2010 janvier

21 janvier 2010

SOCIAL - Éducation : L’Afrique piégée par les langues étrangères

Enregistré dans : Actus Madagascar — Josielle @ 12:19
Dorénavant, le mot d’ordre en Afrique est l’intégration des langues et cultures africaines, dans le domaine de l’éducation.
La conférence qui se tient depuis, hier, à Ouagadougou, Burkina Faso essaie d’éliminer les obstacles.
« L’Afrique est le seul continent où les enfants vont à l’école pour apprendre une langue étrangère ».La déclaration émane d’Adama Ouane, directeur de l’institut de l’Unesco pour l’apprentissage tout au long de la vie (UIL) à la veille de la conférence sur l’intégration des langues et des cultures africaines dans l’éducation ouverte hier à Ouagadougou, Burkina Faso.
Une problématique qui ne date pas d’hier, car beaucoup d’élites africaines ont tous appris soit la langue de Molière soit celle de Shakespeare. « Nous devons changer cette situation, car nous avons la capacité de le faire à travers des recherches menées depuis des années », laisse entendre Adama Ouane optimiste, quand à la relance des débats pour l’adoption de guides politiques pour les pays, sur l’intégration des langues maternelles dans l’éducation.
Beaucoup de solutions ont été avancées par les experts africains, sur l’usage des langues maternelles à travers d’innombrables débats lancés, depuis la conférence de Windhoek en Namibie en 2005 « Des études ont montré les limites de l’usage d’une langue étrangère. Dans la plupart des cas, les langues étrangères sont considérées comme langues d’opportunité », explique pour sa part Odile Bonkoungou, ministre burkinabé de l’Enseignement de base et de l’alphabétisation.
Le Burkina Faso est parmi les pays africains ayant déjà expérimenté l’introduction des langues nationales dans l’éducation. « Nous avons pu codifier huit langues pour l’enseignement et 25 autres pour l’éducation non formelle », s’estime-t-elle heureuse.
Beaucoup de défis restent à relever pour les pays africains, dont Madagascar, avant que l’intégration des langues maternelles dans l’éducation soit généralisée.
Extrait l’Express de Madagascar - Edition n° 4519 du 21-01-2010
  
 

20 janvier 2010

Société - Conjoncture : Des petits métiers pour y faire face

Enregistré dans : Actus Madagascar — Josielle @ 13:23

Vololona a récemment perdu son travail. Et pour subvenir aux besoins de sa famille, elle a décidé de continuer à travailler malgré tout. Avec sa machine à coudre, elle a ouvert ses portes pour des coutures sur mesure. Habitant dans la capitale mais loin du centre ville, elle n’a pas beaucoup de choix. Mère de deux enfants, dont un en bas âge, elle ne peut pas accepter toutes les offres qui lui sont proposées. « Travailler comme femme de ménage ne me convient pas. Mon bébé est encore trop petit pour que je puisse le laisser tout seul » raconte-t-elle. Ainsi, Vololona a choisi de faire de la couture. « C’est la solution à laquelle j’ai pensé. Mais, je n’ai pas encore eu de vraies commandes de costumes ou de robes. La plupart de celles qui viennent ici font des retouches de vêtements qu’elles ont achetés dans les marchés de friperie ». Comme Vololona, d’autres personnes ayant perdu leur emploi se sont reconvertis. Des petits métiers, les Malgaches connaissent bien ça. C’est la débrouillardise ! A part la restauration ou du moins les gargotes, les taxiphones sont les plus prisés. Avec un coût d’investissement moindre, un téléphone et du crédit, et grâce aux offres illimitées proposées par les opérateurs en téléphonie mobile, l’affaire est juteuse, du moins, intéressante. « C’est plus intéressant que de devenir vendeuse pour les boutiques chinoises qui paient très mal alors que les heures de travail sont énormes ! » explique une tenante de taxiphone. Son chiffre d’affaire quotidien n’est certes pas mirobolant, mais habitant dans les périphéries de la ville, elle trouve que la concurrence ne fait pas encore rage, et de la place, il y en a encore. Les conséquences de la crise confirment l’adage qui dit : « Rien ne se perd, tout se récupère » et avec l’ingéniosité des petites gens, tout se transforme. Mais à quel prix !

