2009 août

25 août 2009

Cahier Economie - Agriculture : Moins de 25% de la superficie cultivable mis en valeur dans le Vatovavy Fitovinany

Enregistré dans : Actus Madagascar — Josielle @ 10:54

Moins de 25% de la superficie totale cultivable sont mis en valeur dans la région du Vatovavy Fitovinany. Alors que cette dernière dispose de nombreuses potentialités agricoles, a fait savoir un consultant en programme. Ce consultant de faire remarquer que c’est le plus beau cadeau offert par la nature à la population de cette région du Sud-Est de l’Ile.

500 000 ha

Moins de 500 000 ha de terres sont exploités, soit un peu moins de 25% de la surface totale cultivable. A cause de la fertilité de son sol, tous les types de produits agricoles peuvent s’adapter dans la région. Les statistiques agricoles font état que la riziculture avec un rendement moyen de 1,4T/ha n’occupe que 20% des surfaces cultivées. Ce faible rendement s’explique sans nul doute par le fait que la majorité des riziculteurs ne sont pas encore convaincus du bien-fondé des techniques modernes comme le SRI, SRA et ne veulent pas apparemment changer de méthode de peur d’essuyer des échecs sur le peu qu’ils ont investi. Les autres cultures comme le café, mangue, coco, agrume, letchi qui font la renommée de la région Vatovavy Fitovinany sont des cultures ancestrales et ne sont plus entretenues. Des plantations qui doivent être rénovées pour une amélioration de la qualité et de la production. Par contre, la banane et l’ananas produisent de bons rendements. De par nature, ces fruits sont très résistants et se multiplient entre eux. Cependant, ces bananes et ses ananas nécessitent aussi des entretiens et ne doivent pas être laissé à l’état sauvage pour assurer leur qualité. Les plantes à tubercules, comme le manioc, sont aussi très développées et occupent plus de 70% des terres cultivées. Ces tubercules servent de complément alimentaire à la population. Enfin, bien que le sol soit favorable aux cultures de légumes, cette pratique ne représente que moins de 5% des surfaces cultivées. Alors que la culture et la consommation des légumes sont des facteurs pour contribuer à un équilibre nutritionnel dont souffre la majorité de la population et ne particulier, les enfants en bas âge.

Assistanat

Bien que de nombreux programmes et projets soient présents pour l’agriculture dans cette région, ces responsables sont unanimes pour conclure que le changement de mentalité et de comportement au niveau de la population demande encore beaucoup d’efforts pour que les actions dont la finalité est de se passer de l’assistanat, une culture encore fortement ancrée puissent être adoptées et poursuivies.

Extrait Midi Madagasikara - Parution N°7916 du 25-08-2009

CULTURE - Littérature : « Soratra » s’enracine à Antsiranana

Enregistré dans : Actus Madagascar — Josielle @ 9:51

L’expérience de l’atelier « Soratra » à Antsiranana a établi un bilan prometteur. Dans le Nord, le germe littéraire est aussi ardent que le salegy.
Quand deux «prêcheuses» de la littérature s’activent pour la bonne cause de leur passion, c’est une réussite. Le défi est énorme pour l’écrivain Michèle Rakotoson et la poétesse Ny Eja qui ont réalisé à Antsiranana, du 28 au 31 juillet, une étape importante du projet «Soratra». C’est l’atelier d’écriture initié par Opération Bokiko et qui offre aux amateurs et aux passionnés de littérature un plateau de formation pour cultiver et surtout perfectionner leur talent.
Si depuis toujours Antsiranana est considéré comme le fief exclusif du salegy, la soif de la culture du livre s’est manifestée ces dernières années d’une manière fortement explicite.
«Après avoir constaté le succès de Soratra 2008 à Antananarivo, les originaires d’Antsiranana en France nous ont demandé d’organiser la même manifestation dans leur terre natale. Estimant que la culture du livre est ce qui manque au développement de leur région, ils ont cherché tous les moyens pour financer eux-mêmes le projet», confie l’écrivain Michèle Rakotoson, principale initiatrice de Opération Bokiko.
En se basant sur la réalité du terrain, il semble que tous les efforts menés par la diaspora à travers différentes quêtes et opérations lucratives effectuées à Paris, ont porté leurs premiers fruits. «Alors que nous avons prévu une vingtaine de participants, nous avons enregistré presque le double. Il nous a même fallu refuser les retardataires», rapporte l’écrivain pour démontrer l’intérêt des Antsiranais-lycéens, universitaires ou employés- pour la culture littéraire.
Création de blog
Ny Eja a dirigé plusieurs modules dont la formation à la mise en page et à la création de blog ainsi que l’intégration des participants dans des réseaux littéraires internationaux. Mais finalement, c’est dans la pratique des techniques d’écriture que tous les espoirs ont surgi. «Nous y avons découvert une véritable mine de talents. Là-bas, l’authenticité est très vive car la culture traditionnelle demeure très implantée. Il nous suffit juste un déblocage pour voir tout exploser», certifie Michèle Rakotoson.

