2008 octobre

24 octobre 2008

Société - Eau : un nouveau dispositif pour la rendre potable

Enregistré dans : Actus Madagascar — Josielle @ 11:27

Un autre moyen pour traiter l’eau de rivière pour qu’elle soit potable. Un nouveau dispositif de traitement d’eau vient d’être lancé à Madagascar. Il s’agit de Watalys. Celui-ci a été présenté publiquement hier à Antaninarenina au cours d’une conférence de presse.

Watalys est un petit appareil qui ne pèse que 180 grammes et qui fonctionne avec un courant de 12 volts ou une batterie de 12 volts. Il suffit de le plonger dans un récipient contenant un litre d’eau de rivière ou une eau d’une autre source ajoutée d’une cuillère de sel. Brancher l’appareil sur une source de courant. Au bout d’une heure, on aura une solution d’hypochlorite de sodium. Et c’est cette solution qui servira pour purifier et désinfecter l’eau. Un litre de solution permet de traiter 4 000 à 6 000 litres d’eau. Cette solution peut être conservée dans un récipient opaque pendant plus d’un mois tout en gardant ses propriétés.

Un coût d’Ar 2 250 000

Ce dispositif avec ses accessoires coûte 900 euros, soit environ Ar 2 250 000. Vu son coût relativement cher, il est surtout destiné aux ONG (Organisation non gouvernementale), aux établissements sanitaires, aux fournisseurs d’eau potable et aux communautés villageoises.

Le ministre de l’Eau s’est félicité de l’arrivée de cet appareil. « Nous avons de l’eau partout sauf dans la partie Sud du pays où elle est rare. Ce qui nous manque, c’est l’eau potable, plus précisément, la potabilité de l’eau. Il y a des systèmes classiques pour traiter l’eau, mais ils coûtent très cher et sont compliqués ».

17 Communes de la Région d’Alaotra Mangoro, d’Atsimo Andrefana, d’Analamanga, et de Vatovavy Fitovinany seront équipées de Watalys.

Watalys est un produit phare de la Société Bulane en Suisse. A Madagascar, elle est représentée par la Société Novasoa.

Extrait Madagascar Tribune - vendredi 24 octobre 2008

23 octobre 2008

Société - La pauvreté et le problème de l’eau potable au centre des attentions à Ampangabe

Enregistré dans : Actus Madagascar — Josielle @ 11:15

Réduction de la pauvreté. La crise mondiale et la flambée des prix des denrées alimentaires risquent de faire retomber de nombreux ménages dans la misère.

Plus de 70% de la population malgache, soit près des trois quarts, vivent sous le seuil de la pauvreté, avec un revenu annuel situé sous la barre des 260 dollars. Davantage de Malgaches ne jouissent pas des droits humains les plus élémentaires tels le logement décent, l’accès aux soins de santé et l’accès à l’eau potable. Ce dernier volet a justement été au centre de toutes les attentions, hier à Ampangabe, plus précisément à Analamanga Parc, à l’occasion de la journée de sensibilisation consacrée au thème de la réduction de la pauvreté dans le cadre de la célébration de la semaine du Système des Nations Unies.

Ambalavao. L’eau potable reste, en effet, un problème majeur pour les populations aussi bien rurales qu’urbaines dans la Grande île. Si 80% des populations urbaines y ont accès, les périphéries ne sont que 20% à disposer d’eau potable. Le choix du site d’Ampangabe, coïncide, d’ailleurs, avec la situation vécue au quotidien en matière d’eau potable, dans cette localité située dans la commune rurale d’Ambalavao. Ici, l’écrasante majorité ne dispose pas d’eau potable. Les ressources en eau existent bel et bien, cependant, il s’agit d’eaux insalubres, puisées dans des puits ou dans des cours d’eau, avec les conséquences que cela implique sur la santé des habitants, notamment les enfants. Sur les 15 fokontany de la commune, un seul a accès à l’eau potable par le biais d’une borne fontaine.

« Stand up !». Hier était donc une journée pas comme les autres pour Ampangabe et les fokontany avoisinants. L’heure était à la sensibilisation de la population, à travers les huit stands d’exposition des agences onusiennes, rappelant les grandes lignes des OMD pour que la réduction de la pauvreté puisse être effective. Mais sans se voiler la face, chacun s’était rendu compte que le travail est titanesque. Les actions concrètes et le travail étant les seules issues possibles pour y parvenir, le leitmotiv entendu sur place fait état de cet impératif d’agir : « Stand up and take action ». Et avec les récentes évolutions de la situation économique mondiale, la hausse des prix des denrées alimentaires et la crise financière, le risque de voir des populations entières retomber dans la misère est plus que réel : plus de 100 millions de personnes à travers le monde risquent de vivre cette situation. 