Extrait Midi Madagasikara - Parution N°8040 du 20-01-2010

19 janvier 2010

ECONOMIE - Jeannot Rakotomalalasolo : « Une alternative à l’AGOA demeure hypothétique »

Enregistré dans : Actus Madagascar — Josielle @ 12:10

Le président du Comité des travailleurs pour la défense du maintien de l’AGOA parle de la situation actuelle dans les entreprises franches.

• Suite à la suspension de l’Africa Growth Opportunity Act (AGOA) par les États-Unis, quelle est la réalité dans les entreprises franches exportant vers ce pays ?
- Les activités dans ces entreprises franches tournent au ralenti. La majorité d’entre elles sont en train de liquider les commandes, déjà en baisse. Contrairement à ce que l’on laisse croire, cette situation ne pourra pas à mon avis perdurer jusqu’en juin. Les entreprises franches sont asphyxiées et les chômages techniques pleuvent. Dans le courant de cette semaine, un groupe basé à Ivato projette de fermer une unité de production. Près de 800 personnes vont en conséquence grossir le rang des chômeurs. Selon les informations que j’ai reçues, plus de 5 000 personnes sont susceptibles d’être licenciées.

• Les commandes ont été déjà réduites bien avant la suspension de l’AGOA…
- Sans aucun doute, les commandes ont connu une baisse depuis le début de la crise financière internationale qui s’est enclenchée en 2008. Cependant, grâce à la compétence des entreprises locales et surtout leur compétitivité, les impacts n’ont pas été très importants. Les unités de production ont continué à tourner. Avec la crise nationale, la situation s’est détériorée. La grève des agents douaniers s’est par exemple répercutée sur le délai de livraison. Or, il est important de respecter ce délai, en plus de la qualité. La suspension de l’AGOA se traduit, en tout cas, comme de l’incompétence.

• Que pensez-vous des mesures alternatives à l’AGOA ?
- L’AGOA n’a pas d’alternatives. Si le backbone a réussi en Inde c’est qu’une grande partie des chômeurs dans ce pays sont des informaticiens. Quel est le pourcentage d’employés des entreprises franches à Madagascar compétents dans l’informatique ? Pour ce qui est du développement agricole, à Antsirabe, les employés du textile y ont déjà contribué en donnant une partie de leur gain à leurs familles qui pratiquent l’agriculture. Le réintégration de Madagascar dans l’AGOA demeure la solution.

• La réintégration de Madagascar dans l’AGOA dans un bref délai est-elle encore possible ?
- La suspension de Madagascar était sous réserve. La décision des États-Unis mentionne le rétablissement de la démocratie, condition qui pourra permettre le retour de Madagascar dans la liste des bénéficiaires de l’AGOA. Et ce avant décembre lorsque les éligibilités des pays seront passées en revue. Nous croyons en la réintégration de Madagascar, c’est pourquoi nous allons organiser incessamment une manifestation visant à interpeller toutes les entités politiques.

Extrait l’Express de Madagascar - Edition n° 4517 du 19-01-2010

Economie - Navire « Gulser Ana »: A la merci des pilleurs !

Enregistré dans : Actus Madagascar — Josielle @ 12:04

Après une réouverture de pêche pendant un certain temps à Faux Cap, cette activité redevient interdite.

Le naufrage du bateau battant pavillon turc, « Gulser Ana » continue de provoquer une pollution marine au large du Faux Cap dans l’extrême Sud de Madagascar. En effet, des petites plaques d’hydrocarbures couvrent en ce moment la plage de cette région en raison d’une autre explosion au sein du compartiment du navire. Dans la foulée, ce navire échoué est à la merci des pilleurs, a-t-on appris de source locale.
 