Ce qui a sans doute amené les deux missionaires à rééditer l’action à Antsiranana en 2010. «En septembre, une opération mofo gasy se déroulera à Paris pour s’y préparer», annonce Michèle Rakotoson.

Extrait l’Express de Madagascar - Edition n° 4393 du 25-08-2009

Société - Environnement : Les feux de brousse en recrudescence sur la RN4

Enregistré dans : Actus Madagascar — Josielle @ 9:49

Des flancs entiers de collines, en feu et de vastes étendues de terrains portent encore les stigmates de récentes flammes qui les ont consumés. Le spectacle désolant se trouve essentiellement sur la RN4, dès les abords du Tampoketsa. Les usagers de cette route nationale auront remarqué les vastes surfaces, boisées ou pas, en proie aux flammes et des fumées se dégageant des espaces parfois très proches de la route. La couleur noire qui prédomine à certains endroits longeant la RN4, indique de récents feux de brousse qui commencent déjà à laisser la place à de jeunes pousses d’herbes vertes. Exactement le but recherché par les auteurs des feux de brousse. En effet, ces derniers, dont peu nombreux sont appréhendés, comptent sur les jeunes repousses d’herbes vertes pour permettre aux troupeaux de brouter. Une méthode ancestrale que le pays a essayée tant bien que mal de combattre durant des décennies à travers les campagnes de lutte contre les feux de brousse. D’autres justifient les feux de brousse par la pratique de la culture sur brûlis, également combattue depuis de longues années et qui semble être en régression.
Régression. Mais après quelques années de progrès et de résultats encourageants, il semble bien que de nombreuses communes sont en nette régression en enregistrant une forte recrudescence des feux de brousse. L’axe de la RN4 est constamment touché par le fléau. Outre le Tampoketsa régulièrement en proie aux flammes à chaque saison sèche, les abords de Maevatanàna sont, cette année, particulièrement touchés si l’on en juge par le manteau noir qui couvre les étendues de terrain à quelques kilomètres de la ville.
On se rappelle également l’incendie du parc national d’Ankarafantsika, toujours sur la RN4 il y a quelques années, ayant donné du fil à retordre aux soldats du feu et causé des pertes considérables pour le patrimoine que renferme ce parc national.
L’instauration dans le cadre de la lutte contre les feux de brousse, des concours des « communes vertes » où les feux de brousse auront été en régression, voire éradiqués, ont donné des résultats encourageants, ces dernières années. Malheureusement, ceux-ci risquent fort d’être réduits à néant car les vieilles habitudes reviennent en force.

