2009 février

28 février 2009

Tourisme – 1er trimestre - Un taux d’annulation proche de 100%

Enregistré dans : Actus Madagascar — Josielle @ 14:19
La Fédération des hôteliers et restaurateurs de Madagascar (Fhorm) et l’Office national du tourisme ont sorti un état des lieux du secteur durant ce premier trimestre.
Et on note un taux d’annulation proche de 100% et des taux d’occupation inférieur à 10% au niveau des hôteliers, contre 30% à 40% à la même période en 2008. Mais l’estimation va plus loin puisque des mises en stand by de confirmation de circuit allant jusqu’en octobre 2009 au niveau des tour-opérateurs sont enregistrées. Les conséquences immédiates sont la fermeture provisoire de certains établissements hôteliers et la mise au chômage technique d’au moins 50% de l’effectif, toutes filières confondues. La situation des restaurateurs et des centres de formation en restauration est aussi alarmante, eu égard au couvre-feu et aux hausses récentes des prix des produits de première nécessité. Rappelons que la Fhorm regroupe actuellement plus de 300 membres répartis dans toute l’île et est la plus grande association touristique à Madagascar. Le tourisme est un secteur à fort potentiel de développement et deux années de suite, le secteur a été le premier pourvoyeur de devises devant les secteurs textile et crevettier. Durant le premier trimestre, c’est le tourisme d’affaires individuel qui occupe la première place de ce marché et représente des chiffres d’affaires importants. Ce type de tourisme désigne les déplacements à but professionnel et combine les composantes classiques du tourisme, à savoir le transport, l’hébergement et la restauration. Et Madagascar est habitué à prendre en charge, à la même époque, les conventions d’entreprise et congrès, les foires et salons, les voyages d’affaires individuels mais aussi les réunions ou voyages de stimulation, séminaires et réunions d’entreprises qui entrent dans cette catégorie de tourisme d’affaires. Et même si ce marché est concentré à 70 % sur les mois de mars à juin et de septembre à mi-novembre, ce qui explique le taux d’occupation de 100% de certains hôtels de la Capitale dès le mois de mars, comme le cas pour l’année dernière, c’est durant le premier trimestre que les préparations se déroulent.
Saison 2010 hypothéquée
Face à l’évolution de la situation à Madagascar, le secteur privé du tourisme, estime que 2009 est déjà mal partie, et la conjoncture risque d’hypothéquer la saison touristique 2010. Plus grave pour le secteur privé, les efforts de promotion de la destination entrepris depuis quelques années, qui ont abouti à l’augmentation régulière du nombre de touristes dans le pays seront anéantis. Et justement, ce secteur rappelle également le poids économique du secteur en termes d’emplois directs (25 340 emplois) et de rentrées de devises (393 millions de dollars Us en 2008), et souligne par ailleurs que le tourisme contribue à générer des revenus pour les prestataires spécialisés, les artisans, les transporteurs, les agriculteurs et les communautés locales qui ont développé des services spécifiques pour les touristes. La situation qui prévaut aujourd’hui dans le secteur tourisme, suite aux événements dramatiques récents largement couverts par les médias internationaux, prélude une saison catastrophique si une issue à très court terme à la crise politique n’est pas trouvée.
A court terme, c’est la programmation même de la destination Madagascar dans les brochures des tour-opérateurs internationaux qui risque d’être compromise et hypothèquerait la saison 2010. Face à un marché touristique mondial déjà au ralenti dû à la crise économique et à la concurrence féroce que se livrent les destinations pour figurer dans le rang des pays encore retenus en programmation, il est impératif de revenir à une situation économique normale dans les toutes prochaines semaines. Le secteur privé du tourisme appelle ainsi à une prise de conscience immédiate des conséquences économiques et de la paupérisation de la population que la perduration de cette crise, superposée à la crise mondiale, peut engendrer.
Extrait La Vérité Madagascar - Samedi, 28 Février 2009

27 février 2009

Tourisme - Crise/Tourisme: 7 tours opérateurs entrent en chômage technique

Enregistré dans : Actus Madagascar — Josielle @ 13:34

(26-02-2009 ) - L’industrie du tourisme est le second secteur économique pourvoyeur de devises étrangères pour le pays. Mais la situation qui prévaut actuellement constitue un frein quant à son rôle. Toutefois, les opérateurs ne perdent pas espoir pour la saison 2009.

Jusqu’à maintenant, 7 tours opérateurs récepteurs ont annoncé leur intention d’entrer en chômage technique et certains l’ont même appliqué. Un chômage technique allant de réduire temporairement jusqu’à 75% le personnel ou de réduire à 50% le salaire des employés et le jour de travail jusqu’à fin avril ou jusqu’au retour à la normale de la situation. Cause: les tours opérateurs partenaires étrangers suspendent momentanément et certains annulent même la destination pour raison de sécurité. Et certaines représentations recommandent même à leurs ressortissants de chercher autre destination que Madagascar pour cette année 2009. Bref, l’instabilité perturbe le tourisme.
"Si d’ici fin février ou début mars au plus tard, la situation politique ne s’améliore pas, toute la saison 2009 est fichue", a déclaré M. Randriamandranto lors d’une rencontre avec la presse le 10 février dernier lorsqu’il a donné l’état des lieux du secteur depuis le début de la crise.

