Histoire

6 août 2011

Notes du passé - Radama arrête la traite des esclaves

Enregistré dans : Histoire — Josielle @ 11:59

Le traité anglo-merina du 23 octobre 1817 constitue, selon de nombreux auteurs, une véritable entrée de Madagascar sur la scène internationale. Ses conséquences seront capitales pour l’évolution de la Grande île.

Ce traité est signé du côté anglais par Francis Stanfell et M. Pye qui représentent le gouverneur de Maurice, Sir Robert Farquhar; et au nom du roi de Madagascar, Radama 1er, par Ratsalika, Rampolo, Ramano, Rasihato et Ramalaza.

Dans le premier article, les deux parties rappellent surtout la confiance mutuelle, l’amitié et la fraternité entre elles. Mais ce traité porte surtout sur « une entière cassation et abolition- dans tous les territoires du roi Radama et partout où son autorité pourra s’entendre- de la vente ou du transport des esclaves ou personnes quelconques qui doivent être transportées de Madagascar dans aucun pays, îles ou domaines appartenant à aucun autre prince ou puissance quelconque ».

Dans le deuxième article, il est précisé en particulier que « Radama fera une proclamation et une loi par laquelle il défendra à tous ses sujets, ou les personnes dépendantes de lui ou de son royaume, de vendre ou enlever de Madagascar aucun esclave; ou d’aider, encourager ou assister à aucune vente de cette nature sous peine d’être réduit soi-même à l’esclavage ».

Mais comme la traite est une des principales ressources, sinon la seule, du royaume, le traité dans son troisième article pense à dédommager Radama 1er.

Ainsi, il est prévu que le gouverneur de Maurice s’engage à lui donner annuellement différentes contreparties: 1 000 piastres en or et 1 000 en argent; 100 barriques de poudre de 100 livres chacune; 100 fusils anglais et les accoutrements complets; 10 000 pierres à fusil; 400 chapeaux, 400 colliers, 400 pantalons et 400 souliers de soldat anglais régulier; 400 gilets rouges de soldat de l’Inde; 12 sabres réguliers de sergent et des ceinturons; 400 pièces de toile blanche et 200 de toile bleue de l’Inde; un grand habit rouge de drap avec épaulettes, chapeaux et bottes pour le roi, et deux chevaux.

Enfin, dans le quatrième article, il est stipulé « que les parties contractantes protègeront mutuellement le fidèle ami allié de l’Angleterre, le roi d’Anjouan ». Celui-ci, en effet, est depuis des années la cible des « petites puissances des côtes malgaches ». Les deux parties devront, de ce fait, exercer « leur influence sur leurs sujets, alliés et dépendances pour mettre fin à ce système de piraterie ».

La même année 1817 mais deux mois plus tôt, plus exactement le 9 juillet, Radama et le chef des Betanimena, Jean René, signent devant témoins- les mêmes Francis Stanfell et R. Pye- un traité ratifié en août par Robert Farquhar. Appelé traité d’alliance offensive et défensive, l’accord souligne l’avantage qu’en retireront les parties contractantes « en assurent la sécurité et l’autorité de chacune à l’égard de leurs ennemis et de ceux qui troublent le bon ordre et la tranquillité ».

Dans son second article, il est aussi notifié que Radama et Jean René se trouvent sur le même pied d’égalité. En effet, « les droits et le pouvoir des parties contractantes au lieu d’être violés par l’une ou l’autre, non seulement demeurent intacts mais ne manqueront pas de s’accroître en proportion de la sincérité, de la conservation et de la durée de leur amitié ».

En revanche, dans l’article 3, en cas de danger provenant de leurs ennemis intérieurs et extérieurs, on insiste sur l’aide que l’une et l’autre doivent se porter.

« Si des projets préjudiciables à l’intérêt de l’autre venaient à leur connaissance, de faire tout ce qui est en leur possible pour les déjouer ».

Enfin, dans l’article 4, on parle de l’arbitrage du gouverneur de Maurice, « si quelque contestation s’élevait par hasard ou par malentendu entre les parties contractantes ».

Ainsi, il est démontré que ce traité est un acte conclu par deux souverains égaux. Ce n’est que plus tard que la suzeraineté de Radama est établie, selon toute vraisemblance en raison de la modification du rapport des forces.

Extrait l’Express de Madagascar - Samedi 06 août 2011

9 juillet 2011

Notes du passé - Léon Cayla donne l’impulsion à l’aviation commerciale

Enregistré dans : Histoire — Josielle @ 13:54
7 juillet 1911: premier survol aérien de la capitale malgache. 4 décembre 1926: premier amerrissage d’un hydravion à Mahajanga et à Antananarivo, plus exactement sur le lac de Mandroseza. Entre la fin de la Première guerre mondiale et 1926, rien ne se passe ou presque.