Extrait Midi Madagasikara - Parution N°7916 du 25-08-2009 

ECONOMIE - Marchés publics : Les entrepreneurs dans le doute

Enregistré dans : Actus Madagascar — Josielle @ 9:47

Le volume des marchés publics a connu une baisse depuis le mois de février. La crainte des entrepreneurs en sont les causes.
L’octroi des marchés publics se poursuit. Néanmoins, les opérateurs annoncent une certaine réticence, quant à l’émission des offres, de peur que le paiement ne soit pertubé face aux priorités du gouvernement. « Les appels d’offres existent toujours mais nous ne voulons pas prendre de risque. Il faudra tout d’abord vérifier que le budget y afférent existent bel et bien auprès des ministères concernés par les marchés », explique Abel Razafimahatratra, un entrepreneur. « Par ailleurs, nous ne savons pas encore exactement quelles sont les priorités actuelles de l’État. Il peut, à tout moment,
décider de ne pas effectuer le paiement au profit d’un autre ouvrage. Déjà, même avec la stabilité, le paiement du TVA a toujours été un problème pour les entrepreneurs », poursuit-il.
Réduction du budget
Cette perte de confiance des entrepreneurs combinée à la réduction du taux d’engagement du budget de l’État a conduit à une baisse du volume des marchés publics. « Cette baisse du volume des marchés publics est aussi liée à la réduction du montant des dépenses autorisées. Seulement les 63 % du budget de l’État peut être utilisé, compte tenu de l’absence des apports des bailleurs », indique un responsable auprès de l’Autorité de régularisation des marchés publics.
Selon les statistiques fournies par la Commission nationale des marchés publics, les nombres des marchés accordés sont passés de 224, en juillet 2008, à 60 en juillet 2009. En ce qui concerne le montant, il est passé de plus de 98 574 862 125 d’ariary, à près de 17 milliards d’ariary pour les deux périodes respectives.
Particulièrement pour les petites et moyennes entreprises, les conditions imposées dans les appels d’offres constituent également un blocage pour l’obtention d’un marché. « Les appels d’offre qui existent ne s’adressent pas aux petites et moyennes entreprises. Ils requièrent un chiffre d’affaires assez important aux soumissionnaires », annonce un gérant d’une PME intervenant dans le secteur bâtiment et travaux publics.

Extrait l’Express de Madagascar - Edition n° 4393 du 25-08-2009

24 août 2009

Economie - Mahajanga : Les pensions de famille, une formule gagnante

Enregistré dans : Actus Madagascar — Josielle @ 10:12

La Cité des Fleurs est en train de surclasser la ville de Toamasina en tant que destination vacances. Beaucoup de familles ont choisi d’y aller cette année.

Tous les hôtels de moyenne gamme sont pleins en cette période de vacances dans la province de Mahajanga.  Tandis que les établissements d’un certain standing ne sont pas à la portée des budgets de bon nombre de vacanciers, qui ont choisi, la mer, le soleil, le beau temps pour leurs vacances. Ainsi, les pensions de famille sont très recherchées dans la ville.

25 000 Ar pour une nuitée

L’on pourrait dire que c’est la formule gagnante dans la capitale du Boeny. Cette gérante d’une pension de famille située dans la localité de Fiofio affirme ne pas regretter d’avoir transformé sa maison en pension de famille. Avant, j’ai mis ma maison en location mais les locataires n’étaient jamais honnêtes et refusaient de payer ce qu’ils me devaient. Depuis un an maintenant, cette entrepreneuse gère sa boîte tranquillement. Elle  confie, par exemple, qu’elle affiche complet pour ce  mois d’août et en septembre prochain. Avec un tarif tournant autour de 25 000 Ariary pour une nuitée, cet établissement semble bien positionné pour affronter la concurrence.

Economie de budget

Selon toujours cette responsable, les pensions de familles, sont les types d’infrastructures cadrant le plus au pouvoir d’achat des vacanciers nationaux, qui viennent chaque année à Mahajanga.  Un fait que les touristes venus dans cette ville ne démentiront point. En effet, M Henri et sa petite famille, en route vers la plage Grand Pavois d’Amborovy, reconnaissent qu’il dépense moins en habitant dans une pension de famille. En plus, il est possible d’y cuisiner et d’éviter d’aller systématiquement dans un restaurant. De cette façon, les vacanciers arrivent à réduire leur budget de manière très substantielle. Il faut dire que la famille de M Henri n’est pas la seule à avoir opté pour cette formule. En effet, pour ceux qui ont pu faire leur réservation dans une pension bien avant, ces infrastructures sont très demandées, il faut dire que les vacances leur reviennent moins chères. «Par rapport à notre budget de départ, nous avons pu économiser», confie Mme Lala, une mère de famille, dont le seul regret est de devoir rentrer pour reprendre son travail.