Au niveau des hôteliers, le chômage technique est aussi de mise. Mais certains, afin de ne pas mettre les clés sous les paillassons, ils ont préféré donner des congés à leur personnel.

Malgré ce triste tableau, les professionnels ne perdent pas espoir.
"Si la situation s’améliore d’ici début Mars, au moins la grande saison est sauvée", selon un opérateur de la place qui se dit être prêt à un redémarrage en trombe.
"On est prêt à accueillir les touristes", a ajouté notre interlocuteur tout en se remémorant qu’en 2002, après une crise de plusieurs mois, les touristes - notamment allemands et italiens - étaient venus pour passer leurs vacances chez nous.

Rappelons qu’en 2008, l’industrie du tourisme a généré plus de 273,71 Millions de dollars pour Madagascar avec plus de 300.000 visiteurs non-résidants.

Source @Moov (Solofo Andrianjakarivelo)

Notes du passé - Les deux graves problèmes de la congrégation chinoise

Enregistré dans : Actus Madagascar — Josielle @ 10:40

Les Chinois commencent à s’installer dans l’île entre 1897 et 1903, lorsque les colonisateurs font appel aux coolies de la région de Canton pour construire routes et voies ferrées. L’expérience est un échec, on doit vite les rapatrier.
Pourtant, certains restent, ouvrent un commerce de détail en brousse dans les régions orientales, font venir leurs parents ou leurs amis. Les hommes étant trop largement majoritaires, beaucoup prennent femmes parmi la population. Ainsi s’explique le grand nombre de Métis sino-malgaches, devenus citoyens malgaches de droit, mais toujours intégrés et bien acceptés dans le milieu chinois.
Les Chinois d’Antananarivo sont avant tout des commerçants de détail dans l’épicerie. « Sa boutique regorge d’objets les hétéroclites et on y achète pour 5 francs d’huile, une cigarette, aussi bien que des lamba ou des laques (parfois de valeur) venant de Hong Kong » (Gérald Donque). Certains tiennent un restaurant de spécialités.
Toute une hiérarchie se voit parmi eux, « depuis celui qui a réussi, dont les affaires prospèrent et dont le magasin, situé dans le centre, clair, aéré est fréquenté par une clientèle aisée jusqu’au petit épicier de quartier, besogneux, végétant dans un secteur à bas pouvoir d’achat ».
Leur communauté se laisse
« difficilement » pénétrer. Au sein de leur Congrégation se règlent toutes les affaires de la communauté sans qu’il soit besoin de faire appel aux administrations ou aux tribunaux officiels (mariages, funérailles, successions, querelles, faillites…)
Le Congrégation est aussi le conservatoire des mœurs et des coutumes chinoises et les fêtes se célèbrent selon les rites. Il existe dans la capitale une école franco-chinoise.
C’est enfin dans la Congrégation que se règlent les dettes de jeu. « Car le Chinois reste un gros joueur. Il n’est pas rare qu’au cours d’une même nuit, lors d’une partie de mah-jong telle boutique change deux fois de mains ».
Commerçants avisés, ne faisant jamais étalage de leur fortune s’ils en ont, ils sont bien acceptés des Malgaches pour leur
« affabilité souriante », les menus services qu’ils rendent. Mais la communauté reste à l’écart des autres groupes, les fréquentant rarement.
Comme tout groupe de personnes, elle a aussi ses problèmes qu’elle cache sous « la discrétion de rigueur ».
Le premier réside dans le choix politique entre la Chine et Formose. Sous la Première république, les Chinois sont officiellement représentés par une ambassade de la Chine nationaliste, mais il est difficile de connaître les sentiments intimes individuels. Mais à l’époque, des bruits font état que des émissaires clandestins, des brochures de propagande communiste circuleraient. A partir de 1972, les rapports malgacho-formosans sont rompus au profit de Pékin. En tout cas, ils évitent de manifester ouvertement leur sympathie pour tel ou tel régime.
Autre grave problème, celui de l’avenir des enfants. Autrefois, le fils ouvre une boutique en brousse avant de revenir s’installer dans la capitale à son propre compte. Plus tard, la saturation du secteur, la concurrence des Indiens et même des Malgaches et la prolifération des enfants rendent difficile cette situation.
« La formation reçue à l’École franco-chinoise reste insuffisante de niveau pour leur permettre d’accéder à des postes salariés élevés ».
L’avenir s’annonce ainsi difficile pour eux. Bien rares pourtant songent à retourner dans leur pays. Une tendance à l’occidentalisation est visible dans la jeune génération « qui fréquente de plus en plus les établissements scolaires officiels, les lycées voire l’Université ».
Quoiqu’il en soit, comme les autres minorités étrangères, leur poids économique et social est considérable.