Impacts tragiques. Un groupe de gens bien organisé va s’aventurer auprès du bateau en vue de piller toutes ses installations et les autres matériels à bord, comme les pneus et les équipements en fer, même les fosses septiques. Il envisage en ce moment de détruire le portail de l’autre compartiment, a-t-on évoqué, alors c’est toujours à l’origine de l’explosion suite à des fortes pressions. En fait, ces pilleurs prennent tout ce qui est encore récupérable, et ce, à leurs risques et périls. Mais les dangers pour toute la population riveraine ne sont pas négligeables étant donné que la majorité vit des activités de pêche. Les impacts écologiques sur toutes les espèces marines sont également tragiques. Rappelons que neuf baleines s’étaient échouées à Faux Cap tandis que les crabes de sable se raréfient. 
 
Pêche interdite. De son côté, l’administration a remis des aides d’urgence aux populations victimes de cette pollution marine suite aux négociations entreprises avec le pollueur, le propriétaire du bateau. Elle a même ordonné la réouverture de pêche depuis ces derniers temps malgré l’ampleur des dégâts causés par le naufrage de « Gulser Ana » sur le milieu marin, qui ont été identifiés par les scientifiques. Puis la pêche redevient maintenant interdite, a-t-on annoncé. A cet effet, les pêcheurs ainsi que les autorités locales n’accepteront plus qu’une solution durable face à cette situation. Notons que les montants versés par le propriétaire de « Gulser Ana », qui est un navire poubelle interdite aux côtes européennes, via un système de pollueur-payeur, ainsi que leur répartition aux victimes de ce drame écologique restent jusqu’à maintenant moins transparents.
Extrait Midi Madagasikara - Parution N°8039 du 19-01-2010
 

 

Economie - Filière textile : Menacée de disparition

Enregistré dans : Actus Madagascar — Josielle @ 12:01

La suspension de Madagascar dans le cadre de l’AGOA ne fait qu’empirer la viabilité des entreprises opérant dans le secteur du textile. En effet, les produits locaux ne seront plus compétitifs même sur le marché national. Le grand producteur de coton Hasyma est déjà en difficulté tandis que l’unité de filature d’Antsirabe a été fermée. Les artisans qui ont commencé à se professionnaliser en matière de confection ont presque abandonné leurs activités en optant pour un autre métier. En fait, c’est la filière textile elle-même qui est menacée de disparition à Madagascar. Les articles de confection malgaches sont entretemps fortement concurrencés par les vêtements chinois surtout les friperies dont on peut trouver des produits à …100 Ariary l’unité au marché d’Analakely.

Extrait Midi Madagasikara - Parution N°8039 du 19-01-2010 

18 janvier 2010

Société - Campagne de reboisement 2010 : Préférence pour les essences à croissance rapide

Enregistré dans : Actus Madagascar — Josielle @ 11:56

L’objectif est, cette année, de parvenir à reboiser sur une surface totale de 25 000 ha sur le territoire national. A raison de 2 000 plants par hectare, on prévoit ainsi quelque 50 millions de plants mis en terre jusqu’au terme de la campagne de reboisement.

Celle-ci vient justement de débuter le week-end dernier à Anosivolakely, dans la commune rurale d’Ampanotokana, district d’Ambohidratrimo où 7 500 plants de diverses essences ont été mis en terre. Le choix s’est porté, cette année sur des essences à croissance rapide, comme c’est le cas pour le paulownia (exploitable en cinq fois moins de temps, par rapport aux autres plants) ou encore sur d’autres qui offrent des avantages économiques non négligeables, à l’image du ravintsara dont on ne présente plus les vertus.

Cette fois encore, l’accent a été particulièrement mis sur le suivi des jeunes plants mis en terre lors des journées de reboisement. En effet, ce volet reste, dans la majorité des cas, négligé, réduisant à néant les efforts entrepris car au bout de quelques mois, les jeunes plants meurent. Aussi faut-il prévoir dans les projets de reboisement, qu’il s’agisse d’initiatives privées ou non, de retourner plusieurs fois sur le lieu de reboisement afin de procéder à des travaux de suivi et de regarnissage, en cas de besoin.