À la suite d’une mission d’études dans la Grande île, le lieutenant de vaisseau Boilailloir propose la création d’une ligne aérienne entre la Grande île et l’Afrique du Sud. Mais cela paraît trop hasardeux à l’époque et surtout, cela coûte trop cher. Une fois de plus, il faut attendre. Puis les touristes aériens sont de plus en plus nombreux.

En 1927, pendant son séjour à Madagascar, le commandant Dagnaux jette les bases de la première formation militaire aérienne de l’île, qui est définitivement installée en 1931. Le terrain d’Ivato, à 15 km de la capitale, va devenir le premier aérodrome « installé » et le centre d’attache de tout réseau intérieur.

Ivato est acheté par le gouvernement général pour la somme de 75 000 francs. 9 millions sont consacrés à l’aménagement et à la reconnaissance des futures lignes aériennes du Territoire.

En 1931, après le premier voyage de Lefèvre, le mouvement aéronautique reprend son élan définitif. C’est avec deux « Potez 36 » à moteur Renault de 95 CV que Lefèvre et Desmazières décollent du Bourget en mars. Après une traversée sans histoire et sans records, ils arrivent à Madagascar où pendant plusieurs mois, ils s’emploient à une campagne inlassable en faveur de l’aviation coloniale. Baptêmes de l’air, liaisons multiples à travers l’île réussissent à impressionner le public. À leur départ, un aéroclub local est fondé, qui s’empresse de commander un avion en France.

Lefèvre qui tient à son idée, veut faire une démonstration dont l’audace surprend jusqu’à maintenant. Parti le 3 décembre de Paris à bord d’un « Mauboussin » à moteur Salmson de 40 CV, sans radio, il parvient en douze jours à Antananarivo par le Caire, Assouan, Mombassa, Dar-es-Salam. C’est un succès et un argument-massue pour l’aviation économique. Aller et retour, le voyage ne coûte que 11 000 francs en huile et en essence.

Désormais, l’aviation malgache, encouragée par le gouverneur général Cayla qui passe lui-même en 1935 son brevet de pilote- Lefèvre est son instructeur- prend un essor qui ne s’arrêtera que pendant la guerre, pour repartir de plus belle dès 1946.

Léon Cayla entreprend de nombreuses tournées aériennes dans l’île, soit à bord de son « Caudron » personnel, soit au poste de pilotage d’un « Potez » militaire. En avril 1935, à la tête de 5 avions militaires, il réalise pour la première fois un périple complet autour de l’île, parcourant 4 200 km en 28 heures de vol effectif.

Sous l’impulsion du gouverneur général Cayla et à l’exemple d’Antananarivo, Mahajanga, Toamasina, Toliara et Fianarantsoa ont bientôt leurs aéroclubs qui commandent des appareils en France et forment de jeunes pilotes. Au cours d’une mission à Paris, le gouverneur général dresse et fait admettre les plans d’un tronçon de ligne aérienne, Antananarivo/Broken-Hill en Rhodésie du Nord, rejoignant à cet endroit la ligne britannique Imperial Airways.

D’ailleurs dès 1934, la première liaison commerciale aérienne Tana-Paris est créée. Un peu plus tard, la ligne malgache est prolongée jusqu’à Elizabethville (Congo belge) où elle rejoint le réseau français de la régie Air Afrique et la Sabena belge.

La « Régie malgache » est réduite à sa plus simple expression: 2 appareils SPCA trimoteurs loués à la Colonie par le ministre de l’Air pour la somme modique de… 1 franc par an. Après de bons et loyaux services, ils sont remplacés par deux « Bloch » trimoteurs pouvant atteindre 250 km à l’heure et transporter 5 passagers et 500 kg de fret.

Extrait l’Express de Madagascar - Samedi 09 juillet 2011

 

1 juillet 2011

Notes du passé - Un voyage aventureux à travers Madagascar

Enregistré dans : Histoire — Josielle @ 11:38

Pour se déplacer à Madagascar bien avant que les troupes françaises ne débarquent, les voyageurs n’ont pas vraiment l’embarras du choix entre le portage en filanjana, en cheval ou en mulet.

Le métier de porteur de filanjana n’est pas à la portée de tous. Ces « borizano » (bourjanes) comme on les appelle communément, sont des hommes spécialement choisis pour leur vigueur et leur jeunesse, car ils s’usent vite et deviennent des porteurs de bagages. « Ils aiment leur existence malgré ses fatigues et ses dangers, et la quittent à regret. D’un naturel gai et bon enfant, ils vivent sans souci du lendemain aujourd’hui ici, demain là, au hasard des engagements » (Bulletin du Comité de Madagascar,1895).