Extrait l’Express de Madagascar - Edition n° 4246 du 27-02-2009

25 février 2009

RéGION - Fianarantsoa : Le trafic ferroviaire revient à la normale

Enregistré dans : Actus Madagascar — Josielle @ 12:07

Après 6 mois de réparation, une des locomotives desservant la FCE est remise en service. Le trafic vers Manakara reprendra bientôt.
Jeudi 19 février fut un grand jour pour le réseau des chemins de fer Fianarantsoa-Côte Est (FCE). Des techniciens de Madarail, accompagné du directeur des matériels de la société, Joachim Randriamasinoro, ont remis à la gare de Fianarantsoa, la seconde locomotive envoyée à Antananarivo pour une révision générale, en juillet 2008.
Après environ six mois d’attente, les usagers de la ligne FCE sont sortis d’un véritable calvaire qu’ils ont dû endurer à partir du mois de décembre, quand la seule locomotive encore en service est tombée en panne.
« Prévues terminées en un mois, les réparations ont pris beaucoup plus de temps pour des raisons techniques. La plupart des pièces de rechange ont été importées, alors que les entreprises s’intéressent de moins en moins aux vieux matériels correspondant aux nôtres», a expliqué le directeur des matériels de Madarail.
Pressée de reprendre tout suite l’exploitation de la ligne, la FCE a effectué des essais à la périphérie de Fianarantsoa vendredi 20 février, dès l’installation de la locomotive.
«Les essais ont été concluants et nous pouvons assurer que la locomotive sera tout suite opérationnelle dès demain matin (ndlr : samedi) pour le trajet Fianarantsoa-Manakara», a affirmé Médard Rakotozafy, directeur de la FCE.
Si l’autre a pu tracter jusqu’à 105-110 tonnes de marchandise, celle-ci peut transporter 20 tonnes de plus. Les techniciens ont même garanti que la locomotive fonctionnera sans ennuis majeurs pendant deux à trois ans.
Outre le financement par ressource propre de l’intérieur (RPI) de l’Etat, à hauteur de 70 millions d’ariary pour chacune des deux locomotives, Madarail a participé au transport de cette machine pour sa réparation à Tana.
Mise en concession
«Les dépenses de transport ont été couvertes par le ministère de tutelle après une demande que nous avons déposée. Elles étaient vraiment très lourdes par rapport à la capacité financière de la société», a précisé le directeur de la FCE.
Pour le moment, la récupération des dépenses de réparation ne sera pas répercutée sur le tarif de la FCE.
« La décision de mise en concession de la ligne revient entièrement à l’Etat. Quoiqu’il en soit, le partenariat entre Madarail et la FCE reste évident, non seulement du point de vue technique mais aussi dans divers domaines. L’essentiel c’est de donner un niveau technique à la FCE », a conclu le directeur des matériels de Madarail.

Extrait l’Express de Madagascar - Edition n° 4244 du 25-02-2009

Economie - Riz : Baisse du prix de l’ordre de 100 Ariary/kg

Enregistré dans : Actus Madagascar — Josielle @ 11:34

RIZ. Les acteurs regroupés au sein de la Plate-forme de Concertation pour la filière riz ont planifié une importation de 40 000 tonnes de riz pour réguler le marché.

Comparé à la semaine dernière, le prix moyen du riz sur les marchés a connu une baisse de l’ordre de 100 Ariary/kg. Ainsi, un kilo de riz s’achète maintenant entre 1 040 Ariary et 1 450 Ariary, selon les variétés et les régions. D’après l’Observatoire du riz, les marchés d’Anosibe affichent les prix les moins chers. La variété « Makalioka » s’acquiert à 1 080 Ariary/kg tandis que le « vary gasy » est vendu à 1 050 Ariary/kg. Quant au riz import et au riz « Tsipala », les prix sont fixés à 1 040 Ariary/kg. D’une manière générale, l’arrivée de la récolte issue des cultures de contre-saison ainsi que l’arrêt de la grève depuis le début de cette semaine, expliquent la baisse du prix de cette denrée.

Meilleure planification des acteurs

Force est également de reconnaître, que 40 000 tonnes de riz import sont encore disponibles pour assurer un stock de régulation de marché en cette période de soudure. Cela est dû à une meilleure planification des acteurs regroupés au sein de la Plate-forme de Concertation pour la filière riz, bien avant la crise politique. Les actions menées par l’Etat pour lancer les cultures de contre-saison dans toutes les régions productrices ont également porté leur fruit entraînant une stabilisation des prix sur les marchés. Mais ces prix ont flambé brusquement de l’ordre de 12% après les actes de pillage survenus le 26 janvier dernier. Ils sont passés d’environ 1 000 ariary/kg à plus de 1 400 Ariary/kg. La panique de la population a engendré cette hausse, a-t-on expliqué. En effet, celle-ci s’est approvisionnée davantage en riz de crainte d’une pénurie. D’où la brusque hausse de la demande face à l’offre, qui de plus disparaissait soudainement sur les marchés. Les spéculations des commerçants y étaient également pour quelque chose, dénonce Angeline, une mère de famille qui a l’habitude de faire des provisions au marché d’Andravoahangy.

