Notes du Passé et Histoire de Madagascar

Les Antakarana, le peuple le plus septentrional de Mada­gascar, occupe au cours de son histoire une aire très vaste, de la pointe Nord de Madagascar jusqu’à une limite sud formée par les rivières Sambirano sur la côte Ouest, et Bemarivo sur la côte Est. Nosy Be y était rattachée. En fait actuellement, ils ont abandonné […]

Les légendes sont, dit-on, transmis de génération en génération pour que les enseignements et les connaissances se perpétuent. Tels ces trois contes sur la tortue en pays antandroy. « Un jour, dans les temps anciens, deux amis, l’un Tandroy du pays des épines (roy), l’autre Tanosy du pays des îles (nosy), partirent à la chasse […]

«Dualité de l’Emyrne : la terre et l’eau, le tanety rocailleux battu par la houle des herbes sèches et la rizière plantureuse. À la limite, le village dont les façades flamboient aux feux de l’aube ».Les photos anciennes sur la province d’Antanana­rivo ne manquent pas de souligner les particularités des Hauts-plateaux. « La rue villageoise » […]

Jacques Dez, à travers un recueil de proverbes des Betsimisaraka, peint la vie sociale de ce peuple. Ainsi à Nosy-Varika, de nombreuses expressions caractérisent les relations familiales. « Les Betsimisaraka ont une conception très réaliste du mariage qui connaît bien les vicissitudes de l’existence ». C’est pourquoi l’union est faite du consentement mutuel des époux […]

L’impureté chasse l’impureté ». Dans le centre de l’île, l’esprit malin est chassé avec de l’urine ; le mauvais esprit personnifié dans le « lolompaty » (revenant) est chassé avec le balai qui sert par ailleurs à repousser dehors les saletés et les excréments des volailles ou autres animaux.Ailleurs, lors d’une cérémonie de changement de […]

Une étude réalisée par Gérald Donque, maître assistant à l’Université de Madagascar, évoque les conditions de vie dans la capitale.À l’époque, hormis les immeubles collectifs et autres cités, les maisons, villas et buildings modernes, très abondants dans le centre et certains quartiers d’affaires ou résidentiels, l’habitat traditionnel se voit un peu partout.Selon l’auteur il relève […]