À l’époque, les animaux de selle et de bât sont peu employés, mais cela change après l’expédition française. On trouve des chevaux, des ânes, des mulets et des bœufs dans l’île. Les trois premiers qui sont importés, y vivent très bien sous tous les climats. « Contrairement à ce qu’ont avancé des personnes mal renseignées, il n’existe à Madagascar ni maladie épidémique ni parasite qui s’opposent à l’introduction de ces animaux ».

À Antsiranana, le service de l’artillerie possède des mulets amenés à Madagascar vers 1885, après avoir été employés à Formose. Sur les côtes et à l’intérieur des terres, on trouve quelques chevaux et quelques ânes en bonne santé et vigoureux.

Le bœuf est « indigène » et appartient à la race des zébus : les Européens du littoral l’attellent à des voitures, les Merina et les Betsileo l’emploient au bât.

Le dressage d’un bœuf-cheval (omby soavaly comme l’appellent les autochtones) nécessite environ trois mois. Pour adoucir son caractère, « on commence par lui couper les cornes au ras du front. Une opération délicate et l’animal en souffre pendant un mois. Après cicatrisation de la blessure, on l’habitue à des fardeaux que l’on augmente progressivement ».

Pour circuler sur les lacs et les rivières, on emploie des pirogues avec ou sans balancier. Ces dernières, les « lakafia », sont particulières à la côte Ouest où l’usage en a été introduit probablement par les Arabes. Mais « quelles que soient leurs formes et leurs dimensions, on est toujours très mal dans ces embarcations, sans compter les risques de chavirer ».

Comme il n’y a presque pas d’hôtel dans les petites villes du littoral- à plus forte raison dans les villages de l’intérieur- le voyageur doit amener avec lui tout ce qui est nécessaire à son existence. La population locale lui vendra de la viande de bœuf, des poulets, des œufs, du riz, mais s’il veut une nourriture plus variée, il devra faire en conséquence ses provisions avant le départ.

S’il doit traverser une contrée déserte, une tente sera nécessaire et il ne doit pas oublier de garnir son lit pliant d’une moustiquaire, sinon son sommeil sera impossible, surtout dans les lieux infestés de moustiques.

Les vêtements légers en, toile, excellents dans les vallées, seront insuffisants dans les montagnes où les variations de température sont fréquentes : un pardessus, un imper léger mais ample, un casque pour se protéger de l’insolation et des protections pour les yeux complètent l’équipement.

Enfin, les bagages seront divisés en paquets maniables dont le poids n’excèdera pas 50 kg et dont les dimensions seront restreintes.

Extrait l’Express de Madagascar - Vendredi 01 juillet 2011

11 juin 2011

Notes du passé - Une nouvelle stratégie missionnaire pour Madagascar

Enregistré dans : Histoire — Josielle @ 11:28

C’est dans sa deuxième lettre à un Jésuite qu’il ne nomme pas, que le P. Romain Marie-Joseph Déniau essaie d’expliquer les causes qui ont fait échouer leur première expédition dans le Sud-ouest de Madagascar. Il conclut que sept raisons sont probables, qu’il développe point par point.

Comme cinquième cause- les quatre premières sont évoquées dans notre dernière Note- il cite la frayeur des autochtones. « Nous avons été sur un même point de la côte ou sur plusieurs endroits rapprochés avec un personnel nombreux et un matériel considérable; ce qui a réellement effrayé les populations de ces contrées qui ne craignent rien tant qu’un envahissement de la part des Blancs ou des Hova.

Tout cela a beaucoup servi à accréditer les mensonges et les niaiseries du Baleinier ». Il parle d’un navire baleinier américain arrivé de l’île Maurice le 27 juin et dont le capitaine fait auprès de la population- « qui ne demandait qu’à l’écouter », Raymond Decary - une « propagande pressante » contre les Français.

L’expédition missionnaire forme, en outre, un assez grand retranchement. Ils en entourent le terrain destiné à servir plus tard d’emplacement à la construction d’une église et d’une petite case. « Ce retranchement, si innocent en lui-même, a paru aux habitants un moyen d’attaque et de défense. C’est ainsi, disaient-ils, que font les Hova quand ils veulent s’emparer d’un pays ».

Enfin, le P. Déniau évoque un conflit d’intérêts. « Il y a des traitants qui croient que les Sakalava, une fois civilisés et instruits, offriraient moins de bénéfices à leurs spéculations. Ou bien que les missionnaires, au fait des ressources du pays, les feraient connaître au public et qu’alors beaucoup de concurrents se disputeraient ce qui, auparavant, n’était que l’exploitation de peu d’individus. Ceux-ci ont aussi contribué aux mesures prises par le peuple contre nous ».

« Ce sont tout autant d’obstacles qu’on ne pouvait guère voir qu’après l’évènement. Certainement, avec tant de causes d’insuccès, nous ne pouvions réussir que par miracle ». Le P. Déniau estime cependant que cela ne doit pas conduire à renoncer à la mission de Madagascar. « On trouve une position que l’on ne peut pas attaquer de front; on change de tactique et de manœuvre quand on s’aperçoit qu’une première fois, on a mal pris ses mesures et la victoire couronne la persévérance ».