Pas de problème à la sortie de la crise

Pour les commerçants, ils réclament la fin de la crise politique pour que la fluidité du marché revienne à la normale. A preuve, les prix du riz ne cessent de baisser atteignant 10 Ariary/kg chaque jour, une fois que la situation commence à être calme, a témoigné Herizo, un grossiste au marché d’Anosibe. Néanmoins, ce dernier évoque qu’il n’arrive à écouler que 3 tonnes de riz en une journée contre 5 tonnes auparavant, car ses clients sont encore réticents. Force est également de reconnaître que, suite à la destruction de tous les circuits de distribution des produits de première nécessité, les prix du riz atteignent jusqu’à 1 600 Ariary/kg dans les régions éloignées comme à Anosy contre 1 080 Ariary/kg avant la crise. Les acteurs au sein de la Plate-forme du riz rassurent toutefois que l’approvisionnement de cette denrée ne pose pas de problème à la sortie de la crise actuelle. 

Extrait Midi Madagasikara - Parution N° : 7768 du 25 février 2009 

 

24 février 2009

Economie - Conséquences de la crise : Les secteurs transport et tourisme, dans la tourmente

Enregistré dans : Actus Madagascar — Josielle @ 10:57

Selon les informations recueillies par les journalistes auprès de la compagnie nationale Air Madagascar, le nombre de passagers a diminué de 50%, obligeant la Compagnie nationale à réduire la fréquence des vols long courrier. La ligne Antananarivo – Paris qui est couverte d’habitude quatre fois par semaine ne l’est plus que deux fois par semaine aujourd’hui. Les hôtels restaurants ne sont pas épargnés par la crise. L’Hôtel de France sis en plein centre ville de la capitale par exemple estime qu’il accuse une perte de 60 millions d’Ariary depuis le début de la crise. Les touristes ont déserté le pays et les restaurants fonctionnent à peine.

Le transport de passagers au niveau national, très affecté

La décision de trêve et de mise en œuvre des négociations a été accueillie favorablement dans le milieu des opérateurs et groupements d’entreprises. Il en est ainsi du Fivondronan’ny mpandraharaha malagasy (FIVMPAMA) et du Groupement des entreprises de Madagascar ou GEM. Ces groupements sont prêts à participer à l’élaboration d’un plan de relance.

Il faut avouer que les dégâts engendrés par la crise sont de plus en plus insupportables.

Les coopératives de transport de passagers au niveau national se plaignent des conséquences de la crise dans leurs activités. Le nombre de passagers a diminué de 70% depuis le début de la crise et le nombre de véhicules en circulation a été réduit de moitié dont une partie n’arrive même pas à remplir les sièges.

Extrait Madagascar Tribune - mardi 24 février 2009

23 février 2009

SOCIAL - DISETTE DANS LE SUD : Des communes en difficulté alimentaire

Enregistré dans : Actus Madagascar — Josielle @ 11:47

Des communes d’Androy et d’Anosy ont été déclarées en situation de difficulté alimentaire au mois de décembre. La rechute est à craindre.
L’insuffisance des pluies dans la partie sud de l’île affecte depuis toujours la population. Selon une dernière enquête effectuée par l’Office national de nutrition (ONN) et ses partenaires, 31 communes dans la région Androy et Anosy sont déclarées en situation de difficulté alimentaire.
Les critères d’évaluation de cette disette sont en premier lieu basés sur la malnutrition des enfants de moins de cinq ans et des femmes enceintes. « Il n’y a pas encore de chiffres officiels, mais l’alarme a été donnée par la découverte d’enfants sous-alimentés au niveau des Centres de récupération et d’éducation nutritionnelles aiguës et sévères (Crenas) », soutient un responsable du Bureau national de la gestion des risques et catastrophes (BNGRC).
L’ONN, responsable des investigations, n’a pas encore révélé jusqu’ici les résultats, notamment le pourcentage de la malnutrition. Malgré tout, « aucun signe de crise nutritionnelle n’est à déclarer pour le moment », selon un communiqué conjoint du (BNGRC) et ses partenaires, comme l’ONN et autres. Une nouvelle enquête se fera à partir du mois de mars, après la sortie des résultats du système d’alerte précoce.
« Là, nous pourrons avoir de nouvelles bases de données en termes de malnutrition et de difficulté alimentaire. D’autres actions seront menées en fonction des résultats », poursuit le responsable du BNGRC.
Aide accrue
Un problème est pourtant à craindre face à cette situation dans le sud en absence de suivi. « La situation actuelle peut s’aggraver sans action immédiate. Nous avons mis en place une réponse rapide face à cette précarité de la situation dans le sud », poursuit le responsable au sein du BNGRC. De son côté, le Programme alimentaire mondial, en collaboration avec ses partenaires comme Care International et Adra, vont mettre en place une deuxième vague d’interventions à travers des activités de Vivres contre travail (VCT). Celui-ci cible 99.000 bénéficiaires avec 1575 tonnes d’aides alimentaires dans le district d’Amboasary qui fait partie de la zone d’intervention de Care International, Ambovombe et Tsihombe.
L’ONN en collaboration avec le ministère de la Santé et l’Unicef, ont déjà redynamisé les Crenas existants et prévoient d’en ouvrir d’autres dans les Centres de santé de base des districts concernés.