Extrait Midi Madagasikara - Parution N° : 7664 du 23 octobre 2008

RéGION - Fianarantsoa Côte Est : Le train sur la montagne

Enregistré dans : Actus Madagascar — Josielle @ 11:03

Depuis trois-quarts de siècle, le Fianarantsoa Côte Est rythme la vie de centaines de villages qui sans lui seraient complètement coupés du monde. Un périple de 163 km à faire en 8 à 12 heures, selon la fréquence des chargements de fruits et des déraillements toujours possibles.
Jens est ce genre de type qu’on rencontre sur les routes. Sac à dos, barbe de trois jours, savates de trappistes assorties à de délicates chaussettes orange, il arrive tout droit de Toliary et compte rejoindre Manakara, après quoi il remontera sur Sainte-Marie pour aller voir les baleines.
Tout juste un peu dépité de constater que le train de la Côte Est est encore plein de touristes en cette saison. Il n’aime pas les touristes ! ça se voit à son édition en allemand d’un Tristes tropiques tout gondolé qu’il annote soigneusement dans la marge. Moi qui trouve grâce à ses yeux comme spécimen d’expat continuant à survivre (sans vaccins !) à la lèpre, à la peste bubonique, aux détrousseurs d’Analakely - enfin tout ce que l’on raconte sur Mada.
A nos côtés une quinzaine de blonds Helvètes qui prennent possession de leurs sièges et commentent avec étonnement le Nicht hinauslehnen (ne pas se pencher) inscrit sous la fenêtre. Exactement comme chez eux, dis donc ! Finalement, ils ont fait 10 000 km pour se retrouver dans un wagon qui pourrait ressembler à celui de n’importe quel train de banlieue d’Europe Tout juste un peu plus déglingué, et d’une autre époque. Comme la gare de Fianar, si désuettement française avec ses haies taillées qui datent des années 30.
Bref, on est là tous les deux en train de siroter une THB, tandis qu’autour de nous, sur le quai n° 1, ça s’agite. Par la portière, je vois passer des poules dans des paniers, des canards, des gamelles en plastique, des sacs de bouffe immenses. Des têtes hagardes qui espèrent encore trouver une place. Tout ça va devoir rentrer coûte que coûte dans le « fourgon route » et les quatre wagons passagers déjà pleins à craquer.
Le départ est annoncé pour 7 heures. En général pas de surprise de ce côté-là, c’est plutôt l’arrivée qui est incertaine : glissements de terrain, déraillements, tout est possible. Un vieux vahaza en survêt monte dans le compartiment et d’un geste athlétique jette son barda dans le filet. Ca sent l’adjudant de légion à la retraite ! Il nous explique qu’il a une villa pied dans l’eau à Manakara et qu’il fait l’aller-retour une fois par mois. Il connaît la ligne sur le bout des doigts, même les endroits où il y a des congélateurs à pétrole, donc de la bière fraîche. Je vous montrerai, il nous fait. Ca promet.
Coup de sifflet. La motrice pouête un grand coup dans l’air pur et s’ébranle à travers la banlieue de Fianar, bien décidée à ne pas dépasser sa vitesse de croisière qui doit tourner dans les 20 km/h. Du fond des rizières, des paysans nous saluent de la main. Le passage du train, la masinina comme ils l’appellent, c’est l’assurance que tout va bien. Que tout fonctionne à peu près normalement dans le pays. C’est quand il ne passe pas qu’ils commencent à s’inquiéter.
Vohimasina, premier arrêt. A peine 9 km et déjà la cohue des gamins qui prennent d’assaut les portières. « Vahaza, donne-moi les cadeaux », « donne-moi les biscuits », « donne moi les stylos ». Mais pas le « donne-moi l’arzent », plus franc du collier, qui semble demeurer la particularité de Tana.
Les Suisses posent un pied sur le quai. On les sent timides mais plein de bonne volonté. D’habitude un tube cathodique les sépare de la grande dèche du Sud, mais là ils sont en prise directe : les pieds nus, les frusques sacs à patates, la morve pendante. Ou plutôt les pieds un peu trop nus, les frusques un peu trop sacs à patates, la morve un peu trop pendante… car nul doute qu’ici on a compris que pour trouver l’entrée du tiroir-caisse, mieux vaut avoir l’air de ressembler le plus possible au Sud. Comme ces Japonais qui veulent absolument trouver des poulbots crotteux à Montmartre, sinon ils n’ont rien vu. On est toujours le Sud de quelqu’un.
Une touriste avisée sort un lot de 30 crayons de papier qu’elle a acheté à Fianar, en prévision. L’essaim fond sur elle, en moins de trente secondes tout est parti « On donne et ils arrachent ! », s’indigne-t-elle, sincèrement choquée de voir que ses 30 crayons de papier n’ont pas suffi à éponger toute la misère du monde. Du coup, elle se rattrape sur une petite Cosette betsileo qu’elle travaille à grands coups de flashs dans la tronche, histoire de ramener la photo sensible qui fera honneur à sa grande âme.
Voici Sahambavy (km 21), sa gare proprette et sa plantation de thé. Un groupe de Français du troisième âge envahit les derniers sièges. Ils ont passé deux nuits au Lac Hôtel, fait du pédalo sur le lac, marché dans les théiers, ils sont contents. Sur ce, le contrôleur qui s’amène et poinçonne consciencieusement les billets avec cet air terriblement emmerdé qu’ont tous les contrôleurs du monde. Au km 27, changement de décor. La forêt s’impose d’un coup déployant ses grands eucalyptus qu’on absorbe à pleins poumons. Long arrêt à Ranomena (km 38) pour un chargement de bananes.
Cette fois c’est un éclopé qui passe dans le compartiment, béquillant à ras du plancher dans un silence de mort, alors que les Suisses ont commencé à attaquer leurs monstrueux sandwichs au jambon qu’ils se sont fait préparer à l’hôtel. Par la fenêtre, une vieille me tend un plateau d’écrevisses, la spécialité du coin. Je les croque à belles dents sous le regard consterné de mes Suisses. Même Jens n’ose pas y toucher, convaincu que ce doit être plein de bactéries de chiasse immonde qui foutent la mort. Peuvent faire les dégoûtés, eux les rescapés du hamburger à la vache folle !
Je profite de l’arrêt pour tailler une bavette avec Marcel, le conducteur de la motrice. Avec son collègue William, le chargé de la maintenance, il vérifie le système de freinage, car dans pas longtemps ça va descendre sec. Il m’explique qu’il ne gagne pas lourd - 220 000 ariary par mois - mais que sur sa machine au moins, il est son chef. Il la regarde avec fierté. Une BB 242 de chez Alsthom qui va bouffer ses 300 litres de gazole jusqu’à Manakara.
