2009 février

18 février 2009

Economie - SECTEUR HOTELLERIE : Vers un licenciement du personnel

Enregistré dans : Actus Madagascar — Josielle @ 11:16

Madagascar devient une zone rouge pour les touristes étrangers à cause de la crise politique actuelle. 

Quand on parle du secteur du tourisme, c’est le chaos total, même dans les sites touristiques les plus appréciés par les visiteurs en raison de cette crise qui prévaut dans le pays. A Taolagnaro qui devient maintenant un pôle de croissance économique avec l’avènement du grand projet minier QMM, les établissements hôteliers n’arrivent plus à fonctionner normalement faute de clients. Du coup, ils sont obligés de licencier leur personnel, atteignant des dizaines d’employés par société, a-t-on appris de source auprès de la Chambre du Commerce et d’Industrie sur place.

Réduction du nombre de vols

Au niveau des Tours Opérateurs, de nombreuses réservations des touristes prévues pour le mois prochain sont toutes annulées. En deux semaines, aucune voiture de location n’a été mobilisée pour réaliser le circuit dans le Sud. Pourtant, la situation politique est encore calme dans la région de l’Anosy. En fait, Madagascar devient une zone rouge pour les touristes étrangers compte tenu de la situation politique actuelle. Même les compagnies aériennes ont réduit presque de moitié le nombre de leurs vols desservant Fort-Dauphin faute de passagers. Regroupé avec Toliara, on n’y enregistre plus maintenant que 3 vols par semaine au lieu d’un vol par jour. Les acteurs de développement locaux se plaignent car de nombreuses promotions de la destination Sud ont été effectuées à l’extérieur pour attirer les touristes. Ces efforts sont restés vains à cause de la crise actuelle. Les opérateurs pénalisés réclament à tout prix que celle-ci soit résolue le plus vite possible.

Extrait Midi Madagasikara - Parution N° : 7762 du 18 février 2009

 

16 février 2009

JACARANDA RETIRE SA PUBLICITE DU SITE Madagate

Enregistré dans : Actus Madagascar, Mot d'Humeur — Josielle @ 12:31

 

LEUR LIGNE EDITORIALE NE CORRESPONDANT PLUS AUX DIMENSIONS SOCIALES PRECONISEES LORS DE SA CREATION, NOUS AVONS OFFICIELLEMENT DEMANDE LE RETRAIT DE NOTRE PUBLICITE DU SITE MADAGATE 

14 février 2009

Economie - Les travailleurs réagissent :« Laissez-nous travailler en paix! »

Enregistré dans : Actus Madagascar — Josielle @ 13:31

Face à la situation qui prévaut dans le pays, une association des travailleurs a été créée par une trentaine de fondateurs. Elle regroupe les fonctionnaires, les employés de la zone Franche et du secteur privé ainsi que les opérateurs se lançant dans une profession libérale. Se sentant victimes depuis ces derniers temps par les troubles, ils réagissent et clament à haute voix: « Laissez-nous travailler en paix car cela met l’économie en ruine! », lors d’une conférence de presse organisée hier. En fait, ces travailleurs dénoncent qu’ils ne peuvent pas remplir normalement leurs tâches en raison des menaces infligées à certains d’entre eux.

Salaire réduit de moitié

Pour les employés dans la zone Franche, les impacts sont considérables et touchent consécutivement la vie des ménages. «  Nos patrons ferment leurs usines depuis quelques jours suite aux menaces et nous ne disposons plus des heures supplémentaires à cause du couvre-feu », a témoigné Berthe, une représentante au sein d’une entreprise franche. Du coup, leur salaire est maintenant réduit de moitié passant de 120 000 Ariary à 60 000 Ariary. Côté fonctionnaires, ils démentent que la plupart d’entre eux sont en grève. Au contraire, 90% des agents de l’Etat occupent leurs postes mais terminent tôt dans l’après-midi en raison de l’insécurité et du problème de transport pour rentrer chez eux. Ils promettent cependant qu’ils fonctionneront bientôt aux heures normales pour ne pas pénaliser les usagers en matière de fourniture de services publics.