Extrait l’Express de Madagascar - Edition n° 4242 du 23-02-2009

Focus - Les leçons de l’échec de la location de terres malgaches par Daewoo

Enregistré dans : Actus Madagascar — Josielle @ 11:44

(Article traduit de l’anglais, initialement publié sur le site African Agriculture. Les intertitres sont de la rédaction de madagascar-tribune.com)

Le projet récent et très médiatisé du conglomérat sud-coréen Daewoo pour louer 1,3 million d’hectares de terres de qualité à Madagascar afin d’y cultiver du maïs pour le réexporter en Corée du Sud a échoué. Etant donné la taille et la témérité du contrat proposé, les conditions étonnament favorables à Daewoo et les attaques portant sur le « néo-colonialisme » venant de nombreuses parties, il était probablement condamné dès le départ.

Maintenant que la clameur est légèrement retombée, peut-être est-il temps d’examiner plus calmement les leçons qui peuvent être retirées de cette affaire. C’est une chose de critiquer ce projet en particulier, mais les pays africains ont besoin d’investissement étranger, et l’agriculture offrira pendant longtemps les options de développement les plus réalistes pour l’Afrique.

Ce serait une honte si de la fureur à propos du plan de Daewoo, on ne retiendrait comme idée que les pays africains sont hostiles à tout investissement étranger dans l’agriculture. De toute façon, pendant que le projet de Daewoo est mis au pilori, d’autres accords de cultures commerciales à grande échelle sont conclus par des investisseurs étrangers dans beaucoup de pays africains, en particulier dans les cultures controversées de biocarburants.

Ceci suggère que ce sont les particularités du plan de Daewoo qui ont provoqué l’ampleur et la férocité des objections de tant de parties, plutôt que le concept même de participation étrangère à grande échelle dans l’affermage à Madagascar.

Précédents historiques

Prêter attention à l’histoire politique récente de l’Afrique aurait dû avertir toutes les parties concernées à cette affaire que l’opposition forte à celle-ci était non seulement prévisible mais presque garantie. La sensibilité africaine au sujet de la dépossession de terres par des étrangers remonte aux jours coloniaux et continue à exister en profondeur. Beaucoup de pays peinent encore à trouver des systèmes post-coloniaux de droit à la terre, qui puissent satisfaire les complexes impératifs contemporains de justice politique et sociale et les impératifs économiques. Cela a été loin d’être facile, en partie parce que ces différents impératifs s’opposent souvent les uns aux autres.

Le Zimbabwe, le Kenya, l’Afrique du Sud et la Namibie sont juste quelques-uns des exemples les plus évidents de pays africains confrontés à de profondes controverses sur les « problèmes fonciers ». Mais il en est beaucoup d’autres où ces problèmes existent également, même si ce n’est pas toujours avec la même intensité que dans ces quatre pays.

Indépendamment de la simple question de savoir qui a quel genre de droit sur quelles terres, ce que j’appelle l’« agriculture de plantations » a une mauvaise image dans les nombreux pays africains où elle a existé sous une forme ou une autre. Elle avait été longtemps associée au système de pillage colonial extractif, comme les mines. Des « prélèvements sur récoltes » ont été mis en place, parfois de force, pour soutenir la mission coloniale, et cela soit pour la consommation de la métropole coloniale, soit pour la simple exportation générale avec rapatriement des gains dans la métropole, soit encore pour financer l’implantation de colons.

Dans certains cas, le travail obligatoire a été employé dans ces plantations. Et même lorsqu’elles se sont transformées par la suite en « fermes commerciales » à grande échelle fournissant du travail salarié, plusieurs des caractéristiques de la vieille plantation sont restées. Le traitement des ouvriers agricoles était souvent minable, et comme aujourd’hui, la rentabilité de ces fermes dépendait en partie des bas salaires.

Exemples en Afrique Australe et anglophone

L’effondrement de l’agriculture commerciale à grande échelle du Zimbabwe représente peut-être un cas particulier, car elle a été orchestrée politiquement. Mais même lorsque le pays était glorifié en tant que « panier à pain de la région », ce n’était pas un modèle qui était universellement admiré, en partie en raison du parfum d’exploitation de cette agriculture de plantations. Même si la mainmise massive des fermes commerciales blanches n’avait pas été orchestrée et encouragée par le gouvernement du Président Robert Mugabe, ce modèle particulier d’agriculture commerciale voyait ses jours comptés du fait de la conjonction des pressions historiques, politiques, économiques et raciales. Cette même conjonction de pressions s’accumule en Afrique du Sud et en Namibie, et existe sous d’autres formes dans beaucoup d’autres pays.

La réalité est que plus particulièrement en Afrique, mesurer l’adéquation d’un modèle d’agriculture uniquement sur la base du rendement agricole ou de la rentabilité économique, comme le suggèrent certains « experts » de l’Afrique ou du développement, est de la myopie. Faire ainsi, c’est risquer des explosions à la Zimbabwéenne. L’Afrique du Sud peut encore éviter ce type d’explosion, mais il y a beaucoup de signes de pressions similaires causant de nombreuses frictions entre syndicats de grands fermiers blancs d’une part, et gouvernement et représentants des Africains du sud noirs réclamant la « restitution » des terres de l’autre.