Extrait Midi Madagasikara - Parution N°7915 du 24-08-2009

  

ECONOMIE - Coopération : Les partenaires suspendus à Maputo II

Enregistré dans : Actus Madagascar — Josielle @ 10:10

Les bailleurs de fonds attendent l’issue de Maputo II avant de reconsidérer leur position, par rapport à la situation politique malgache.
Maputo I ne constitue pas encore une garantie tout risque pour les partenaires techniques et financiers de Madagascar. Ils veulent attendre les résultats du deuxième sommet dans la capitale mozambicaine, censés mettre en place une transition consensuelle et inclusive, avant de reconsidérer leur position.
« Les avocats de la Banque mondiale vont étudier la situation après Maputo II. Ce n’est qu’après que la Banque (mondiale) va prendre des décisions », a indiqué Lilia Burunciuc, chargée de programme Madagascar à la Banque mondiale, jeudi, au siège de l’Institution de Bretton woods, à Washington.
Après la prise de pouvoir par Andry Rajoelina, président de la Haute autorité de la transition (HAT), les partenaires techniques et financiers de Madagascar, ont modifié leur programme. Les bailleurs de fonds ont, soit suspendu, soit supprimé leur programme à Madagascar.
À entendre Lilia Burunciuc, les bailleurs de fonds comme la Banque mondiale, restent sur une position prudente, malgré la signature des « Accords de Maputo », au début du mois d’août sur la gestion d’une transition consensuelle et inclusive.
« Pour l’instant, je ne peux pas me prononcer sur l’avenir », a-t-elle répondu à la question du calendrier, de la possibilité de reprise de l’ensemble du programme de la Banque, pendant la transition ou après la mise en place des institutions de la IVe République.
Sommet à enjeux
A l’heure actuelle, les interventions de la Banque mondiale se limitent à trois domaines. Il s’agit de la nutrition, de la lutte contre le VIH Sida ainsi que de la sécurité alimentaire, par l’intermédiaire du Fonds d’intervention pour le développement (FID).
La position de la Banque mondiale n’est pas isolée par rapport à la situation politique à Madagascar. A entendre Jocelyn Radifera, ambassadeur de Madagascar aux États-unis, le gouvernement américain se montre également prudent sur la situation malgache. « Quand je discute avec les responsables gouvernementaux, la réponse est pour l’instant la même : on verra », a rapporté le chef de la mission diplomatique, concernant l’éventualité d’une reconsidération de la politique malgache par l’administration Obama.
Interrogé sur la possibilité d’une reprise de l’ensemble des programmes américains, comme l’Africa growth and opportunity act (AGOA), relatif à la dérogation accordée aux pays africains pour l’importation de matières textiles, ou encore le Millénium challenge account (MCA), Jocelyn Radifera avoue son incapacité à anticiper la réponse. « Mais à mon avis, si Maputo II est exécuté, je crois à la reprise des programmes », a-t-il lancé.