Soutien au Président

Dans la foulée, ces travailleurs issus des différents secteurs manifestent qu’ils soutiennent le Président de la République Marc Ravalomanana, élu démocratiquement. De nombreux avantages ont été reçus par les fonctionnaires durant ce régime, telle la perception pour la première fois d’une indemnité d’installation à la retraite, le secours d’essai équivalant à 12 mois de salaire, l’augmentation à 12 fois de plus l’indemnité de déplacement et bientôt les logements des fonctionnaires. Les employés privés veulent à tout prix la stabilité sinon ils vont perdre leur boulot. Raison pour laquelle, ils mobilisent tous leurs pairs à défendre la légalité tout en les sollicitant à travailler dans la sérénité en tant qu’acteurs principaux de développement. Ils se donnent ainsi rendez-vous ce jour au palais de Mahamasina pour exprimer ouvertement leur choix.

Extrait Midi Madagasikara - Parution N° : 7759 du 14 février 2009

ECONOMIE - CONJONCTURE ECONOMIQUE : Le secteur privé prépare une réplique

Enregistré dans : Actus Madagascar — Josielle @ 13:23

Les opérateurs veulent interpeller les politiciens sur les méfaits de la crise sur l’économie. Des patrons réfléchissent sur la stratégie à adopter.
Le secteur privé est la principale victime de la crise politique. Tous les secteurs d’activité subissent de plein fouet les impacts des violences et de la perturbation des activités économiques. Lors de la rencontre avec les représentants de la Commission de l’océan Indien (COI) jeudi, les opérateurs ont manifesté leur désir de montrer le poids du secteur privé, qui représente plus de 500 000 salariés. C’est la majorité silencieuse et principale victime du ralentissement des activités économiques dans tout Madagascar.
« L’idée consiste à organiser quelque chose dans le cadre d’une grande coalition des opérateurs, en dehors des groupements d’entreprises. Nous sommes encore au stade des consultations et rien n’est encore fixé sur ce que nous allons faire », revèle le directeur géneral d’une société implantée dans la capitale.
Le tourisme en chute libre
Le bilan actuel des deux semaines de crise dépasse déjà largement le seuil d’alerte. Dans plusieurs secteurs, le ralentissement des activités perturbe la trésorerie des entreprises. C’est le cas des sociétés de transport qui sont parmi les premières à souffrir de l’arrêt de certains projets. Il y a également l’hôtellerie dont le taux d’ocupation chute à 10 % dans la capitale et jusqu’à 0 % dans les provinces. Les sites touristiques habituellement très fréquentés comme l’Isalo sont désertés par les visiteurs.
« Trois touchers prévus au port de Toamasina par des navires de croisière sont annulés en deux semaines. Les pertes pour les opérateurs du tourisme sont déjà énormes et à ce rythme, la saison 2009 s’annonce catastrophique », déclare Eliane Andrianjatovo, président du Groupement interprofessionnel du tourisme à Toamasina.
Quelle que soit l’issue de ce bras de fer politique, les pertes économiques sont déjà énormes et 2009 est déjà une année perdue d’avance pour les entreprises. La perturbation de l’appareil administratif constitue également une menace car l’Etat est le plus grand client pour des centaines d’entreprises.
A ce rythme, le lancement des marchés publics prévus pour cette année risque d’être compromis. Un blocage du financement des bailleurs de fonds constitue également un coup dur dans cette optique.

