Les Bezanozano de Moramanga et la vallée du Mangoro

Ethnie de Madagascar, les Bezanozano ou « Ceux aux nombreuses petites tresses » occupent la vallée où coule le fleuve de Mangoro, entre la partie orientale de l’Imerina et la partie côtière de la région Betsimisaraka.

 

Carte des ethnies malgaches

Origine et situation géographique

Le Bezanozano sont concentrés surtout dans la ville de Moramanga. Leur royaume s’étendait autrefois au-delà de la falaise d’Angavo jusqu’au village d’Ambatomanga avant leur soumission à la domination Merina au début du XIXe siècle.

Les Bezanozano étaient organisés en petits clans qui, pour se protéger des diverses menaces et luttes intestines, plaçaient leurs villages fortifiés au sommet des collines. Peuple indépendant, les Bezanozano utilisent un dialecte mélangeant dialecte Merina et Betsimisaraka. Leur origine remonte au temps des « Vazimba », peuple autochtone, et dont ils seraient les descendants ou « Zafimbazimba ». Un métissage ethnique entre le Xe et XVe siècle avec les « Berahoraho » de l’Est a donné l’ethnie « Bezanozano », remarquable pour leurs cheveux tressés en forme de petites feuilles dite « zanozano ».

Trois grandes guerres ont eu ensuite raison du royaume qui finit par se soumettre à la domination de Radama I, roi de l’Imerina. A noter que Moramanga, fut l’un des lieux principaux où ont commencé les évènements de 1947 ayant marqué l’histoire de Madagascar à jamais.

Us et coutumes

Peuple attaché à différentes traditions, les Bezanozano observent par exemple de nombreuses règles concernant les femmes enceintes. Ici, il est strictement interdit aux femmes enceintes de s’asseoir au seuil de la porte. Elles doivent également se tenir éloigné de choses laides ou repoussantes pour éviter que l’enfant naisse difforme. L’accouchement s’effectue en présence des femmes parentes et du mari. Par la suite, pendant un mois lunaire elle regagne sa famille d’origine avant de revenir dans son foyer.

Chez les Bezanozano, un enfant ne peut être totalement accepté dans leur clan qu’après avoir eu sa première coupe de cheveux et être circoncis. Autre coutume également, les poteaux sacrés « Tsikafana » surmontés de cornes de zébu. Pour un vœu exaucé ou pour se rappeler d’un grand évènement, ces poteaux sont autrefois érigés dans chaque village et témoignent de la protection des « razana » ou ancêtres.

 

Vie quotidienne

Si de nombreux villages sont encore au sommet des collines, la majorité des habitations actuelles son sur les plaines et plus modernes regroupées principalement à Moramanga. Peuple reconnu pour leur force musculaire, ils effectuaient autrefois l’approvisionnement de la capitale tananarivienne à dos d’homme. La majorité des familles sont éleveurs et agriculteurs spécialisées dans la riziculture.

Ville carrefour reliant la côte Est, l’Alaotra-Mangoro et Antananarivo, Moramanga est une ville dynamique où régulièrement de nombreux voyageurs viennent y faire halte avant de reprendre leur route. Si la ville était au temps de la colonisation un comptoir d’esclaves, c’est aujourd’hui des produits maraîchers qui inondent le marché. Ces-derniers proviennent des nombreux villages aux alentours et proposés à prix des plus abordables.

La proximité du parc national d’Andasibe-Mantadia a également contribué à la dynamisation de la région vue le nombre annuel des visiteurs venant trouver un hébergement à Moramanga.