Ainsi pour lui, il faut tenir compte du fait qu’ils ont été maltraités « comme Français supposés ennemis » et non comme missionnaires. Et de suggérer une nouvelle stratégie:

« En nous présentant avec ce deuxième titre, par petits groupes sur des points moins en contact avec les Européens, nous pouvons essayer d’être plus heureux en faisant de nouveaux essais ».

Le P. Déniau suggère alors le Nord où 40 à 50 000 Malgaches vivent et dont « la plupart se feront chrétiens quand ils auront le bonheur d’avoir des missionnaires. Voilà donc un vaste champ qui s’ouvre devant nous ».

Après un court séjour à Bourbon, il repart pour Nosy Be. Il y arrive au début de novembre 1848. Il y assiste à la révolte de 1849 dont il laisse également, selon Raymond Decary, dans une lettre du 6 juillet 1849, une longue et intéressante relation. C’est dans cette île d’ailleurs, à Tafondro, qu’il meurt vers le milieu de 1861.

Dans le Sud-ouest, une nouvelle tentative d’installation devait être faite en 1859 après abandon de Baly. Transportés par le navire « La Cordelière », les pères Webber et Burger ainsi que le frère Remacle s’établissent successivement à Toliara, puis à Salara sur la rive sud de l’Onilahy. Au bout de quelques mois, à nouveau menacés de pillage et de mort, ils doivent encore abandonner le pays.

Mais comme le précise le P. Déniau, dans une de ses lettres, « pour le missionnaire, après le salut des âmes et l’extension du royaume de Dieu, il n’y a rien de plus beau, de plus avantageux que d’être persécuté pour le nom de Jésus-Christ ».

Extrait l’Express de Madagascar - Samedi 11 juin 2011

4 juin 2011

Notes du passé - Les Manisotra, aînés des Mainty

Enregistré dans : Histoire — Josielle @ 12:30

Quand Andrianampoinimerina réorganise le pays de l’Imerina pacifié, fidèle à sa stratégie politique, il place ses épouses, filles de roitelets qu’il a vaincus, sur les collines entourant Ambohimanga et Antananarivo. Elles en sont les héritières légitimes (lova tsy mifindra intsony). Et ce, afin de bloquer toute velléité de révolte populaire dans ces territoires, mais aussi pour assurer l’unité des Merina.

De ces femmes, Andrianampoinimerina a des descendants regroupés dans la caste noble des « Izimirahalahiavy, Izimianadahiavy » « qui devaient diriger les « menabe », terres du domaine royal (mot dérivé de « omena be », à qui on donne la plus grosse part).

Quand il demande aux « ambaniandro » de rejoindre leurs « tanin-drazana » (terres ancestrales), le grand roi répartit aussi les « Mainty enin-dreny », la troisième classe des sujets libres de son royaume, après les Andriana et les Hova: les Manisotra dans le Vakinisisaony, les Manendilahy (Anativolo et Anosivolo) dans le Marovatana et les Tsiarondahy ou « Mainty telo reny ».

Ces derniers sont originaires d’Ambohipoloalina, de Manjakaray et de Faliary-Tanjombato. C’est parmi eux que le souverain choisit ses proches serviteurs: les Tandapa, corps des domestiques royaux à ne pas confondre avec les officiers du Palais; les Tandonaka, les Hova autrefois esclaves et rachetés par le souverain pour devenir ses serviteurs; et les Tsimandoalahy, messagers royaux. Ils bénéficient, en outre, de la faveur de ne jamais avoir de biens tombés en déshérence, tandis que les Manisotra et les Manendy sont assujettis aux différents impôts de l’époque.

Une tradition issue d’Alasora affirme qu’Andrianampoinimerina, dans son Kabary de réorganisation de l’Imerina en six territoires, décide d’y répartir cette troisième classe des Merina, « tout en précisant que les Manisotra restent au premier rang »: les Manisotra et les Mainty de Mangarano en occuperont le tiers; les Anativolo et Ambohipoloalina, un autre tiers; et les Anosivolo et Manjakaray, le dernier tiers. Cette tradition souligne qu’Andrianampoinimerina a bien précisé que « même s’ils sont répartis géographiquement, ce sont des enfants d’Avaradrano ».

Concernant la hiérarchisation des Mainty, la même tradition venue d’Alasora insiste qu’à partir d’Andrianampoinimerina, ce sont les Manisotra qui ont le droit d’aînesse, succédant ainsi aux Manendy. Le souverain voulant ainsi marquer sa reconnaissance envers eux pour avoir « libéré » Ambohibeloma-nord.