Moitié pour plaisanter, je lui demande s’il n’a pas peur que les dahalo fassent dérailler son train comme ils font avec les taxis-brousse. Il rigole. Il m’explique que la ligne est bien surveillée par les communes riveraines, qu’il y a même une police spéciale du chemin de fer. « En 2002, au moment des événements, on a reçu des menaces, mais pas un pont n’a été dynamité ». La seule chose qui l’inquiète vraiment, c’est les touristes qui se penchent pour photographier les gouffres et qui se prennent de temps à autre une entrée de tunnel en pleine poire. « Les vahaza, ils n’écoutent jamais ce qu’on leur dit », soupire-t-il.
Nous y voici dans la grande descente. Vingt kilomètres tout du long jusqu’à Tolongoina. On passe de 1 000 m à 356 m, avec par endroit une déclivité de 3,3 %, ce qui fait du Fianarantsoa Côte Est le train le plus raide du monde - plus fort que les tortillards andins du Chili ! Crissements de freins à l’infini, le convoi glisse le long des falaises granitiques, frôlent des précipices d’où remontent d’immenses vapeurs tropicales. Perdu dans les hauteurs, le rocher d’Andrambovato qui marque l’entrée en pays Tanala. C’est le début de la belle forêt primaire de l’Est, du moins ce qui n’a pas encore été livré aux brûlis.
« Un lémurien ! », j’entends gueuler autour de moi. Les Suisses se précipitent aux fenêtres pour tenter de saisir la forme rousse qui fait du yoyo dans les goyaviers. Pas de risque de la rater, ici le train fait à peine du 15 km/h.
L’adjudant, ça le met en verve toute cette agitation « C’est là qu’on a déraillé en 2006, il commence à expliquer. On est restés coincés 15 heures. On était tellement affamés qu’on a vidé la boutique du village d’à-côté, il ne restait plus que les couches-culottes ». Il rigole, tousse un grand coup, repart sur une improbable histoire de pluie de sauterelles qu’il a vécue en Algérie.
Tolongoina (km 62). Sur le quai, une jeune vendeuse avec un régime de bananes posé en perruque sur sa tête. « Je parie que c’est une fausse blonde », s’esclaffe un gros type, caméscope jusqu’aux dents. La petite Tanala se prête au jeu, sourire très commerçant. Elle s’appelle Blandine, elle a 25 ans. Deux gosses accrochés à ses jupes. Elle m’explique que sa mère a eu 14 enfants dont elle est l’unique survivante, et évidemment c’est elle qui doit la nourrir aujourd’hui.
« Mon mari ramasse du bois de chauffage dans la forêt. Avec la vente des bananes, ça me fait de quoi acheter 3 kapoka de riz. Sans le train, je ne sais pas comment je ferais ». Au rythme de six convois par semaine, ça lui permet de tenir. Mais il y a de la concurrence ! Entre les vendeurs de mofoakondro, de koba, de saucisses de zébu, tout le monde a un peu près le même problème de survie qu’elle et compte ferme sur le train pour s’en sortir.
Soulagée d’avoir écoulé son stock, elle jette un œil curieux dans le compartiment : « Je vois que les vahaza ont des coupes de cheveux plus courtes que l’année dernière », s’amuse-t-elle. Le train, c’est un peu sa télé, ses vaovao du monde à elle.
La forêt cède peu à peu la place aux ravinalas, les arbres du voyageur plantés comme de gigantesques éventails sur les collines. A Manampatrana (km 79), de nouveau 40 minutes d’arrêt, le temps de charger des sacs de café. On est au cœur de la région de production et c’est la fin de la récolte, même si la chute des cours a pas mal refroidi l’ardeur des planteurs.
La gare a des allures de caravansérail avec ses entrepôts bourrés de cuvettes en plastique made in China. La tôle des toits est retenue par des pneus de camion. Ici, on ne rigole pas avec les cyclones. Quand la tempête souffle, le train s’arrête et tout s’arrête. Ceux de 2000, particulièrement, ont failli signer l’arrêt de mort de la ligne avec pas moins de 280 éboulements le long de la voie, soit 150 000 m3 de caillasses qu’il a fallu déblayer. Pendant des mois, le train n’est pas passé et des centaines de tonnes de bananes ont pourri sur place.
On arrive à Mahabako (km 99), écrasée sous le soleil de midi. Le long du train, des femmes misikina lambaoany allaitent à l’ombre des litchiers. Des familles entières qui regardent placidement les touristes, eux-mêmes déjà blasés du spectacle - les pauvres, finalement, c’est toujours la même chose. Une main charitable leur tend quand même une layette qu’elle se partagent sans précipitation, tandis que les gosses font la ramasse des bouteilles vides.
Il n’y a que Jens pour aller s’asseoir au milieu d’eux, l’air très Jacques Monod dans ses œuvres, et de nous regarder, nous, les champions du revenu moyen par habitant, comme s’il instruisait notre procès ! C’est les mêmes familles que je reverrai au retour. Exactement les mêmes. Même disposition. Même pesanteur. Même silence.
Les premiers villages côtiers défilent, début du pays Antaimoro. A Sahasinaka (km 116), la voie ferrée longe la rivière Faraony très utilisée par les paysans pour transporter leurs récoltes de litchis, d’oranges ou de mandarines aux gares les plus proches. C’est là aussi qu’on accroche la route des taxis-brousse. Le voyage par piste n’est pas plus long, mais à 15 en 404 bâchée sur d’incroyables tape-cul, il y a tout lieu de préférer le train quand le porte-monnaie le permet.
La section Ambila-Manakara a bénéficié de plusieurs kilomètres de rails d’occasion offerts par des compagnies privées suisses de chemin de fer. Ce qui déclenche l’enthousiasme de nos Helvètes qui s’étaient passablement assoupis. Devant nous, la longue plaine monotone où l’on sent déjà le souffle de l’océan.
A 4 km de Manakara, nouvelle exclusivité mondiale : la voie ferrée coupe carrément la piste de l’aéroport ! Pas de panique, il est fermé depuis belle lurette. On devine à travers ses grands entrepôts à l’abandon que Manakara, l’ancienne capitale du café, du poivre et du girofle, a connu des jours meilleurs. Telle quelle, c’est une petite station côtière de 50 000 habitants, plus indiquée pour les bains de soleil que pour la baignade, car la mer est dangereuse par ici.
On arrive à quai. Finalement on aura mis un peu moins de dix heures - temps correct, j’en mettrai plus de 12 au retour. Une foule tranquille est massée devant la gare, et évidemment la cohue des pousse-pousse qui attendent le voyageur. Jens va devoir réprimer son réflexe humaniste consistant à ne pas se faire tracter par un frère semblable. Mais je lui explique qu’ici il n’y a pas de taxis, et que de toutes façons il a intérêt à bien négocier avec les frères semblables !
Je le vois cahoter au loin dans le soir qui tombe, l’air de se demander si les tropiques sont aussi tristes qu’il l’a lu. L’adjudant me propose d’aller boire une bière avec lui.
Il me demande si j’ai déjà pris le train de Sidi-Bel-Abbes, ça promet.