Extrait l’Express de Madagascar - Edition n° 4235 du 14-02-2009

Notes du passé - Un roi ment dans l’intérêt de son peuple

Enregistré dans : Actus Madagascar — Josielle @ 13:21

Alors que la finition du Palais de Soanierana tarde- il ne sera jamais terminé ! - Radama s’attaque à la colline d’Ambohijanahary jusqu’à Fiadanana pour en faire une vallée où construire de belles maisons et où créer un beau champ.
Raser une colline aussi haute et sans engins tue et le comprenant, Radama remet un jour de l’argent aux hommes qui y travaillent et leur accorde la permission de rentrer chez eux «pour laver vos vêtements et rejoindre vos épouses». Il leur suggère aussi de demander aux gens ce qu’ils ne supportent pas en leur roi.
Quand ils reviennent, ils rapportent ce que le peuple se dit. «Les Vazaha ont pris notre force… Ils nous obligent à rabaisser des hauteurs et nous devons creuser dans le roc. Si nous y arrivons, mais y parviendrons-nous ?… Mais qu’a donc fait Laidama de l’argent qu’il a collecté auprès de nous ? Rémunérer les Vazaha qui ne font rien ?…» Certains estiment même que les travaux d’Ambohijanahary doivent cesser. En entendant ces doléances que nul sujet n’osera jamais lui dire en face, Radama décide de suivre cette dernière idée, car «le peuple a raison, il est fatigué». Mais il ne va pas le faire d’un seul coup pour ne pas éveiller les soupçons des Vazaha.
Il rassemble ses sujets et se montre en colère, affirmant que l’arasement de la colline se fera quoiqu’il arrive, puisqu’il a des milliers d’hommes forts. Et d’accuser les uns de vouloir mettre les hommes vigoureux à genoux en les faisant trimer, reprochant aux autres d’interdire à leurs chefs et hauts responsables de participer aux travaux… Il termine son kabary en les renvoyant tous chez eux, chaque territoire ayant une semaine pour donner sa part de main-d’œuvre.
La semaine écoulée, Radama réunit à nouveau son peuple et lui annonce qu’il va procéder au recensement de ses hommes les regroupant par 1 000, 100 et 10 par territoire «pour mieux organiser le travail afin qu’il se fasse de manière plus rationnelle et plus rapide». Mais en fait, il s’agit de donner le change aux Vazaha car les travaux d’arasement de la colline ne dureront pas. Et au bout de 5 jours, le roi offre un repas à tous les responsables des travaux pour leur expliquer toutes les décisions qu’il a prises.
D’abord, la taxe qu’il a collectée par nombre d’esclaves au service de chaque noble ou homme libre servira à acheter diverses marchandises qu’il a commandées auprès des Vazaha. Mais celles-ci tardent à arriver. Radama veut remettre cette somme à différents responsables territoriaux qui se chargeront de la conserver jusqu’à l’arrivée des produits commandés. Ensuite, «vous annoncerez à vos hommes que les travaux d’Ambohijanahary vont cesser». Mais comme les Vazaha ne doivent pas connaître cette décision, l’arrêt des travaux se fera progressivement à raison de 100 hommes par jour et par territoire.
Quinze jours plus tard, Radama rassemble une fois de plus son peuple, à Andohamandry, pour lui remettre officiellement l’argent des marchandises commandées, en lui précisant publiquement qu’il le reprendra dès que les produits seront sur place. Il lui annonce par la même occasion les activités urgentes à entreprendre : couper du bois dans la forêt de l’Est pour accélérer la construction du palais de Soanierana.
À Legros, maître d’œuvre, le roi déclare : «J’ai déjà réparti les travaux à accomplir par mes sujets à Ambohijanahary. Mais auparavant, je les envoie couper du bois pour accélérer la construction du Palais de Soanierana. Car si je ne suis pas sur place, ils feront traîner les travaux à Ambohijanahary».
Finalement, c’est Legros qui arrête tout. Jugeant qu’il perd son temps, il décide de rentrer en France, laissant son adjoint Casimir surveiller la construction d’un Palais qui ne verra jamais le jour.

Extrait l’Express de Madagascar - Edition n° 4235 du 14-02-2009

12 février 2009

Economie - Les recettes ne couvrent plus les versements

Enregistré dans : Actus Madagascar — Josielle @ 11:12

Taxis-ville. Les taximen tout comme les autres acteurs effectuant une profession libérable sont victimes de cette crise politique. 

« Nous voulons la paix et le retour à la vie normale ». C’est ce que réclament à haute voix les chauffeurs de taxis-ville dans la Capitale. En effet, ils se sentent tellement victimes de la situation politique qui prévaut depuis des semaines dans le pays. « Les recettes obtenues dans la journée ne nous permettent plus de couvrir les versements d’une valeur de Ar 10 000 à payer au propriétaire de la voiture », a témoigné Jérôme, un chauffeur de taxi. Le nombre des clients a diminué considérablement.