En effet, quand le grand monarque décide de s’emparer de la citadelle de Rabasivalo et des grands Tsimahafotsy, ses hommes se sont enfuis devant la dureté de la résistance. Finalement, il y envoie les Manisotra, connus comme tous les Mainty pour leur bravoure et leur endurance. Ils arrivent à vaincre Ambohibeloma.

Selon toujours cette croyance d’Alasora, le roi réunit alors tous les Mainty à Amboara, dans l’Avaradrano, où il fait abattre un bœuf qu’il partage en six morceaux. De même, il répartit des piastres en six tas et il leur demande, par « Reny » d’en prendre à commencer par Manjakaray puis Ambohipoloalina, Mangarano et Faliaro, Anosivolo et Anativolo, et enfin les Manisotra. Mais quand il distribue la viande, il commence par la fin, c’est-à-dire par les Manisotra, « vos aînés » en terminant par Manjakaray.

Les Manendy protestent cependant car, en fait, les Manisotra sont les derniers à reconnaître Andrianampoinimerina. Mais celui-ci rétorque en leur expliquant que « les Manisotra appartiennent à Andriamasinavalona, qu’aucun Mainty ne peut les devancer et que tout Mainty doit les considérer comme ses aînés ». Ce que les Hova Tsimahafotsy confirment.

Après quoi, Andrianampoinimerina les réunit à nouveau à Antsahatsiroa, puis à Andohalo où devant tous ses sujets, il présente les « Mainty enin-dreny », « pour qu’ils soient vos enfants même s’ils demeurent ceux d’Avaradrano». Et comme toujours, quiconque enfreint cette décision royale risque la peine de mort.

Extrait l’Express de Madagascar - Samedi 04 juin 2011

21 mai 2011

Notes du passé - De nouveaux venus sans vergogne ni pitié

Enregistré dans : Histoire — Josielle @ 12:12

Avec l’arrivée du général Joseph Simon Gallieni à Madagascar, les trois souverains du Nord-ouest s’isolent dans leurs résidences respectives: Tsialana II à Ambatoarana, Tsiaraso I à Ankify et Binao à Ampasimena. Compris dans le Cercle annexe de la Grande terre, leurs royaumes sont devenus les proies et les propriétés des nouveaux venus qui, non contents de les « exproprier », sèment la terreur, protégés par des autorités appelées milices.

« Ces nouveaux venus avaient la manie de rechercher des liaisons avec des princesses, femmes et filles des royautés. L’un d’entre eux nommé Frontin, commis de résidence à Ambalavelona, avait ravi à son mari Boenizary, sœur aînée de Tsiaraso I. Elle était déjà mère de trois enfants, un garçon et deux filles. Puis, las d’elle, il l’avait traitée comme une femme de basse race et la renvoyait à son frère » (« Ambalavelona ou l’insurrection anticoloniale dans le Nord-ouest de Madagascar en 1898 » de Cassam Aly Ndandahizara).

En même temps, des rapports méprisants sont faits sur les caractères des Antankarana et des Sakalava, accusés de tous les vices, comme l’ont écrit le résident Faucon de Vohémar et le lieutenant Duruy en 1897.

Ainsi, quand le 8 juillet 1898 le général Gallieni arrive à Nosy Be, il a la tête pleine de préjugés et c’est avec un certain apparat qu’il reçoit le roi des Antankarana, Tsialana II, celui des Sakalava bemazava, Tsiaraso I, la reine des Sakalava bemihisatra, Binao, et celle des Sakalava de Maintirano, Bibiasso.

Leur prestance, leur classe surprennent favorablement le gouverneur général. Il les écoute attentivement se plaindre des comportements « malfaisants des colons contre les peuples sakalava et antankarana, leur avidité en accaparant leurs terres, s’emparant de leurs bœufs dans les pâturages, les chassant du patrimoine de leurs ancêtres, tanin-drazana ».

Tsiaraso ajoute que lorsqu’en janvier 1898, il s’est plaint auprès de l’administrateur de Nosy Be des mauvais traitements causés par Frontin à sa sœur Boenizary, il a été gardé en résidence surveillée pendant quinze jours par les autorités de l’île.

Mais Gallieni n’accorde aucune importance à leurs doléances, ne pensant qu’aux intérêts des colons, dont certains sont d’anciens soldats des troupes d’occupation. Seule Bibiasso a vu ses requêtes satisfaites. L’erreur du gouverneur général est d’oublier l’immense concours apporté par les trois souverains dans la conquête de l’ensemble de Madagascar.

Déçus par l’attitude du général, ils se retrouvent dans la soirée à Andavakoto, dans la résidence de Nosy Be de Binao, et décident de chasser eux-mêmes les envahisseurs « qui se trouvent être pires que les Merina ». L’opération devrait être déclenchée un mercredi, jour favorable pour ce genre de mouvement.