Extrait Midi Madagasikara - Parution N°8038 du 18-01-2010 

Economie - Conjoncture : Une croissance négative de -15% à -30% pour la ZFI et l’industrie textile

Enregistré dans : Actus Madagascar — Josielle @ 11:54

Les perspectives pour 2010 n’augurent rien de bon pour la relance économique.

Au-delà des déclarations politiques sur les possibilités de trouver des alternatives à l’AGOA, techniquement, le gouvernement de fait actuel est conscient du danger que représente la suspension de cette facilité américaine pour les exportations des entreprises franches. Les perspectives de la loi de finances 2010 le prouvent.
Décroissance.  Néanmoins, la Zone Franche Industrielle (ZFI) I et les industries textiles enregistreront des croissances négatives, respectivement de -15,0% et de -30,0% » indique notamment l’exposé des motifs de la loi de finances 2010. Une décroissance qui trouve, en grande partie son origine dans le ralentissement des activités des entreprises franches, consécutivement à la suspension de l’AGOA. D’ailleurs, cette prévision sur une chute des activités du secteur de la zone franche se confirme déjà sur le terrain puisque de nombreuses entreprises franches ont déjà considérablement baissé le volume de travail de leurs employés qui n’ont plus droit, actuellement aux heures supplémentaires. Certaines entreprises prévoient, par ailleurs de fermer carrément leur porte, ou de se délocaliser dans d’autres pays où l’environnement politique et économique est plus favorable.
Projets miniers. Mais ce problème des entreprises franches n’affectera pas pour autant le secteur secondaire dans son ensemble. La loi de finances table, en effet, sur une croissance de 8,5% du secteur secondaire en 2010. Mais cette croissance du secteur secondaire ne sera pas le fait des efforts supplémentaires engagés par les autorités de fait. Elle sera tout simplement le résultat de projets déjà existants dans le domaine de l’industrie extractive notamment. Selon toujours l’exposé des motifs de la loi de finances,, « L’industrie sera la principale actrice de cette croissance. En particulier, l’industrie extractive devrait enregistrer un taux de croissance de 411,3% en raison de la poursuite de la production d’ilménite de QMM et de la mise en œuvre d’autres projets miniers ». Par ailleurs, histoire sans doute de justifier les élections unilatérales qu’elles prévoient d’organiser sans la caution de la communauté internationale, les autorités de fait de la transition d’indiquer que « les élections de 2010 permettront à l’industrie du papier d’enregistrer une expansion de 1,5%. »
Aucune trace.Bref, le secteur secondaire sera en partie sauvé. Mais ni la croissance de l’industrie extractive, ni le petit développement attendu de l’industrie du papier ne permettront de sauver les dizaines de milliers d’emplois qui seront perdus avec la suspension de l’AGOA. Autrement dit, les employés des entreprises franches n’ont plus qu’à espérer l’efficacité des soi-disant, alternatives à l’AGOA. Mais comme ce sont des mesures, dont on ne trouve aucune trace dans la loi de finances, l’on se pose la question de savoir comment l’Etat va financer leur mise en œuvre.

Extrait Midi Madagasikara - Parution N°8038 du 18-01-2010

SOCIAL - Phénomène : L’éclipse du soleil éblouit à Ankadiefajoro

Enregistré dans : Actus Madagascar — Josielle @ 11:52

Certains habitants de la capitale et des villageois d’Ankadiefajoro se sont réjouis du passage de l’éclipse annulaire du soleil, hier. Un beau spectacle pour l’assistance.