Rareté des clients

Raison pour laquelle, les taximen préfèrent garer leurs voitures devant le stationnement qui leur est réservé pour attendre les clients au lieu de rouler partout. Cela permet en plus d’économiser autant que possible les carburants. « Même si les prix des carburants ont connu une baisse, cela n’arrive pas à résoudre nos problèmes parce que ce sont les clients eux-mêmes qui ne viennent pas », nous a-t-il confié. Et lui de rajouter que c’est rare de trouver plus de deux passagers en une journée. Quant à Herinaivo, un autre taximan en plein centre ville, il doit encore 35 000 Ariary à son patron, soit les versements pour plus de trois journées, faute de suffisance de recettes enregistrées. Mais hier vers 17heures, il n’a gagné qu’un bénéfice de Ar 3 000.

Couvre-feu

« J’ai dû aménager mon revenu afin de payer les écolages de mes enfants tout en réglant une avance de mon loyer à la fin du mois », a-t-il raconté. Maintenant, « le propriétaire de notre maison commence à  faire un pré-avis pour nous renvoyer », s’est -il encore exprimé,et ce, dans un état de détresse. En fait, cette crise politique a des impacts négatifs considérables pour les taximen à l’instar des autres acteurs qui effectuent une profession libérale ainsi que ceux victimes des actes de vandalisme et de pillage. Ces premiers même, les chauffeurs de taxis sortant la nuit sont obligés de travailler dans la journée en raison du couvre-feu. Quand est-ce que la situation va revenir à la normale ? se demandent-ils.   

Extrait Midi Madagasikara -  Parution N° : 7757 du 12 février 2009

ECONOMIE - INVESTISSEMENT : Daewoo pourrait renoncer à son projet

Enregistré dans : Actus Madagascar — Josielle @ 11:10

Le groupe sud-coréen Daewoo Logistics pourrait renoncer à son projet de plantation de maïs et de palmiers à huile à Madagascar. L’information a été annoncée au cours d’une conférence de presse donnée mardi par la compagnie à son siège à Séoul, capitale de la Corée du Sud.
La chute du cours mondial du maïs a été avancée comme principale raison de sa décision. Il y a également l’instabilité politique qui règne à Madagascar depuis près de deux semaines.
« La faiblesse du prix du maïs et les difficultés des conditions de financement ont rendu le projet moins attrayant. Pour l’instant, nous comptons surtout retarder son démarrage », a annoncé Shin Dong-hyun, en charge du projet.
Pour l’heure et officiellement, les études de prospection sont terminées et les Coréens ont remis leur business plan au gouvernement malgache. Ils attendent la réponse de ce dernier. Selon l’agence de presse Reuters, ce plan comporte un projet d’investissement de 6 milliards de dollars qui s’étale sur 25 ans pour la construction de routes, d’un port et d’écoles.
Le projet de Daewoo Logistics concerne une plantation massive de maïs et de palmiers dans des régions de l’Est et du Sud-ouest malgaches. La firme sud-coréenne compte louer en bail emphytéotique un terrain de 1,3 million d’hectares, mais les conditions d’acquisition en ont été au cœur d’une vaste polémique qui a intéressé de nombreux médias internationaux et locaux et le projet est ensuite devenu un cheval de bataille du camp Andry Rajoelina.

Extrait l’Express de Madagascar - Edition n° 4233 du 12-02-2009

11 février 2009

CHRONIQUE DE VANF - C’est nous !