Quand le général Gallieni quitte l’île, ils rejoignent leurs résidences respectives. Tsialana II réunit ses principaux conseillers et désigne comme général Djaokely, qui s’est distingué dans les attaques contre les troupes merina à Andriparipa et à Vohémar.

Les recrutements des hommes de troupe sont confiés au prince Miarana, Manahara, Djama, Fanahy et Managnaomby, tous des chefs remarquables lors des guerres contre les Merina. Les hommes sont rassemblés à Amboromalandy, à 25 km à l’est d’Ambalavelona, village le plus important et poste des milices du Bas-Sambirano.

Les troupes d’Ampasimena de la reine Binao sont sous le commandement de Mataopiso, un ancien esclave libéré. L’insurrection éclate le mercredi 26 octobre 1898 par l’attaque du poste de Marotolana, dans le Haut-Sambirano.

Extrait l’Express de Madagascar - Samedi 21 mai 2011

17 mai 2011

Economie - Changement climatique : Pleins feux sur Madagascar

Enregistré dans : Histoire — Josielle @ 11:49

IRIN Films a lancé tout récemment deux nouveaux épisodes de la série Avis de tempête, de courts-métrages sur le coût humain du changement climatique.

Cette série traite des conséquences du changement climatique en Afrique et en Asie. Cette fois-ci, les projecteurs sont braqués sur Madagascar, la quatrième île du monde par sa superficie et l’une des nations les plus pauvres.

A Madagascar, on estime que 65 pour cent d’une population de 19 millions vit avec moins d’un dollar par jour et le pays vit depuis bien longtemps au rythme des crises politiques. Le changement climatique ne fait qu’aggraver les soucis.

Selon une étude menée par Mark Tadross, directeur de recherche au Climate Analysis Group de l’université de Cape Town, il est prouvé de façon très claire que les températures ont augmenté et que les régimes de précipitations ont changé à Madagascar au cours des quatre dernières décennies.

M. Tadross, l’un des auteurs du 4ème Rapport d’évaluation du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), a indiqué que leur étude montrait que les températures maximales avaient augmenté de 1,9 degré Celsius entre 1961 et 2005 et les pluies hivernales diminué dans les régions sud-est du pays au cours de la même période.

Famine chronique

Des sécheresses récurrentes dans le sud du pays ont mis la population dans une situation de famine chronique et provoqué des taux de malnutrition sévères.

Dans le premier de ces films, le réalisateur s’est intéressé à l’industrie du charbon de bois dans le sud de Madagascar, pour découvrir comment la sécheresse prolongée a poussé les paysans, que leurs champs desséchés ne peuvent plus nourrir, à chercher dans les forêts un moyen de subsistance. Dans un pays qui dépend essentiellement du charbon de bois comme combustible pour la cuisine, le bois est l’une des rares ressources qui leur restent à exploiter.

Le résultat est que des régions comme celles de la forêt d’Ifaty n’ont plus de forêt que le nom.

Extrait Courrier de Madagascar (Source : IRIN) - Mardi 17 Mai 2011

14 mai 2011

Notes du passé - Andriparipa, le lieu de massacre des troupes merina

Enregistré dans : Histoire — Josielle @ 17:15

Les Sakalava du Nord via la reine Tsiomeko et les Antankarana via Tsimiaro et Tsimandroho, signent avec les Français en 1840 et 1841 des actes de cession des îles Nosy Be, Nosy Komba, le territoire antankarana et les îles qui en dépendent, pour les aider à chasser les Merina de leurs royaumes. Et malgré le traité du 8 août 1868 passé entre le gouvernement merina et la France que ces souverains du Nord-ouest de l’île voient d’un mauvais œil, les relations entre les deux parties commencent à se dégrader à partir de 1882. Et c’est à cause de l’occupation par les Merina des territoires cédés à la France.

En juin 1882, le capitaine de vaisseau Le Timbre, commandant le « Forfait », enlève les pavillons merina plantés sur les terres de la reine sakalava bemihisatra Binao à Ampasimena et du roi Monja à Ambatomitatao sur la presqu’île d’Ankify. Éclate alors la plus vaste opération militaire de juillet 1882, au sud-ouest de la ville actuelle d’Anivorano-Nord. Les troupes merina dirigées par Ramaroseheno, commandant d’Ambohimarina, et le renfort envoyé par Ramarosahanina, commandant de Vohémar, affrontent l’armée antakarana dirigée par le prince Miarana, secondé par des officiers tels Ndrasagna, Tsikoriko, Mahatafa, Kotozandry dit Marchand, Djaokely et Andriamialy.

