et des circoncisions (juin à septembre).