Dès son arrivée à Madagascar le 15 juin 1939, le gouverneur général de Coppet annonce la couleur: défense nationale pour les Français, travail pour les Mal­gaches afin de « préserver la liberté ». À cette époque, Antana­narivo au fait des évènements mondiaux, attend cette arrivée avec impatience. 30 000 personnes à majorité malgache, véritable marée humaine, sont mobilisées pour accueillir ce « raiamandreny » puisque « ce serait commettre un sacrilège que de manquer aux devoirs  qui s’imposent envers lui, et même la seule indifférence à son égard n’est pas admise par la tradition »  (chroniqueur de la Revue de Madagas­car, juillet 1939). Et d’après notre reporter, l’impatience et la joie se lisent sur tous les visages- et sans doute aussi la curiosité- de voir de Coppet qui est « l’objet d’indescriptibles ovations ». Gouverneur général qui est « très visiblement ému par l’enthousiasme de cette foule délirante qui l’acclame frénétiquement et à laquelle il ne cesse de répondre majestueusement ». À noter cependant que tous les nouveaux chefs de la Colonie sont ainsi accueillis dans la capitale !C’est à la Résidence au cours d’une réception qui suit cet accueil populaire « délirant » qu’il présente ce qu’il appelle ses deux programmes à courte et longue échéances. « Bien qu’un gouverneur, simple agent d’exécution, n’ait d’autre politique que celle du gouvernement qu’il représente, j’ai en vue deux programmes, deux plans d’action ».Le premier se résume en deux mots: défense nationale. « Dans les circonstances si graves que traverse le monde en présence des convoitises dont notre empire colonial est l’objet, tout Français qu’il soit en France ou d’Outremer, a pour premier devoir de défendre son pays ». Plus précisément, le sol où il est né, celui qu’il met en valeur pour défendre ses biens qu’il a conquis par son travail. « Par dessus tout, il doit défendre sa liberté car il n’échappe à personne aujourd’hui qu’une défaite serait pour nous l’esclavage ».Dans ce programme, de Coppet prévoit la mise en place d’une armée coloniale, souci « cardinal » de ceux qui détiennent le moindre pouvoir. De leur côté, les habitants doivent concourir à cette défense par son travail. Car travailler c’est produire davantage. L’autre programme « de réalisation plus lointaine (…) en toute vérité je vous avouerai que je n’en sais rien ».De Coppet a déjà passé trois ans à Antananarivo, trente ans plus tôt. « Trente ans de fécond labeur pour les Français en faveur de la Grande île, dont les manifestations actuelles si diverses m’ont émer­veillé », précise-t-il. Il faut reconnaître que ces trois années passées à Madagascar dans sa jeunesse l’ont incité à suivre l’évolution du pays à travers les livres, la réglementation, les expositions, les photographies et même les films. « Mais rien ne remplace l’expérience directe, le contact avec la terre, l’atmosphère, la vie d’un pays… ». Et ce, pour apprendre à nouveau le pays, pour tout voir, tout entendre afin de dresser ce programme à long terme comme tout bon gouverneur qui se respecte. Et encore, il compte dresser ce plan d’actions avec la collaboration des « divers peuples » qui composent la Grande île car « il doit s’efforcer de réaliser l’harmonie entre ces éléments ».Cependant, il avertit qu’il prendra toute décision que lui dicteront les circonstances et l’intérêt général du pays. Fort de ses trente-cinq ans d’expérience coloniale, notamment en Afrique où il a rempli toutes les fonctions que l’on peut confier à un administrateur du plus bas au plus haut de l’échelle, il se déclare « homme de métier». Et surtout « homme d’ordre et de discipline ». Il lance alors un avertissement sévère à l’encontre de « ceux qui seraient tentés de troubler cet ordre, d’enfreindre cette discipline à la loi, aux règlements ».Et d’expliquer sa conception de la discipline: « Sans la discipline, il n’y a ni liberté, ni progrès possible, ni pour un homme, ni pour un pays. Quiconque enfreindrait cette discipline sociale nécessaire, serait étonné de la rapidité et de la rigueur des décisions que je ne manquerais pas de prendre à son égard ». Pour terminer, il indique la signification qu’il donne à la « formule touchante » de « raiamandreny ». « Il veut dire d’une part, fermeté et de l’autre, bienveillance, et je m’efforcerai de l’appliquer ainsi ». Extrait l’Express de Madagascar – Samedi 14 janvier 2012

La terre a toujours eu une grande valeur sentimentale pour les Malgaches, qu’elle vienne des « razana » (héritage des aïeux ou tanindrazana) ou qu’ils l’aient achetée. Et depuis longtemps aussi, des problèmes fonciers se sont posés, qui se résument en litiges de toutes sortes.Pour éviter ce genre de conflits, Andrianampoinimerina, au cours de kabary […]