« Les soldats antankarana faisaient semblant de se retirer sur le village de Tsarakibany, puis plein sud sur le village d’Andrafiabe, à 7 km au nord du village royal d’Ambatoarana où stationnait le gros de la troupe. Les soldats merina, surpris, reculaient vers la plaine de l’Est de Tsarakilany où ils furent anéantis. Des cadavres jonchaient toute la plaine qui s’étend jusqu’au village actuel de Marotaolana, jonché d’os, ainsi désigné jusqu’à ce jour, et la plaine porte désormais le nom d’Andriparipa (lieu de massacre) » (« Ambalavelona ou l’insurrection anticoloniale dans le Nord-ouest de Madagascar en 1898 » de Cassam Aly Ndandahizara).

C’est dans cet affrontement qu’apparaissent pour la première fois deux personnages antakarana de premier plan de l’évènement d’Ambalavelona. Il s’agit de Miarana et de Djaokely.

L’année suivante, la guerre franco-merina finit par éclater. Le 7 mai 1883, les troupes françaises dirigées par l’amiral Miot attaquent l’armée merina par le poste d’Anorotsangana. La ville de Mahajanga est prise le 15 suivant, avec des renforts composés des hommes de la reine Binao et du roi Monja, fils et successeur de Tsiresy 1ère, ainsi que des Makoa libérés, anciens esclaves d’origine africaine. En octobre 1884, l’amiral Miot demande au roi antankarana Tsialana II de lui fournir 2 000 hommes de troupe pour renforcer les Français dans le but de prendre le poste merina d’Iharana (Vohémar).

Les Antankarana, sous le commandement de Mamba, de Tsimanegniny et de Djaokely arrivent à bord de l’ « Allier », tandis que le roi Tsialana II avec 300 hommes est embarqué sur le « Beautemps-Beaupré » du commandant Escande. Il est à préciser qu’en 1896, les Français soupçonnent Mamba, frère de Tsialana II, d’être l’homme des Merina et l’exilent sur l’île Sainte-Marie où il meurt deux ans plus tard. Ce sera Tsimanegniny qui succèdera à Tsialana II sous le nom de Lamboeny II.

La ville de Vohémar est prise le 21 novembre et Ambodivoanio le 27 suivant. Les Merina y laissent 250 morts, dont le gouverneur Ramarosahanina. Tsialana II et les principaux héros de cette bataille sont invités par l’amiral Miot à Toamasina où des médailles commémoratives de la victoire leur sont offertes. L’amiral Pierre s’est emparé de cette ville en juin précédent.

Les batailles décisives devront suivre: les Français préparent la prise de la baie de Diego-Suarez, toujours avec l’aide des Antankarana. Finalement tous les territoires cédés à la France en 1840 et 1841 sont entièrement libérés de l’occupation merina et Le Maître, commandant particulier de Nosy Be, s’apprête à y installer la souveraineté française.

Extrait l’Express de Madagascar - Samedi 14 mai 2011

30 avril 2011

Notes du passé - La grande indépendance des Tanala d’Ikongo

Enregistré dans : Histoire — Josielle @ 12:03

Les Tanala qui, comme leur nom l’indique, habitent les grandes forêts du versant oriental de l’île, se distinguent en deux grandes peuplades, du moins c’est ce que déclarent les rapports établis par les autorités militaires et civiles de Fianarantsoa en 1897. Il y a ceux d’Ambohimanga ou Tanala soumis et ceux d’Ikongo ou Tanala indépendants. Bien que de même origine, ils sont géographiquement séparés par le cours du Faraony.

Les premiers, « de nature craintive », se sont laissés envahir par les Hova au XVIIIe siècle. Puis les missionnaires protestants pénètrent dans le pays et fondent dans le petit royaume d’Ambohimanga des temples et des écoles. Aussi la tentative d’insurrection fomentée « par quelques Hova » dans cette contrée ne mobilise-t-elle pas la masse de la population locale et dès le début, elle est enrayée.
Au contraire, les Tanala du Sud, « très méfiants et très fiers de leur indépendance », se sont toujours appliqués avec un soin jaloux à interdire aux étrangers l’accès de leur territoire. Selon les rapports officiels de 1897, « ils n’ont adopté jusqu’à ce jour, aucun des cultes européens et n’ont d’autre religion que les pratiques fétichistes auxquelles se mêle la tradition des guerres héroïques de l’indépendance, soutenues victorieusement pendant plus de dix années contre les soldats toujours renaissants et toujours vaincus de la reine Ranavalona Ière ».

En revanche, Radama II reconnaît par traité leur indépendance et ils ferment plus que jamais leur pays aux Européens. Ce n’est qu’après de longues négociations que le résident Besson parvient, en 1890, à nouer des relations amicales avec le roi d’Ikongo.
Quand les Français envahissent Antananarivo après la campagne de 1895, inquiets de voir une autorité nouvelle se substituer au gouvernement affaibli des Merina, les chefs Tanala commencent à construire des villages sur le massif d’Ikongo. Ils se préparent ainsi à résister à l’occupation de leur territoire. Aussi lorsque le Dr Besson rentra en février 1896 à Fianarantsoa, les princes d’Ikongo, malgré leurs anciennes et amicales relations, ne se décident-ils à se présenter à lui qu’après d’assez longs pourparlers. Plus tard, ils suivent attentivement toutes les phases de l’insurrection merina et sont même sollicités à s’allier à eux.