Le poumon de l’Est
En activité depuis 1936, la ligne Fianarantsoa Côte Est (FCE) transporte chaque année 150 000 voyageurs et 15 000 tonnes de marchandises. Un poumon économique essentiel dans une région très enclavée qui n’a pas d’autres voies de communication pour commercer. Le long de ses 18 gares, c’est une dizaine de milliers d’emplois qui sont rendus possibles. Sans parler des 200 000 paysans qui ont un lien direct avec la ligne comme producteurs ou transporteurs de fruits.
Depuis le passage des cyclones Eline et Gloria qui ont dévasté la ligne en 2000, les chiffres d’exploitation sont en baisse. Une seule motrice fonctionne actuellement, n’assurant plus que trois allers-retours voyageurs par semaine, contre cinq auparavant.
« Le manque à gagner est énorme, déplore Rakotozafy Médard, le directeur de la FCE. Le gouvernement s’est engagé à réhabiliter la ligne, mais sa priorité va aux routes et aux aéroports ». La FCE appartient toujours à l’Etat, mais un appel d’offres international est en cours pour sa mise en concession. Repreneurs intéressés, des Chinois, des Indiens, des Sud Coréens. Grâce aux contributions de l’USAID, de la Banque Mondiale et d’autres bailleurs internationaux, la sauvegarde de ce véritable patrimoine national et mondial semble toutefois assurée. Le Tourism Initiative Fund est notamment en discussion avec le ministère des Transports pour un projet pilote d’électrification de la ligne et des villages. Jusqu’à Telma qui envisage d’y poser la ligne optique.

