Les Betsileo du Sud de l’Imerina

Ethnie localisée surtout dans la partie sud des Hautes Terres dans la région de Fianarantsoa, les Betsileo ou « Les nombreux invincibles » comptent parmi les plus importantes à Madagascar.

 

Carte des ethnies malgaches

Origine et situation géographique

Descendants d’une union entre des conquérants indonésiens venus conquérir le Sud-est de la Grande île et des « Vazimba », peuple autochtone, les Betsileo ont formés 4 royaumes pour consolider leurs positions et protéger leurs terres : Manandriana, Arindrano, Lalangina et l’Isandra. Bien que d’une même ethnie, les nombreuses rivalités intestines finirent par fragiliser tout le royaume facilitant ainsi la domination des Merina qui soumirent les rois Betsileo chacun à leur tour entre le XVIIe et XVIIIe siècle.

L’existence de 4 différents castes régissaient la société Betsileo à savoir : Les « Hova » ou nobles, les « Andehova » (serviteurs des « Hova » considérés comme des hommes libres), les « Olom’potsy » (les petites gens) et les « Andevo » (esclaves par déchéance sociale ou par capture de guerre). Dans chaque village Betsileo, des chefs traditionnels appelés « Ray aman-dreny » veillaient au respect des traditions et étaient considérés comme des sages. Ils tiennent ainsi une place importante lors des circoncisions mais surtout lots des cultes aux ancêtres. « Mpimasy » (devin) et « Ombiasy » (sorcier) sont également présent dans chaque village. Le premier est reconnu comme un guérisseur et le second, craint pour ses pouvoirs pouvant être bénéfiques et maléfiques.

Us et coutumes

Pratiquant le culte des ancêtres et la circoncision, les Betsileo observent des règles précises durant ces différents rituels. Comme dans toutes les ethnies de Madagascar, les esprits des ancêtres continuent d’être respectés mais aussi redoutés.

Chez les Betsileo, il est obligatoire que dans chaque foyer est dédié un coin spécialement dédié aux ancêtres. Lors des grandes occasions, les « ray aman-dreny » se rendent sur des stèles commémoratives appelés « vatolahy » ou « tatao » pour invoquer les esprits et leur demander protection, bénédiction ou solution. Si la circoncision et le retournement des morts donnent lieu à de grandes réjouissances, une naissance ou même la construction d’une nouvelle habitation l’est également.

Selon la tradition Betsileo, lorsque l’on est invité à une fête, il est d’usage d’apporter un petit sac de riz que l’on remettra au « Ray aman-dreny » de la maison. A noter que les Betsileo pratiquent également le « Famindrana ». Le défunt ici est exhumé et remis dans un tombeau neuf, le contraire d’un retournement des morts où ce-dernier est exhumé, renveloppé d’un nouveau « lamba mena » ou tissus mortuaire  avant d’être remis à sa place.

 

Vie quotidienne

De part sa situation géographique, carrefour entre pays Bara et pays Merina, les Betsileo ont su tirer profit de cette proximité géographique. Réputés pour être de grands riziculteurs, ils ont su développer différents systèmes d’irrigation dont la majorité de la production est destinée à l’auto-subsistance.

Les zébus tiennent également une place importante dans la vie quotidienne des Betsileo puisqu’ils sont utilisés dans les champs. La pratique des cultures vivrières à flanc de colline leur permet également de faire face en cas de soudure : manioc, patates douces, maïs, pommes de terre… Ils élèvent également porcs et volailles même si l’élevage de zébus offre une certaine position sociale chez les Betsileo.