Dans des pays aussi divers que le Ghana et la Tanzanie, des voix s’élèvent de plus en plus fort vis à vis des façons dont des terres publiques sont cédées à des investisseurs étrangers désireux d’accroître la production de bio-carburants. Pourtant, dans le même temps, les gouvernements ainsi que toutes les communautés locales sont également désireux de faire bon accueil à l’investissement étranger qui laisse espérer des emplois, des infrastructures, des recettes d’exportation et plus généralement du « développement ». Les controverses ne portent donc pas sur le fait de savoir si l’investissement agricole étranger est bienvenu ou non, mais sur la façon dont il est conduit.

Les particularités de l’affaire Daewoo

Voici ce que je pense être juste quelques unes des erreurs de l’affaire Daewoo : le projet était tout simplement trop grand, la compagnie proposant de louer ce qui semblait être la moitié du pays ! Il aurait dû être évident aux responsables des deux parties, au seul vu de la proportion de terres malgaches que Daewoo se proposait de prendre, que des reproches de néo-colonialisme s’en ensuivraient rapidement.

Les compte-rendus sur les conditions convenues étaient peu clairs et contradictoires, mais il semble généralement admis que Daewoo aurait obtenu pour un loyer faible voire nul le bail de 99 ans proposé. Même s’il en aurait résulté au final la création de nombreux emplois et la mise en place d’infrastructures, il aurait dû être également évident qu’un accord de bail ne prévoyant pas au moins un paiement significatif et visible de Daewoo en faveur du Trésor malgache serait politiquement controversé. Cela a renforcé le sentiment de l’opinion malgache que son pays était « donné » aux étrangers.

Il y eut également les déclarations des représentants de Daewoo qui ont fait comprendre qu’ils considéraient l’implication des malgaches dans le projet uniquement comme salariés de base et personnel de soutien. L’impression a été donnée que Daewoo ferait venir de Corée du Sud et d’ailleurs tout le personnel clé pour l’opération. Il a semblé clair que la participation des malgaches était vue comme marginale, presque incidente à l’affaire.

Là encore, une simple étude de l’histoire politique et agricole de l’Afrique aurait dû suffire à rendre évident dès le début que cela créerait du ressentiment et de l’opposition. C’était une approche étonnament naïve et ignorante de l’Histoire de ce qui aurait pu être structuré et perçu comme un investissement gagnant-gagnant à la fois pour Daewoo/Corée du Sud et les malgaches.

Un autre faux pas était que le produit à planter dans ce méga-projet devait être le maïs, un produit qui porte une charge émotionnelle et « politique » en Afrique, même s’il n’est pas la principale récolte à Madagascar même. Quelqu’un aurait dû aviser les deux parties que, surtout au moment où l’on parle beaucoup d’une crise alimentaire mondiale qui frappe durement l’Afrique, le fait qu’une compagnie étrangère cultive une énorme partie des terres d’un pays africain pour y faire du maïs destiné à l’exportation serait un cauchemar en matière de relations publiques.

En ce moment même, on parle d’un déficit de maïs comparable à une famine dans un pays relativement prospère comme le Kenya. Comment des millions d’Africains accepteraient-ils d’avoir d’énormes difficultés pour se procurer des quantités suffisantes de la principale nourriture du continent, pendant que Daewoo ferait pousser et exporterait des quantités énormes de cette même nourriture à partir de Madagascar ? Le retour de baton était inévitable.

Les modèles d’agriculture

Divers idéologues débattent férocement du type d’agriculture qui satisferait au mieux les besoins alimentaires pressants de l’Afrique ou ses besoins économiques. Je suis en désaccord avec les deux parties à ce débat qui affirment que le choix est simple et rigide entre l’agrobusiness intensif à grande échelle et les petites fermes. En plus de trouver des moyens pour que ces deux modèles co-existent, il devrait également être possible de trouver des situations et de créer des opportunités où ces modèles puissent réellement être combinés.

Dans le cas de Daewoo, la compagnie aurait pu négocier un bail pour une ou des parcelles bien plus modestes mais encore importantes et adaptées à un usage commercial des terres malgaches. Sur ces terres, elle aurait pu pratiquer divers types d’agrobusiness intensifs similaires à ceux qu’elle avait envisagé. Mais ensuite Daewoo aurait pu contracter avec des milliers de fermiers malgaches pour accroître ce qui serait produit dans ces fermes centrales. Ces grandes fermes centrales auraient pu être non seulement des centres de production et de traitement à haut rendement, mais elles auraient aussi pu être structurées pour avoir un centre de formation/démonstration afin d’enseigner de nouvelles techniques aux agriculteurs sous-traitants.

Les deux systèmes d’agriculture sont tout à fait différents dans leur nature, aussi les rendements et beaucoup d’autre paramètres auraient été différents. Mais cela fait partie de ce qui doit être accepté afin de concilier les nombreux impératifs à prendre en compte vis à vis de l’usage de la terre en Afrique, en raison des réalités économiques, politiques et sociales actuelles du continent et de son histoire.