Exytait l’Express de Madagascar - Edition n° 4392 du 24-08-2009
 

22 août 2009

Notes du passé - Des noms ethniques d’origine contestée

Enregistré dans : Actus Madagascar — Josielle @ 12:30

Si les Sihanaka occupent la longue dépression étendue jusqu’au fleuve Mangoro, les Bezanozano s’insèrent entre la grande forêt orientale et les pentes du plateau central. En 1804, le naturaliste Chapelier est le premier à orthographier leur nom que G. Fontoynont traduit par «beaucoup de brins d’herbe». Ils prendraient ainsi leur nom des broussailles et herbes qui couvrent leur pays.
Ellis de son côté traduit le mot par «beaucoup de petits tas», allusion, croit-il, à «l’état d’anarchie dans lequel ce peuple vivait jadis». Un peu plus tard, le père Abinal estime qu’il s’agit d’un «peuple qui a beaucoup de rejetons», et le Rev. Jorgenson d’un «peuple de la brousse». Le commandant Noël, quant à lui, voit dans l’origine du terme un arbuste appelé «zano» qui abonde dans la vallée du Mangoro. Le Rev. Richardson donne une traduction analogue, en la faisant suivre toutefois d’un point d’interrogation.
«Aucune de ces interprétations n’est bien satisfaisante. En particulier, la plante signalée par Noël ne se nomme pas zano mais zahana et, en tout état de cause, on ne peut comprendre pourquoi cette prétendue racine aurait été redoublée pour former le nom de la tribu», conteste pour sa part Raymond Decary.
A. Grandidier, se basant sur le mot «zanozano» ou «zanozanokazo» (petits bouts de branches) ou sur le genre de coiffure formé d’innombrables petites tresses de cheveux, traduit leur nom par «beaucoup qui ont de petites tresses». Celles-ci peuvent être en effet assimilées à de petits rameaux. Berthier va aussi dans ce sens. De même Decary.
Ce dernier se reporte au nom primitif de la région, Ankay, et de ses habitants, Antankay, le mot «hay» ayant le sens de découvert, dénudé, dont la végétation est détruite par le feu. Et «la haute et moyenne vallée du Mangoro est demeurée un océan d’herbes qui jaunissent en saison sèche alors qu’au contraire, les Bezanozano- tous les hommes et une grande partie des femmes- ont modifié leur coiffure: les premiers portent les cheveux ras et les femmes les tressent d’une façon qui les rapproche plus ou moins de celles des Merina».
Un peu plus loin, à l’est du Betsileo, la grande forêt entre les hautes vallées du Sakaleona et du Matitanana, vivent les Tanala. L’origine de leur nom ne présente aucune difficulté. Ce sont des «gens de la forêt», appellation qui s’explique par le fait qu’ils vivent en majorité dans la forêt et de ses produits. Selon Ardant du Picq, ils sont capables de citer les noms de 300 arbres dont ils connaissent les particularités et les remèdes qu’ils peuvent procurer. Le même sens est donné par le père Tastevin qui ajoute que «ala» est aussi le nom de la forêt en wolof donc un mot africain.
Cantonnés sur les bords du Haut-Manampatrana au pied des montagnes et bien que se rapprochant des Tanala, les Sahafatra ont formé autrefois un petit groupe indépendant. Pour Decary, leur appellation «gens des clairières» est tirée de la nature de leur contrée (espace découvert en forêt).
Plus au Nord, les Betsimisaraka, deuxième en importance après les Merina, vivent le long de la côte orientale entre les rivières Bemarivo et Mananjary. D’après la tradition, le chef Ratsimilaho attribue vers 1700 ce nom de «nombreux inséparables» à l’ensemble des clans qui ont peuplé la région entre la baie d’Antongil et la rivière Iranja. Il les réunit en une sorte de confédération pour lutter contre ses ennemis du Sud, dirigés par le chef Tsikoa. Ces derniers vaincus, il leur impose le nom de Betanimena. C’est à la suite de cette victoire que Ratsimilaho est proclamé roi sous le nom de Ramaromanompo, «le seigneur qui a beaucoup de serviteurs».
Aujourd’hui, les Betanimena sont englobés dans les Betsimisaraka. Leur nom original est Tsitambala, «ceux que les palissades n’arrêtent pas». Et en fait, le nom que leur a donné Ratsimilaho est un sobriquet rappelant la prise de Fenoarivo. Au cours du siège de cette localité, Ratsimilaho fait mine de se retirer et les Tsitambala sortent pour ensemencer leurs rizières, pataugeant la terre rouge. C’est là que le volte-face de Ratsimilaho les surprend et ils doivent s’enfuir tout englués d’argile rouge.
Les Betsimisaraka sont parfois appelés par les Merina, Ambanivolo, «ceux qui sont sous les bambous», ou Ambaniravinkazo, «ceux qui sont sous les feuilles», par allusion à la nature boisée de leur pays et par opposition à Ambanilanitra, «ceux qui sont sous le ciel», nom attribué aux Merina eux-mêmes.

Extrait l’Express de Madagascar - Edition n° 4390 du 21-08-2009

21 août 2009

Economie - Exploitation illicite « légalisée » de bois précieux : « Plus de 60 millions de dollars de perte au cours des sept derniers mois »