Enregistré dans : Actus Madagascar — Josielle @ 12:01

«Le Secrétaire Général des Nations-Unies lance un appel à l’autorité de traduire les responsables (des dégâts et des pertes de vie) en justice. Ces responsables viennent des deux côtés ». Voilà, textuellement, la déclaration faite à la presse malgache par l’émissaire de Ban Ki-Moon, au palais d’État d’Iavoloha, le 9 février 2009. De son côté, le Conseil Oecuménique des Églises chrétiennes (FFKM), par la voix unanime des quatre chefs d’église, attribue la responsabilité solidaire des événements du samedi 7 janvier aux deux parties.
Ces voix de la raison doivent indiquer la voie médiane sur laquelle s’engagera volontiers avec eux la majorité silencieuse de Madagascar. Pour la première fois à Madagascar, le concept de majorité silencieuse émerge véritablement. Par nature, elle ne se compte pas et n’a pas non plus propension à défiler dans la rue pour manifester son existence. Sa parole circule, doucement mais sûrement, sur différents forums Internet. Sa principale faiblesse réside dans son anonymat. La majorité silencieuse est sans doute ce scrupule qui empêchera à l’avenir que ne se reproduisent par cycle, de plus en plus rapproché, des crises comme 1972, 1991, 2002 et 2009.
La majorité silencieuse aspire à une chose parfaitement banale : qu’on lui foute la paix ! Elle n’a pas à subir le terrorisme intellectuel, ni d’une minorité retranchée dans la tour d’ivoire d’un pouvoir autiste, ni d’une autre minorité de la rue, aux relents de dictature du prolétariat. La majorité silencieuse peut opposer sa force d’inertie aux oukases des uns ou au bolchevisme des autres. Sa résistance morale se déroule au quotidien, et dans le quotidien : déposer normalement les enfants à l’école, poursuivre normalement le travail, faire normalement les courses, faire normalement confiance aux autorités légales et aux forces de l’ordre pour la sécurité des biens et des personnes, vaquer normalement aux diverses occupations et loisirs de la vie, suivre tranquillement le calendrier électoral, et s’en remettre sereinement au verdict d’élections « organisées selon les normes européennes ».
C’est le message de la majorité silencieuse à l’ensemble de la classe politique malgache. Nous sommes cette quinzaine de millions qui ne voit pas la vie selon un manichéisme réducteur. Entre le noir et le blanc, nous voulons avoir le choix dans toute la palette qu’offre l’arc-en-ciel. Nous revendiquons de pouvoir rester parfaitement indifférents à tous les protagonistes. Nous concevons la démocratie comme justement cette liberté laissée à tout le monde de ne pas être d’accord avec personne. Sauf sur le plus petit dénominateur commun de notre désir de paix civile.
L’émissaire des Nations-Unies et les chefs d’église ont exprimé solennellement les non-dits de la majorité silencieuse. Les médias internationaux seraient avisés de relativiser leur généralisation simplificatrice : nous sommes au moins un million de Tananariviens à nous être pris en main, malgré les pillages, malgré le couvre-feu, malgré les fusillades, malgré les incitations à la désobéissance civile, malgré l’abandon des autorités légales. Un jour, on pourra écrire qu’en 2009, à Madagascar, une vague de « ni, ni » s’était levée et que c’était nous.

Extrait l’Express de Madagascar - Edition n° 4232 du 11-02-2009

Economie - Tourisme : Les réservations du 1er trimestre annulées

Enregistré dans : Actus Madagascar — Josielle @ 11:45

Des milliers de personnes risquent de se retrouver au chômage technique dans les prochaines semaines à moins qu’il y ait une issue dans cette crise. 
La crise politique que traverse le pays est loin d’être bénéfique pour le tourisme et pour l’économie du pays en général. L’on apprend alors du Président du Conseil d’Administration de l’office National Malgache du Tourisme, Joël Randriamandranto, que les réservations pour les mois de janvier, février et mars sont pratiquement toutes annulées. Ce qui veut dire qu’aucun touriste ne viendra dans la Grande île durant le premier trimestre de cette année.

Chômage technique

La situation est critique pour le tourisme puisque les échos de ces troubles sur le plan international ne jouent guère en faveur de la destination. Conséquence de ce manque de clients, les établissements hôteliers, d’après encore le Pca de l’Ontm, ont commencé à mettre leur personnel en chômage technique et les tours opérateurs ne vont pas tarder à le faire si la crise reste sans solution. Il faut noter qu’à Nosy Be, les promoteurs touristiques font savoir que les infrastructures hôtelières de l’île au parfum sont en ce moment fermées à 95%.
Sur le plan de la promotion, l’Ontm affirme qu’il continue à rassurer les partenaires du pays à l’extérieur. «La saison peut encore être sauvée si la crise s’arrête très rapidement», avance M Joël Randriamandranto qui ajoute que jusqu’à présent, et heureusement, aucun touriste n’a été touché ni blessé.
Quoi qu’il en soit, l’Ontm tient, par l’intermédiaire de son PCA, à réaffirmer qu’il y a intérêt à ce que cette crise prenne fin très rapidement. «Cette crise, si elle perdure risque de mettre toute l’économie du pays en ruine», avertit M Joël Randriamandranto. Crise financière aidant.
Par ailleurs, l’on apprend toujours au niveau de l’Office National du Tourisme de Madagascar que les promoteurs du secteur maintiennent leur participation aux salons internationaux du tourisme.