Ce que je propose n’est en aucun cas quelque chose de réellement nouveau. Les variations de ce modèle de collaboration entre agrobusiness et petits exploitants éclosent de manière expérimentale dans beaucoup de pays. Le modèle a ses faiblesses ; les agro-idéologues qui sont complètement opposés à l’agriculture industrielle ou à toute agriculture intensive « conventionnelle » s’opposeront à l’idée même d’une telle collaboration, mais le fait est que nous vivons dans un monde de nuances et de compromis, pas d’absolus.

La majorité des petits fermiers africains pratique une agriculture ayant des rendements faibles, et ce pour différentes raisons, mais la solution est de trouver des moyens innovants de les aider à améliorer leurs rendements, pas de les ignorer ou de les mettre à l’écart. Pour le meilleur et pour le pire, ils continueront à prédominer en Afrique, même si de plus en plus d’opérations à grande échelle s’implantent dans beaucoup de pays. Mais il y a aussi beaucoup à apprendre et à prendre de l’agriculture à grande échelle, en dépit de la dure opposition à celle-ci que manifestent différents types de militants.

J’ai simplifié le modèle agricole décrit, mais une variation de ce modèle offre un réel espoir de satisfaire les attentes disparates vis à vis de l’usage de la terre en Afrique. Et si cela avait été une variation d’un tel modèle qui avait été négocié par Daewoo et le gouvernement malgache (et peut-être pour la culture d’un autre produit que le maïs), le projet de contrat aurait peut-être eu une chance, au bénéfice de tous les intéressés.

Besoin d’investissements

L’Afrique a besoin d’investissement agricole étranger pour satisfaire ses besoins économiques, et elle peut bénéficier de beaucoup d’innovations agricoles venant de l’extérieur. Mais les petits fermiers de l’Afrique ont également une étendue d’expertises agricoles adaptées au terrain local. Ils ont besoin de divers types d’aides pour s’y appuyer et pratiquer avec succès.

Ce sont des investissements, dont les instigateurs seraient suffisamment intelligents et sensibles à l’étude de l’histoire plus large de l’Afrique et de la situation actuelle de son agriculture, qui auront une chance de tirer bénéfice du potentiel largement reconnu de l’agriculture africaine pour nourrir le continent et le reste du monde, et pour rapporter du profit à des investisseurs éclairés. Ces éléments étaient largement absents de la manière dont le projet Daewoo a été structuré et présenté.

Chido Makunike

Extrait Madagascar Tribune (Traduction de Patrick A.) - vendredi 20 février 2009

20 février 2009

Notes du passé - Les responsables de Fort-Dauphin vilipendés

Enregistré dans : Actus Madagascar — Josielle @ 11:33

On crie haro sur Pronis. On vilipende Flacourt. Vacher de la Case n’a pas des couronnes de gloire. Le père Etienne est accusé d’avoir fait massacrer une dizaine de compagnons, tant Français que Malgaches, par un roitelet qu’il pressait de se convertir. L’ivraie semée par les missionnaires empêche le froment de mûrir…
En 1949, le RP A. Engelvin essaie de faire la part des choses pour essayer d’expliquer la situation de Fort-Dauphin au XVIIe siècle, où «la colonisation n’a pas eu le succès qu’on en attendait et, par suite, l’évangélisation non plus».
Engelvin évoque «la carnavalesque expulsion annuelle vers le désert, chez le peuple juif, du bouc émissaire» qui emportait la malédiction du peuple irrité de n’avoir pas trouvé la «Terre promise», la félicité du «Paradis terrestre». Et ce, pour dénoncer l’effort de «certains historiens» de rendre soit les gouverneurs successifs de Fort-Dauphin soit les missionnaires catholiques responsables de cet échec, plus exactement leurs «antagonismes» latents.
En fait pour Engelvin, «les Français, où ils émigrent, emportent avec eux leur manie de se quereller entre eux», défaut national atavique déjà signalé par César. Car comme l’a dépeint le scrutateur de l’âme humaine qu’a été Montaigne : «Mettez deux Français dans le désert de Libye, avant deux mois ils s’égratigneront le nez ! «Mais de là» à rassembler des petits ragots de l’histoire «pour résoudre un problème dû à l’absence de capitaux et de ressources des Compagnies de l’Orient et des Indes orientales», n’est pas sérieux».
Parmi ces ragots, il y a celui qui affirme que Pronis et Flacourt ne boivent pas que de «l’eau bénite». Ou celui-ci : quand le père Nacquart exhorte les colons réunis dans la chapelle, Pronis- qui est réformiste de la Rochelle- et quelques coreligionnaires lancent à pleine voix les «psaumes de Marot». Ou cet autre : quand le père Bourdaise sonne la cloche pour la messe, Flacourt se rase encore pour venir, en belle tenue, occuper la place d’honneur réservée au gouverneur, et il faut l’attendre… C’est, selon le R.P. Engelvin, faire fi des «relations cordiales» entretenues par les deux gouverneurs avec, par exemple, le père Bourdaise : le premier lui confie sa fillette métisse plutôt que de la laisser à sa mère; le second l’aide à composer et à éditer un catéchisme et un dictionnaire français - malgache.
Mais le plus «vilipendé» par certains historiens est sans aucun doute «ce pauvre père Etienne à qui on n’accorde même pas la faveur des circonstances atténuantes : il était prédestiné au rôle de bouc émissaire !» L’auteur du «Fort-Dauphin du XVIIe siècle» pointe alors du doigt «ceux qui lui jettent la première pierre».
D’abord quelques mécontents parmi les colons de la ville, «mais ils changèrent de sentiments après avoir discuté de l’affaire avec le père Manié».
Ensuite, l’abbé philosophe Raynal cité «avec complaisance» mais qui ne publie qu’en 1770 son «Histoire philosophique des établissements européens dans les deux Indes», soit 106 ans après la mort du père Etienne. «Mais son histoire philosophique n’est qu’une élucubration partiale et non pas un véritable document historique».
Enfin, quelques historiens modernes «qui ne semblent n’avoir lu que Raynal. Lorsqu’un écrivain qualifie de moines ou de jésuites les missionnaires de Fort-Dauphin, il leur fait un honneur qui les eut fort surpris, car l’humble Vincent de Paul n’avait fait qu’une association de simples prêtres séculiers qu’il fit approuver sous le nom de prêtres de la Mission»…
Il se trouve cependant des «chroniqueurs honnêtes» pour justifier le père Etienne : le gouverneur de Champmargou qui lui donne une escorte de dix hommes et après le drame, mobilise tous ses hommes disponibles «pour aller châtier Dian-Mananghe». Il y a aussi Martin, arrivé à Fort-Dauphin en 1665; Souchu de Rennefort «dont l’exposé simple et clair est bien différent du récit controversé des différents auteurs modernes, qui ont écrit sur Madagascar en copiant sans réserve aucune les réflexions dictées par l’esprit philosophique et anti-chrétien de Raynal»; Carpeau du Chaussay, «ami intime de M. de la Saunière» qui est tué à côté du père Etienne; etc.
«Quand on lit attentivement le récit de la situation dans laquelle se débattait la colonie de Fort-Dauphin ( Grandidier, Mémoires de la Congrégation missionnaire ) on ne peut que conclure : depuis longtemps, les Antanosy avaient décidé de se débarrasser de tous les Français. Trop confiant, le père Etienne alla pour ainsi dire au devant du sacrifice».