Enregistré dans : Actus Madagascar — Josielle @ 9:47

Le pillage en règle de nos ressources forestières inquiète au plus haut point l’Association des Ingénieurs Forestiers de Madagascar (AIFM). Les 115 personnes issues du secteur privé, de la société civile et de l’administration publique se sont réunies le 17 juillet dernier, à Ambatobe, pour accoucher d’un bilan accablant  S’appuyant sur cette réunion d’urgence des gens du métier, le Président de l’AIFM, Ndranto Razakamanarina, hausse carrément le ton au cours d’une interview pour fustiger le système qui permet d’opérer en toute légalité tout en étant illicite.
Midi Madagasikara : La dernière réunion de l’AIFM n’a été guère tendre envers l’Etat malagasy et surtout envers les trafiquants devenus de plus en plus nombreux dans le secteur. Que reprochez-vous exactement aux différents responsables ?
Ndranto Razakamanarina :
« La disparition à court terme de notre patrimoine forestier et de notre biodiversité nationale est en train de devenir une dure réalité. Il est logique que l’Association des Ingénieurs Forestiers que je préside, entend y mettre le holà en indiquant la marche à suivre au cours d’une réunion à Ambatobe. »
Midi : Peut-on savoir la goutte qui a fait déborder le vase ?
N.R. : « Les chiffres sont accablants puisque Madagascar accuse plus de 60 millions de dollars de perte rien qu’au cours des sept derniers mois et portant notamment sur l’exploitation illicite mais légalisée de bois de rose et de bois d’ébène. Un pillage en règle qui fait fi des devoirs auxquels sont astreints les forestiers de service pour ne citer que la conservation, la préservation de la biodiversité, l’écotourisme, la lutte contre l’érosion et les catastrophes naturelles. »
Midi : Quelle solution préconise l’AIFM ?
N.R. : « Ce n’est pas du tout sorcier car dans ce secteur, on connaît qui fait quoi et si le mal subsiste, c’est parce qu’il y a des agents véreux et assez souvent des hauts responsables qui ne connaissent rien dans le secteur et se contentent parfois de magouiller. Raison pour laquelle, l’AIFM réclame aujourd’hui la dépolitisation de l’administration forestière tout en donnant tous les postes aux techniciens intègres et efficaces et non à des politiciens dénués d’âme forestière et de conscience environnementale. »
Midi : Que peut-on tirer d’une situation redevenue normale dans le secteur forestier ?
N.R. : « La simple exploitation légale, durable et équitable des ressources forestières peut renflouer régulièrement la caisse de l’Etat d’au moins 250 millions de dollars US par an tout en permettant de faire perdurer des dizaines de milliers d’emplois pour la population malagasy. C’est dire combien ce secteur est important, or, il subsiste encore des freins, notamment le manque de moyens et de personnel  de l’administration forestière pour pouvoir appliquer la politique de bonne gouvernance et de gestion durable des ressources forestières. Comme la crise actuelle a enfoncé davantage le clou avec la suspension de l’aide internationale, la situation devient intenable. On ne peut pas se taire en voyant l’énorme attribut octroyé, illicitement légalisé, à quelques individus dont les pratiques vont à l’encontre de la préservation du patrimoine national. C’est révoltant ! ».

Extrait Midi Madagasikara - Parution N°7913 du 21-08-2009

Société - Catastrophe de Foulpointe : L’USAID au chevet des sans abri

Enregistré dans : Actus Madagascar — Josielle @ 9:38

L’Agence Américaine pour le Développement International (USAID) annonce ce jeudi 20 août 2009 qu’elle va fournir des bâches en plastiques ainsi que du matériel de construction. Ces dons serviront de logement temporaire à la disposition des quelque 2.800 sans-abris victimes de l’incendie dévastateur à Foulpointe cette semaine.

Une cinquantaine de rouleaux de bâches en plastique d’une valeur de 20 000 USD pour abriter les 555 ménages dont les maisons ont été détruites ainsi que des rations alimentaires et des articles ménagers seront distribués par le biais du partenaire de l’USAID, CARE International, avec l’appui du Catholic Relief Services (CRS).

Le gouvernement américain intervient face aux crises à travers le Bureau de l’USAID chargé de l’Aide à l’Etranger en cas de Catastrophes (OFDA) qui a récemment engagé plus de 1 million de dollars à titre de secours et d’aide à la reconstruction suite au passage des cyclones Jade et Fanele, en plus du soutien continu qu’il apporte aux victimes de la sécheresse dans le sud de Madagascar.