Extrait l’Express de Madagascar - Edition n° 4140 du 23-10-2008

RéGION - Antsirabe : Le marché rouvert en mars 2009

Enregistré dans : Actus Madagascar — Josielle @ 10:56

Les préparatifs pour la réouverture du marché d’Asabotsy, dans la commune urbaine d’Antsirabe, vont bon train.
Ainsi, une formation est donnée aux membres du comité de gestion de ce marché, dans le cadre du développement économique. Pour ce faire, la communune urbaine d’Antsirabe a collaboré avec le projet Pôle intégré de croissance et le FIMAS.
La formation durera un mois. Par la suite, la mise en place des marchands et l’organisation interne du marché seront étudiées dans les détails.
L’ouverture officielle, tant attendue par la population, est prévue pour le mois de mars 2009.

Extrait l’Express de Madagascar

22 octobre 2008

RéGION - Anosibe An’Ala : La culture sur brûlis continue

Enregistré dans : Actus Madagascar — Josielle @ 11:09

La pratique du «tavy» perdure dans le district d’Anosibe An’Ala. Les paysans n’hésitent pas à incendier des étendues forestières pour les cultures sur brûlis.
Les villageois, en majorité des cultivateurs, se lancent dans une destruction sans relâche des espaces forestiers pour gagner plus de terrains, afin de pouvoir survivre.
« Par ici, nous n’avons pas assez d’étendues plates cultivables comme ailleurs. C’est pourquoi nous défrichons les montagnes. Pour cela, le feu est jusqu’ici la solution pour faciliter les travaux », se justifie un paysan.
Ainsi, la route se retrouve parfois entre deux rideaux de feu, tandis que le ciel de couleur rougeâtre est obscurci par une fumée noire.
« Pour nous, nos ventres passent en premier, et non pas ceux des oiseaux ou bien les bestioles qui vivent dans la forêt. Ils peuvent partir ailleurs parce que c’est nous les citoyens », continue un autre, manifestement bien dans ses convictions.