Fascinant. La date du 15 janvier restera gravée dans la mémoire de Virginie Razafindrabe, une mère de famille qui a suivi de près l’éclipse du haut de la colline d’Ankadiefajoro. C’est là que siège l’Observatoire national astronomique, au bout de 13 kilomètres de route aménagée à partir d’Andoharanofotsy.
« C’est la première fois que je vois une éclipse. J’étais captivée par le phénomène en observant à l’aide d’un télescope les différentes périodes d’interposition de la lune entre le soleil et la terre », se réjouit-elle. Mais l’engouement d’Ankadiefajoro n’est trop pas ressenti dans le centre ville. D’autres préoccupations, comme les funérailles du cardinal Gaëtan Razafindratandra, retenaient l’attention de plus d’un.
L’éclipse « en clair »
Le télescope offre une image en 3D, comme celle d’une sphère formée par les doigts des deux mains, contrairement à ce qu’on voit à travers des lunettes spéciales. « Je ne regrette pas d’être venue ici avec ma petite famille. L’endroit est agréable et l’accueil est chaleureux », poursuit Virginie Razafindrabe.
L’assistance, estimée à trois cents personnes, a pu savourer l’évolution de l’éclipse durant trois heures de temps. Dame pluie n’a pas joué de mauvais tour et une éclaircie a augmenté la chance de voir l’éclipse annulaire « en clair ». « La netteté de l’éclipse a été perçue à 60%, alors qu’on l’a prévue entre 40 et 55%. Ma crainte s’est basée sur le temps qu’il faisait le matin », indique Charles Ratsifaritana, premier responsable auprès de l’Observatoire national astronomique d’Ankadiefajoro.
C’est à neuf heures du matin, heure locale, qu’apparaît distinctement l’ombre de la lune couchée sur le soleil, si le phénomène a commencé dès sept heures du matin.
Madagascar a partagé ce moment avec d’autres pays d’Afrique : le Tchad, l’Ouganda, la République démocratique du Congo ou les Maldives dans l’océan Indien, là où la plus belle vision a été observée pendant onze minutes, et en Asie. En tout, le phénomèné a été observé dans 49 pays.

Extrait l’Express de Madagascar - Edition n° 4516 du 18-01-2010

15 janvier 2010

Notes du passé - Morts plus de faim que de grippe

Enregistré dans : Histoire — Josielle @ 11:03

Notre précédente Note a montré que plusieurs facteurs ont provoqué un taux élevé de mortalité dans la population malgache à cause de la grippe espagnole de 1919.
Parmi ces facteurs, l’absence de soins et plus encore d’encouragements et de conseils du fait d’un grand nombre du personnel médical et para-médical atteint par le paludisme.
Un médecin de Vatomandry donne d’une visite qu’il a faite au village d’Anosibe, dans l’intérieur de la province à la lisière des Hauts-plateaux, une description hallucinante.
« Pas une case dont les habitants ne fussent malades; pas un seul assez valide pour aller chercher du bois à la forêt ou pour piler le riz. Dans le village, c’est le silence complet, troublé seulement par des quintes de toux ».
Dans les cases, en tirant la porte, « on n’aperçoit tout d’abord personne. Puis en appelant, on voit quelques formes humaines s’agiter sous des rabanes dont elles sont déjà enveloppées comme d’un linceul. Les yeux hagards, elles acceptent à peine de porter attention à cet intrus qui vient de secouer dans un sommeil qui paraissait être le dernier. Puis quand elles se rendent compte que c’est le médecin Vazaha, elles se traînent jusqu’à lui dans un geste éploré, en criant d’une voix sépulcrale: Marary, Vazaha, marary ».
En fait, selon le médecin français, très peu de personnes sont gravement atteintes, même si toutes paraissent mourantes tant l’idée du danger les persuadent d’une fin prochaine. « Aucune énergie ne subsiste en elles, pas même celle de chercher à satisfaire leur faim. Il semble qu’elles soient résignées à la mort et qu’elles aient décidé de l’attendre sous leurs rabanes, qu’elle vienne de la maladie ou du manque de nourriture ».
Il faut dire qu’en voyant leurs voisins disparaître en grand nombre et si vite, ils croient que quiconque est frappé, doit succomber. Pour eux, « c’est la malédiction du Zanahary, châtiment inévitable: comme tout le village est frappé, il doit disparaître ». Et pourtant d’après ce médecin, il aurait suffi « d’une parole du médecin ou d’une distribution de fanafody (médicaments) pour que les visages s’éclairent et que l’espoir renaisse ».
À Fianarantsoa également, le médecin français affirme qu’un assez grand nombre de Malgaches sont littéralement morts de faim. Il trouve « dans la ville indigène, une famille de huit personnes sans vivres depuis trois jours. Les voisins l’avaient déclarée en quarantaine et ne la connaissaient plus ».
Critiquant ce genre d’attitude « peureuse », « La Tribune » d’Antananarivo publie un pamphlet: « Armé d’un vaporisateur- sans attendre que l’on s’explique-il (le peureux) aspergeait le visiteur- d’un désinfectant énergique.- Se gorgeant d’un pyramidon- se bourrant de quinine- il se meurtrissait le tampon- le conduit de chaque narine.- Tout le jour vous l’auriez pu voir- avec un affreux stoïcisme- la bouche sur un entonnoir- ou roulant quelque gargarisme…- Et pour s’en aller à dix pas- à présent s’affublait d’un masque».
Décrivant les malades, le même fabuliste écrit: « Tous couchés, des points dans le dos- le front lourd, l’âme défaillante- nous étions brisés jusqu’aux os- atteints d’une fièvre incessante ».
Et pour parer au plus pressé, il traduit ainsi les indications vulgarisées par l’administration, notamment pour éviter tout refroidissement: « Allumons un brasier d’enfer- supportez-moi six couvertures- et pour mieux vous brûler la chair- avalez du rhum sans mesure.- Avec un excès de chaleur- nous ferons fendre l’escogriffe;- lorsque vous serez en sueur- vous échapperez à sa griffe».
Enfin vient la convalescence: « Après huit jours de traitement- de ventouses, de cataclasmes…- un matin de soleil brillant- le visage plus blanc qu’un marbre- je m’en fus encore chancelant- prendre l’air sous les premiers arbres ».