Extrait Madagascar Tribune - vendredi 21 août 2009

20 août 2009

RéGION - Foulpointe : Misère des victimes de l’incendie

Enregistré dans : Actus Madagascar — Josielle @ 9:44

La ville de Foulpointe a complètement changé de visage après l’incendie du 17août dernier. La reprise s’avère difficile selon la possibilité des victimes. Tous les sinistrés doivent repartir à zéro.
Le plus dur ne fait commencer pour les victimes de l’incendie survenu à la station balnéaire de Mahavelona-Foulpointe . Le pire reste à venir aussi bien pour les gros commerçants et leurs clients dont l’habitation a été consumée.
La reprise semble être difficile malgré le réconfort des autorités et des associations. Les aides matérielles accordées à la population sont loin d’être suffisantes pour refaire une vie normale. Encore, nombre de sinistrés sont pessimistes pour ce qui est de la distribution des dons.
« Que les responsables changent de pratique. Que les dons arrivent entre les mains des destinataires », déclare Elisabeth, mère de famille habitant la parcelle n°3. Elle est doublement indignée après le désastre. « Ma maison fait partie des dernières à être consumées. Avec l’aide de mes proches, j’ai quand même pu sauver mes biens, mais les profiteurs ne m’ont laissé même pas une cuillère », se lamente -t-elle.
Le Bureau national de gestion de risque et catastrophes (BNGRC) rassure la population locale. « Des responsables du bureau sont déployés sur place pour contrôler la répartition des dons et constater les éventuelles difficultés des sinistrés », déclare Louis De Gonzague Rakotonirainy, secrétaire exécutif du BNGRC.
Jusqu’ici, les sinistrés semblent partager les mêmes soucis: le redémmarage des activités et la reconstruction du quartier « commercial » de Foulpointe où ils sont implantés et la déception pour la perte considérable pour cette saison touristique. Aussi, la majorité des victimes se plaint avoir perdu leur épargne dans l’incendie. La pratique de bas de laine étant très courante malgré l’installation des institutions de microfinance dans la ville.
D’un côté, la capacité de reconstruire est tout à fait différente. Les plus aisés peuvent bénéficier de l’aide de leurs connaissances et de leur influence au sein des institutions bancaires. Cependant, les plus nécessiteux ne peuvent même pas se permettre d’acheter le minimum de matériels pour reprendre une vie normale, encore moins de reconstruire leur cabane faite de matières végétales.

La déception de Mopack
« Tout est à refaire pour les victimes de l’incendie. La haute saison touristique ne profitera sûrement pas aux sinistrés », déclare Philibert Mopack, commerçant à Mahavelona-Foulpointe. Son local et son domicile ont été rasés par le feu, lundi. « On est obligé à reconstruire parce que c’est notre activité principale. Par contre, on ignore par quel moyen va-t-on parvenir », dit-il.
Ce père de famille n’était pas sur le lieu au moment où le feu a ravagé sa propriété. «J’étais à Fénérive-Est quand mon épouse m’a appris le malheur qui nous est arrivé. La seule chose qui m’a consolé c’est qu’elle a pu sauver notre fille âgée de 4 ans qui restait avec elle ce jour-là», dit-il.

Vahoaka Clairine “Je ne retournerai pas en brousse”
Clairine (Claire pour ses proches) est complètement défaite après le drame qui lui est survenu. Cette gargotière et revendeuse de poulets a vécu un cauchemar, lundi. En déplacement à Ambohimanarivo, un petit village situé à la périphérie de Foulpointe pour s’approvisionner, elle a appris la mauvaise nouvelle sur la route de retour.
«Je dois repartir à zéro, avec ou sans l’aide de mes proches. Quoiqu’il y en soit, je ne pense pas retourner en brousse parce que je ne suis plus habituée à travailler la terre», exhorte Clairine.
Lundi, vers 16 heures, Claire regardait avec désolation les restes de sa case en «falafa» qui lui sert en même temps d’habitation et de point de vente. Outre les morceaux des bois que le feu n’a pas pu réduire en cendre, il ne lui restait qu’un coq, seul rescapé de sa basse-cour.

La Jirama réhabilite son réseau
«Les abonnés ne peuvent pas attendre et l’éclairage public doit être une priorité, surtout en cette période», déclare Jean Noël Andrianambinina Betsileo, directeur Inter-Régional de la Jirama Toamasina. «Tout sera remis à l’ordre dans 13 jours, y compris le branchement», poursuit-il.
203 millions d’ariary. Cest le coût estimé pour la réhabilitation du réseau électrique de la Jirama, après le lundi noir de Foulpointe. Cinq kilomètres de câble, 30 poteaux en bois à remplacer par des matériaux plus costauds. Tout ce travail attend l’équipe de Jean Noël Andrianam-binina Betsileo.
Mardi à l’aube, c’est à dire quelques dizaines d’heures après l’accident, des hommes en combinaison bleue embarqués sur des véhicules de couleur orange de la société Jirama commencent à poser les poteaux en béton. «La Jirama prône la politique de normalisation, c’est pourquoi on s’efforce de mettre en place des infrastructures plus solides», annonce Jean Noël Betsileo.

Extrait l’Express de Madagascar - Edition n° 4389 du 20-08-2009

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