Extrait l’Express de Madagascar - Edition n° 4139 du 22-10-2008

21 octobre 2008

RéGION - Infrastructures - Rn 6 : un investissement d’Ar 198 milliards

Enregistré dans : Actus Madagascar — Josielle @ 11:34

Bitumage et élargissement de la chaussée, construction et réhabilitation de ponts et des radiers, mise en place de nombreux ouvrages, etc. L’Union européenne (UE), premier partenaire du gouvernement dans la mise en œuvre de la politique routière, et l’Etat ont déboursé une somme de 198 milliards ariary, dans le cadre du 9è FED, pour mener à terme les travaux de réhabilitation de la section de 309 km sur la RN6, située entre Port-Bergé et Ambanja.
Au total, 2 438 personnes ont été affectées au chantier pendant de 44 mois pour la réalisation des travaux. De même, 518 engins lourds et d’autres matériels ont été mobilisés.
Outre les travaux neufs, la somme ainsi engagée est destinée à financer l’entretien, l’appui institutionnel, l’action sociale, les interventions cycloniques et l’action sociale.
Le projet comprend aussi la construction de pistes rurales connexes et d’infrastructures sociales (écoles, centres de santé de base, …), visant à optimiser l’impact de cette route nationale.
Longue de près de 800 km, la réhabilitation de la RN6 est confiée à trois principaux bailleurs, à savoir l’UE, la BADEA/Koweit et la BAD.
La présence de l’Union européenne dans la région reste perceptible et tend à s’étendre. En effet, elle entend répondre aux autres demandes dans la construction de nombreuses infrastructures, telles le pont à Anjingo, sur la RN 31 reliant Antsohihy au district de Bealanana. L’infrastructure sera opérationnelle en novembre.
« Tout va comme prévu. On est confiant de pouvoir terminer les travaux dans le délai convenu », déclare Lala Harinaivo, technicien de l’entreprise Colas chargée de la mise en place de cet ouvrage.
En matière de réfection des dégâts cycloniques, deux ponts, à Mahajamba et à Mahasoa, situés respectivement aux PK 32 et 34 de la RN6, sont concernés par les efforts de remise à neuf de l’axe nord.

L’Express de Madagascar - Edition n° 4138 du 21-10-2008

CULTURE - Animation : le Sommet de l’UA 2009 réunit 44 artistes

Enregistré dans : Actus Madagascar — Josielle @ 11:28

Comme pour une équipe nationale de football, le ministère des Sports, de la culture et des loisirs sélectionnera deux artistes issus de chacune des 22 régions pour animer le Sommet de l’Union africaine (UA) qui se tiendra à Antananativo en juillet 2009.
Diverses formations et troupes composées de danseurs et de musiciens traditionnels vont se relayer pour aligner des notes aux couleurs de la Grande île.

Extrait l’Express de Madagascar - Edition n° 4138 du 21-10-2008
Vibrant aux rythmes du beko du Sud, et du salegy du Nord en passant par le vakodrazana des Hauts-plateaux, ces 44 artistes seront choisis en fonction de leurs styles spécifiques. « Pour montrer la diversité, la sélection s’effectuera sur le critère des couleurs musicales. Ils animeront la cérémonie d’ouverture et quelques manifestations culturelles qui vont se dérouler pendant le Sommet », précise le ministre Jean Louis Robinson.
De l’accordéon, de la valiha, de la marovany, du lokanga… : le répertoire devra convenir et plaire aux oreilles de la cinquantaine de chefs d’Etat africains attendus à Antananarivo.
« Ce n’est pas à proprement parler un concours. Il s’agit plutôt d’une sélection dans le but de faire connaître notre culture. Ce sera aussi une promotion pour les meilleurs », continue le ministre chargé de la culture.
La préparation du site a déjà commencé depuis quelques temps. Ainsi, le centre international de conférence d’Ivato a été inauguré le 19 juin. Construit sur une superficie de 6 ha, il comprend un bâtiment de 7500 m2 avec une salle de conférence, une vingtaine de cabines pour l’interprétariat, cinq salles d’audience d’une vingtaine de places, une salle de transmission, une salle de préparation, une salle de conférence de 200 places, et deux salles de journalistes d’une trentaine de place chacune.