S’alimenter et se soigner sont de tous les temps, dans tous les pays et chez tous les peuples deux préoccupations primordiales. C’est ce qui explique que les premières recherches portant sur les produits naturels se rapportent aux plantes alimentaires ou médicinales. Au cours des âges, dès qu’un pays est découvert, on y recherche les substances  consommables ainsi que les végétaux utilisables en thérapeutique.À Madagascar, les premiers naturalistes ont été les sorciers, devins et guérisseurs (ombiasy) qui, de bonne heure, ont connu les principaux éléments de la faune et de la flore de leur pays. C’est encore eux qui, dans les villages campagnards, pratiquent plus ou moins empiriquement la médecine des simples, ont connaissance des antidotes naturels antivénimeux, observent les mœurs et habitudes des animaux, trouvent les filons des métaux précieux…Selon Henri Poisson, parmi les peuples de l’Antiquité, les Phéniciens  qui, bien avant Vasco de Gama, ont doublé le cap de Bonne-Espérance et fait le tour de l’Afrique, ont dû venir à Mada­gascar pour y rechercher des denrées commerciales empruntées aux productions de la Grande île. Les Grecs ont aussi fréquenté les côtes madécasses. Depuis une époque très lointaine, les Indiens, les Malais, les Chinois ont établi des relations de commerce avec les « naturels ». Les Égyptiens, eux aussi, ont connu et visité Madagascar. Bien avant eux, dès le XIIe siècle les Arabes ont rapporté des contrées malgaches du santal, des fruits de tamariniers, du camphre, des aromates… Au XVIe siècle, les Portugais recherchent les mêmes ingrédients auxquels ils ajoutent des épices comme le girofle et le gingembre. C’est ainsi qu’en1506, le capitaine Jean Rodrigue Pereira de la flotte de Tristan d’Acunha constate la présence de plantes médicinales et aromatiques employées par les autochtones.En 1515, Andrea Corsali décrit « l’isle Saint-Laurent » (Madagas­car) où abondent toutes sortes d’animaux domestiques et sauvages, où il y a de l’argent, de l’ambre gris, du gingembre, du girofle dont le parfum est supérieur à celui de l’Inde,  et beaucoup d’autres choses. En 1517, trois navires français de Dieppe se rendent dans la Grande île et en ramènent une cargaison de plantes aromatiques et médicinales. En 1563, paraît le premier livre de matières médicales de Garzius qui mentionne des produits naturels de l’île Saint-Laurent. En 1598, dans le travail de G.A.W. Lodewijckss, commissaire de bord du « Mauritius » de la flotte de l’amiral Cornelis de Houtmann, on peut voir les premières figures de plantes de Madagascar.Au début du XVIIe siècle, les voyages ont surtout lieu dans le Sud, région « étrange » par sa végétation et qui suscite de la part des navigateurs, une admiration et un étonnement considérables. En 1602, François-Martin de Vitré, qui relâche dans la baie de Saint-Augustin avec le navire « Le Croissant », donne une liste des productions naturelles de cette région (1619). Quelques années après, en 1609, Megister publie en allemand un volume sur la « Description véridique complète et détaillée  aussi bien historique que géographique  de l’île extrêmement riche, puissante et célèbre de Mada­gascar, autrement nommée Saint-Laurent, comme la plus grande de toutes celles du monde », de ses habitants, animaux fruits et végétaux. Le tout orné de jolies gravures sur cuivre. En 1614, le RP Luis Mariano rapporte les ordalies par les poisons végétaux. En 1639, Jean-Albrecht Mandelslo passe à Saint-Augustin et Oléarius en 1651 qui mentionne ce voyage, y note la présence d’ébéniers, d’aloès et de sang-dragon (harongana). Richard Boothby, marchand de Londres venu à Madagascar en 1630, publie en 1646 un ouvrage où se trouvent une belle description de l’île et de ses habitants, une nomenclature des plantes utiles alimentaires, des animaux, des fruits et des produits divers. Il envisage de faire  de cette terre une colonie anglaise. À peu près à la même époque, François Cauche, dans la relation de son voyage, cite et décrit des animaux et des végétaux.En 1658, Flacourt est plus complet dans son « Histoire de la Grande Isle de Madagas­car ». On peut aussi citer  les ouvrages de J.de Bollan, d’après le journal de bord du navire hollandais « Le Postillon » (1661-1664); de Du Bois: « Les voyages faits par le sieur D.G. aux îles Dauphine pendant les années 1669-1672 »; de Johan Christian Hoffman, pasteur de l’île Maurice… Extrait l’Express de Madagascar – Samedi 26 novembre 2011