Extrait l’Express de Madagascar - Edition n° 4240 du 20-02-2009

19 février 2009

Culturel - Palais de Manjakamiadana : Les travaux de la toiture presque achevés

Enregistré dans : Actus Madagascar — Josielle @ 10:55

« Les travaux sur le tour Sud-est du "Rova" sont pratiquement achevés », lance timidement Mejamirado Razafimihary. 80% des travaux sont réalisés, estime-t-il. C’est là qu’on se souvient de la promesse d’un ingénieur français au sein de la société Colas, chargé de l’ouvrage : « Les travaux de reconstruction prendront normalement fin vers la fin de l’année 2009 ».

A quoi bon parler de la Culture en ce moment où la politique monopolise la quasi-totalité des médias nationaux ? Les chroniqueurs culturels et d’autres journalistes d’ailleurs, se heurtent souvent à une question idiote mais réaliste de ce genre. Depuis les manifestations sociopolitiques sur la place des revendications populaires du 13 mai, à Analakely, l’accès aux informations autres que la politique est de plus en plus difficile. Et pourtant, ce ne sont pas les nouvelles qui manquent, comme c’est le cas des travaux de réhabilitation du Rova de Manjakamiadana.

La rapide progression des travaux de réhabilitation du palais de la Reine, devrait être le fait saillant de ce début d’année. Or, ce n’est pas le cas. De loin, on constate que les travaux de la toiture avancent à toute vitesse. La couverture de la façade centrale avec des toits en ardoise, du jamais vu sur des importants édifices nationaux paraît-il, est déjà en cours. Malgré tout, le premier responsable du comité national du patrimoine, Mejamirado Razafimihary, hésite à en parler.

Le défi est sur la voie d’être relevé

Si les gros travaux étaient faits, il restera encore les troisième et quatrième phases des ouvrages. Elles consistent surtout aux travaux de second œuvre (habillage en bois des structures en béton pour restituer l’aspect initial, menuiserie, revêtement, électricité, plomberie sanitaire) et aux travaux à caractère muséographique et d’équipements spécialisés (sécurité anti-incendie, vol).

Le palais de la Reine dans l’ensemble recommence à dominer la vue partout dans la capitale. D’ici peu, les Malgaches pourront le revoir flambant neuf. Reste seulement à savoir si la caisse va finalement pouvoir assurer. En avril 2008, Mejamirado Razafimihary, avait déclaré que le comité n’a encore eu que la moitié du budget total des travaux qu’on estime entre 20 à 25 milliards d’ariary. Souhaitons aussi que les travaux n’accusent plus de retard.

Il a fallu 14 ans pour reconstruire le plus important patrimoine de Madagascar, comme il a fallu 36 ans pour faire renaître de ses cendres l’Hôtel de la ville d’Antananarivo, également incendié en 1972. Ainsi, il faut plus d’une dizaine d’années pour remettre en état les casses causées par les différends politiques. Et l’on se demande actuellement si les principaux protagonistes de la crise qui prévaut dans le pays, s’en rendent compte.

Extrait Madagascar Tribune - jeudi 19 février 2009

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