20 octobre 2008

CULTURE - Festival : Madajazzcar se termine en beauté

Enregistré dans : Actus Madagascar — Josielle @ 10:33

Le dernier concert de la 19 ème édition de Madajazzcar s’est déroulé au jardin d’Ambohijatovo. L’enthousiasme de tous les amateurs de jazz promet une bonne perspective pour 2009.
Madajazzcar 2008 tire sa révérence. Il est digne d’un grand festival. Une fois encore, le public était fidèle au rendez-vous bien avant le démarrage du spectacle, il a témoigné sa fidélité pour le jazz, samedi dernier au jardin d’Ambohijatovo. Par ailleurs, les prestations sont à la hauteur de son attente.
Première intervention des Suisses dirigés par Marc Perennoud Trio, ils ont entamé un swing berçant avec une formation classique «piano-basse-batterie», mais dont l’expression, alternant douceur et agressivité, est qualifiée de post-moderne, réunissant harmonie, complexité, subtilité et finesse.
À son tour, Nicolas Vatomanga Quintet, composé de jeunes musiciens derrière un véritable sorcier de l’instrument à vent, a démontré que jeunesse et simplicité riment avec efficacité, en abordant un répertoire fusionnant les airs locaux avec du blues. Pour le concepteur qu’est Nicolas Vatomanga, l’ambition est claire. «On est en train de former une relève du jazz», confie-t-il.
Et histoire de varier les tons, Rija Ramanantoanina le crooner, comme on le dit, a amené le public dans une morphologie « très variété » du jazz. En présentant des tubes connus, cette prestation a été une des plus appréciées. Sinon, un bœuf avec les guitaristes norvégiens Frode Kjekstad et le malgacho-portugais Tiana Rahary, rejoints par les chanteuses Mariannick Saint-Céran, la Malgache Joëlle Claude, ont tous faits leur petite merveille.
La partie s’est achevée en beauté avec un Boney Fields super en forme, entouré du guitariste norvégien Frode Kjekstad ainsi que des musiciens malgaches tels Solo Andrianasolo à la guitare, son frère Haja à la basse, Ranaly à la batterie, etc, ils ont donné un chaleureux rythm’n'blues, festif et très rythmé qui, du gospel au rock’n'roll, ont fait bouger toute l’assistance. Un bœuf géant a achevé la soirée, quand tout le monde est monté sur scène.
Côté organisateurs, la satisfaction est tangible. «Malgré un faible budget de fonctionnnement , Madajazzcar réussit toujours son pari. Les négociations avec les artistes de renom étrangers et locaux demeurent concluants» déclare Désiré Razafindrazaka, président du comité d’organisation du festival. Rendez-vous pour la 20 ème édition d’ici un an.

Extrait l’Express de Madagascar - Edition n° 4137 du 20-10-2008

Politique - Francophonie : Rendez-vous à Tanà en 2010

Enregistré dans : Actus Madagascar — Josielle @ 10:28

Après le sommet des chefs d’Etats d’Afrique en 2009, Madagascar s’apprête déjà à organiser le sommet des chefs d’Etats et de gouvernements de la Francophonie en 2010. La grande île a été choisie, hier au Québec, pour abriter cette rencontre au sommet des pays ayant en usage la langue française, au détriment du Zaïre ou de la République Démocratique du Congo. Marc Ravalomanana s’est démené comme un beau diable pour obtenir la faveur des pays membres présents. Contrairement à son homologue de Kinshasa. En fait, Joseph Kabila a snobé ses pairs. Il n’a pas fait le déplacement de Québec en préférant déléguer son ministre des Affaires étrangères. Ce qui n’a pas empêché les pays de l’Afrique centrale d’appuyer la candidature congolaise au nom de la solidarité africaine. Mais l’activisme de la délégation malgache a finalement payé. Le président en personne ainsi que le ministre des Affaires étrangères ont fait presque du porte-à-porte afin de ravir le vote des autres pays participants au sommet.