Puis diverses décisions sont prises par les Français : création d’un poste de chancelier chez les Tanala d’Ikongo (3 août 1896) et installation des autorités civiles et militaires à Maromiandra, résidence du roi Ratsiandraofana et de ses fils. Le lendemain, le Dr Besson arrive lui-même à Maromiandra pour ramener la confiance dans une grande partie de la population et les deux fils du roi, Ratsirahonana et Andriamanapaka, sont investis
des fonctions de gouverneur et de gouverneur-adjoint. La tranquillité paraît assurée partout.
Mais un mois plus tard, les Français apprennent que « des groupes de mécontents, poussés par les chefs de Belomoka, se massaient peu à peu sur le rocher d’Ikongo et y transportaient, par des sentiers abrupts connus des seuls indigènes, vivres et munitions ».
En outre, plusieurs chefs accourus de Manambondro et même d’Ivohibe, sont venus renforcer le parti des rebelles. On proclame alors, sur le rocher, la déchéance des chefs restés fidèles à la France et jure de mettre à mort les fils du vieux roi et leurs partisans. En même temps, des bandes d’insurgés descendent de temps à autre dans la plaine pour inquiéter les chantiers de la route à péage et chercher à entraîner les travailleurs dans la révolte.

Extrait l’Express de Madagascar - Samedi 30 avril 2011

22 avril 2011

Notes du Passé - La ligne FCE aboutit à Manakara

Enregistré dans : Histoire — Josielle @ 12:00

Les études de la voie ferrée Fianarantsoa-côte Est (FCE) commencent le 5 octobre 1920 avec le début des travaux de la Commission spécialisée dans cette mission. Les trois membres- les administrateurs Compagnon et Billot et l’ingénieur Hugues- s’adjoignent le capitaine de frégate Le Bègue, dont l’avis paraît déterminant dans l’abandon de Mananjary comme débouché du chemin de fer.
En effet, il préconise d’abord un point jusqu’alors négligé, le lac de Marohita situé entre Manakara et Mananjary et qui, séparé de la mer par 180m de dune, présente des fonds susceptibles d’être utilisés pour un port en eau profonde. Toutefois, un banc rocheux très dense se trouve sous la dune et les travaux considérables qu’il aurait fallu exécuter pour le percer, font renoncer à ce choix. La Commission conclut à l’adoption de Manakara comme terminus de la ligne du Betsileo, écartant définitivement Mananjary, l’embouchure du Faraony et la baie de Mahela au nord de Mananjary, dont il a aussi été question un moment.

Le choix de Manakara s’explique par le fait que cette ville se trouve dans l’axe économique et géographique des régions dépendant du Betsileo- pays tanala, anciennes provinces de Mananjary, de Manakara et de Farafangana-. La zone d’influence du chemin de fer à construire ne risque pas d’empiéter sur les régions desservie par le Tananarive-côte Est (vers Toamasina). De plus, le tracé par Manakara réduit de 41km le trajet de Fianarantsoa à la côte et l’économie qui en résulte, représente sensiblement les dépenses à envisager pour la construction du port de Manakara. Ainsi, l’exploitation permet de réaliser une économie sur les transports et réduit de ce fait les charges qui pèsent sur les produits à la descente.

En outre, le profil du tracé passant par Manakara est moins tourmenté que celui qu’il aurait fallu adopter pour aboutir à Mananjary : il nécessite une dépense moindre à la fois pour le coût de construction et pour celui d’exploitation, d’où économie dont bénéficieront les usagers. La création d’un port à Manakara sera également moins onéreux qu’à Mananjary.
Enfin, les facilités qu’y offrira le débarquement du matériel nécessaire au chemin de fer, la fixité des sables, la présence d’un seuil rocheux abritant l’estuaire et d’autres considérations techniques militent en faveur du choix de Manakara. De surcroît, Mananjary est déjà une petite ville prospère et une colonisation importante et ancienne met en valeur la vallée du Mananjary et de ses affluents.
La Commission dépose son rapport le 7 novembre 1921. Le directeur des Travaux publics Girod le transmet au gouverneur général Hubert Garbit le commentant en ces termes: « Cette étude qui fait ressortir nettement les raisons d’ordre technique, d’ordre économique et d’intérêt général qui ont amené la Commission à se prononcer en faveur du port de Manakara, est suffisamment claire pour qu’il ne soit pas nécessaire d’y ajouter de commentaires ».

Extrait l’Express de Madagascar - Vendredi 22 avril 2011

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