Promotion extérieure

Une délégation de professionnels malgaches ira par exemple à Milan dans le cadre de la Bourse Internationale du Tourisme ou BIT Milan, qui se tiendra dans cette ville italienne dans une dizaine de jours. M Joël Randriamandranto de déclarer que la présence de Madagascar dans ces grands rendez-vous des professionnels du tourisme jouera un rôle très important dans le contexte actuel. Si les opérateurs annulent leur participation à ces salons, ceci équivaut à une disparition de la destination des catalogues des organiseurs de voyages, a-t-il expliqué. Et de poursuivre, ce sera une occasion de rassurer les partenaires et les clients, qui se posent en ce moment beaucoup de questions sur Madagascar. Ce fut d’ailleurs le cas lors du salon Fitur de Madrid qui s’était déroulé dans cette ville espagnole du 28 janvier au 1er février dernier.  

Extrait Midi Madagasikara - Parution N° : 7756 du 11 février 2009

ECONOMIE - Joël Randriamandranto : « La promotion de la destination Madagascar tombera à l’eau »

Enregistré dans : Actus Madagascar — Josielle @ 11:39

Le président du Conseil d’administration de l’Office national du tourisme (ONTM) donne son avis sur le tourisme.
• Pouvez-vous faire un état des lieux du secteur tourisme par rapport à la situation actuelle ?

Pour le premier trimestre de l’année, on peut dire que le secteur tourisme est vraiment touché de plein fouet. Actuellement, les hôtels affichent un taux d’occupation de 0,5% à 10% au maximum. A Nosy-Be par exemple, 95% des infrastructures d’accueil sont fermées, faute de clients. Comme conséquence, les hôteliers ont procédé au chômage technique. Ce phénomène risque de s’étendre à d’autres domaines du secteur tourisme, dont les tours opérateurs.

• La saison touristique est-elle donc perdue ?

Des annulations de voyages vers Madagascar ont été effectuées auprès des revendeurs. Mais, elles ne concernent que la basse saison qui durera jusqu’au mois de mars. Certaines prennent déjà une partie du mois d’avril. Cependant, on peut dire que la saison 2009 n’est pas perdue d’avance car la période fructueuse s’étale jusqu’en septembre. Tout peut encore être sauvé seulement si cette crise politique trouve une solution rapide, et ce avant la première semaine du mois de mars. Les tours opérateurs attendent une évolution de la situation.

• Les campagnes annuelles de promotion de la destination Madagascar seront-elles poursuivies, de par la participation de l’ONTM aux salons internationaux ?

Notre participation à ces salons est plus qu’importante. L’absence de l’ONTM et de tous les opérateurs signifierait une fuite, et ne donne pas un bon signal pour le secteur. Néanmoins, de nouvelles stratégies sont mises en oeuvre. Elles consistent à rassurer les visiteurs que tout ce qui relève du tourisme, dont les hôtels et les touristes, ont été épargnés par les émeutes, et de leur affirmer également que les opérateurs sont prêts à les accueillir une fois la situation revenue à la normale.

• La crise actuelle a-t-elle la même ampleur que celle de 2002 ?

Son envergure est maintenant plus importante, car en 2002 la destination Madagascar était plus connue et priorisée par les revendeurs. Ce qui n’a pas été le cas auparavant. Le nombre de touristes a connu une augmentation de 200 000 personnes entre 2002 et 2008. Si l’instabilité perdure, toutes les actions réalisées et tous les efforts fournis dans le cadre de la promotion seront gaspillés. Il sera par ailleurs difficile de procéder à une relance.

Extrait l’Express de Madagascar - Edition n° 4232 du 11-02-2009

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