Demi-succès

Ainsi, la prochaine rencontre des chefs d’Etats francophones se déroulera à Antananarivo en octobre 2010. Presque dans la foulée du sommet africain de 2009 toujours dans la capitale malgache. Si le sommet de Québec a vu la présence minimale de 36 présidents en exercice sur les 56 membres, Madagascar devra faire mieux, s’il veut le réussir. Car en réalité, le rendez-vous de Québec est un demi-succès pour le pays hôte en raison de la courte visite du président français, le détournement de l’objet de la rencontre vers la résolution de la crise financière internationale et la faible présence des principaux dirigeants des pays membres. Comme Antananarivo tient particulièrement à son image de marque, Ravalomanana devra veiller à ce que son sommet soit une réussite. En fait, le reproche qui peut être formulé à l’endroit du pouvoir malgache est le défaut de communication sur sa candidature comme s’il s’agissait d’une affaire privée. Comme d’habitude.

Extrait Madagascar Tribune - lundi 20 octobre 2008

Reportage - Riziculture à Ankadinondry-Sakay : la vazaha américaine est convaincante

Enregistré dans : Actus Madagascar — Josielle @ 10:26

"Lorsque les paysans voient des vazaha qui sont dans la boue de la rizière, en train de repiquer, ils sont convaincus de l’efficacité du SRI ou système de riziculture intensive". Tsiferantsoa Rafalimanana, directeur du Centre multiplicateur de semences (CMS) à Ankadinondry-Sakay, Région de Bongolava l’a affirmé.

Cela fait maintenant un an et demi qu’Elisabeth Wisman est à Ankadinondry-Sakay. Elle est une volontaire du Corps de la Paix. Cette jeune fille apprend à la population locale la technique du SRI et la sensibilise à adopter ce système.

Le SRI n’est pas une nouveauté à Ankadinondry. Si l’on en croit les dires de Tsiferantsoa Rafalimanana, il faut une technique d’approche pour convaincre les paysans.

Elisabeth Wisman est américaine. Elle parle et comprend bien le malagasy et s’adapte au style de vie des Malagasy. Peut-être, elle est la seule vazaha qui sillonne cette ville rurale, à pied ou à vélo. D’ailleurs, cette américaine entretient des relations étroites avec les habitants. Elle se démarque du fait qu’elle travaille au champ et travaille dans les boues. Pour les ruraux, c’est un phénomène.

« Pas trop de cours théoriques »

Elisabeth Wisman a avoué que les paysans sont étonnés en la regardant dans le champ. Elle a aussi d’autres points forts pour les attirer à s’intéresser au SRI.

"Je ne fais pas trop de cours théoriques en salle. Je fais la formation le matin pendant demi-heure ou une heure tout au plus. L’après-midi, je suis sur terrain. C’est mieux d’aller directement à la rizière et encadrer les paysans. J’enlève mes sandales. Je descends dans la rizière avec eux sans hésitation. Ils me suivent attentivement".

« Du riz, des œufs, des brèdes »

Du riz et toujours du riz. Elle apprécie bien la gastronomie malagasy. Elisabeth Wisman, jeune volontaire du Corps de la Paix à Ankadinondry-Sakay présente ses menus.

« Souvent, mon petit-déjeuner est un plat de riz avec des œufs. Je mange encore du riz le midi, cette fois-ci avec des brèdes. J’aime bien. Pour le dîner, il y a des moments où je ne prépare pas des nouveaux plats. Je mange ce que j’ai préparé le matin. Pour conserver la chaleur, je le mets dans le fatana apombo spécialement conçu à cet effet ».

Elisabeth Wisman est arrivée à Ankadinondry-Sakay, Région de Bongolava, en mai 2007.

Elle habite dans une maison en dur, assez étroite, de 2 pièces, non loin de la ville. Sa cuisine est équipée d’un réchaud à gaz, d’un fatana apombo sans oublier les autres ustensiles nécessaires pour la cuisson et les repas. L’électricité fonctionne à temps partiel car elle est fournie par un groupe électrogène appartenant au centre multiplicateur de semences. Concernant l’eau, Elisabeth doit la chercher.

Dans la semaine, cette jeune volontaire américaine consacre une journée pour la lessive et le grand nettoyage de sa maison. Parmi ses distractions, la danse. Elle est membre d’un groupe de danseurs du village.

Elisabeth aura encore 7 mois à passer dans le volontariat. Elle n’aime pas qu’on lui demande son retour aux Etats-Unis et ses projets. Elle s’adapte bien au mode de vie des Malagasy et à la communauté malagasy. Certes, ce qu’elle vit à Madagascar restera pour toujours dans son cœur et dans sa mémoire.

Extrait Madagascar Tribune - lundi 20 octobre 2008

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