Extrait  l’Express de Madagascar - Edition n° 4514 du 15-01-2010

14 janvier 2010

CULTURE - Patrimoine : Un musée Zafimaniry en gestation

Enregistré dans : Actus Madagascar — Josielle @ 12:05

Avec le risque de disparition de la forêt, la culture zafimaniry est en danger d’extinction à long terme. Un projet de sauvegarde est plus qu’urgent.

Face à la menace de la disparition du savoir-faire avec la destruction de la forêt, l’association des sculpteurs et fonctionnaires d’Antoetra a initié un projet de musée de l’art et de la culture Zafimaniry. Il serait abrité par un ensemble de trois maisons traditionnelles.
« Quand je suis venu en décembre 2009 discuter avec les Tangalamena, j’ai été surpris de voir que la jeune génération ignore beaucoup de choses sur le travail du bois zafimaniry », regrette l’écrivain Johary Ravaloson.
C’est dans l’optique de sauvegarde mais aussi de transmission de l’habileté que le projet a été conçu. Ce musée assurera la diffusion du savoir-faire zafimaniry auprès les touristes, nombreux à passer à Antoetra. Il permettra aussi aux jeunes de mieux comprendre leur culture.
La communauté des Zafimaniry est la dernière dépositaire d’une culture originale de travail du bois. Ce savoir-faire a été inscrit au patrimoine immatériel mondial en 2003. Mais depuis, le vent du changement a aussi soufflé sur la communauté.
Contexte économique
Johary Ravaloson, co-auteur de « Zafimaniry intime, ‘Zaho zafimaniry », continue de visiter le village d’Antoetra en vue de la préparation de son deuxième livre sur l’avenir de cette tradition, dans un contexte économique de plus en plus difficile.
« De nombreux facteurs tels que la croissance de la population et l’augmentation de ses besoins alimentaires, l’aspiration à la consommation de biens matériels commercialisés, l’augmentation du nombre de touristes se rendant en pays Zafimaniry, et la vente massive d’objets de bois gravés sur les marchés malgaches et étrangers sont à prendre en compte », souligne Johary Ravaloson.
« Tout cela aboutit aujourd’hui à une quasi-disparition de la forêt, brûlée pour être cultivée, coupée pour être travaillée et vendue, remplacée par des savanes herbeuses et des rizières », fait-il remarquer.

Extrait l’Express de Madagascar - Edition n° 4513 du 14-01-2010

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