2008 août

30 août 2008

RéGION - Sainte-Marie : Contrôle des charges des bateaux

Enregistré dans : Actus Madagascar — Josielle @ 12:28

La sécurisation du transport maritime crée de nouveaux problèmes à Sainte-Marie. Les usagers veulent un surplus de poids de bagage autorisé.
Un certain mécontentement apparaît à Sainte-Marie. Les voyageurs, désirant prendre le bateau pour la traversée entre Soanierana Ivongo et cette île, se plaignent de la nouvelle mesure prise par le ministère des Transports. Le droit de bagages accordé aux passagers est vivement contesté.
« Je ne critique pas la décision, car elle tient compte de notre sécurité, déclare Sely, commerçant à Ambodifotatra à Sainte Marie. Mais la limitation du poids des bagages nous pose un énorme problème ». Comme nombre de ses pairs, il réclame la révision de la décision ministérielle.
Un fonctionnaire de passage à Antananarivo livre aussi sa version. « La fermeté de l’administration est bien accueillie à Sainte-Marie, sauf qu’elle perturbe un peu la vie quotidienne des habitants. Les autorités doivent trouver une autre solution pour résoudre ce problème », dit-il.
Le ministère des Transports a pris des mesures sévères pour la navigation sur le littoral Est, notamment pour la liaison entre l’île Sainte-Marie et les autres localités dans les régions Analanjirofo et Sava. Elles font suite aux accidents mortels, dont celui survenu au bateau Tropicana II qui a sombré près du Cap Masoala en juillet.
Galère
La décision est effective depuis le 4 août. Dès lors, un passager n’a droit qu’à des bagages ne dépassant pas 25 kg s’il prend la vedette rapide, et 30 kg s’il veut voyager par boutre. « Aucun excédent n’est toléré même si on est prêt à payer le surplus de poids », s’insurge Sely.
De même, certains bateaux sont mis hors navigation depuis le début du mois d’août, faute de satisfaire aux critères de régularisation requis.

Extrait l’Express de Madagascar - Edition n° 4094 du 30-08-2008

29 août 2008

Economie - FRIPERIES. Le phénomène se généralise. De plus en plus de couches sociales s’approvisionnent sur ce marché.

Enregistré dans : Actus Madagascar — Josielle @ 10:35

Ruée vers les cartables et sacs à dos

Les parents, les retardataires, sont accourus, hier, au marché de Mahamasina pour compléter ce qui doivent l’être dans les fournitures scolaires de leurs enfants. Mais le constat que l’on a pu faire est que ces derniers n’étaient plus venus pour acheter les cahiers, livres ou stylos mais se sont surtout intéressés aux cartables et sacs à dos.
Il y avait tout ce dont une mère, désirant satisfaire les petits caprices de sa progéniture, pouvait rêver. Les cartables Barbie, Dora… pour les filles ; Spiderman, Batman, Naruto, Mickey… pour les garçons, tout le monde était servi mais seulement, les mères de familles se sont plaintes des prix de ces articles. En effet, les prix de ces sacs et cartables actuellement à la mode, peuvent aller jusqu’à 24 000 ariary alors que l’on négocie chez le fripier. A noter que le moins cher de ces articles se vendait hier à 12 000 Ariary. «C’est cher mais la qualité est meilleure qu’au marché de Chinatown», commente une mère de famille qui cherchait un petit sac à dos pour sa petite fille entrant cette année en Grande Section dans une école privée de la capitale. 

Très tôt

La ruée vers les sacs à dos et cartables friperies avait commencé hier très tôt au marché de Mahamasina. Les commerçants qui avaient ces types d’articles n’ont pas chômé. Les premiers venus furent les premiers servis, il ne fallait pas arriver trop tard, hier, puisque tout le monde voulait la même chose. Selon les témoignages de Ndrina, un fripier de Mahamasina ayant fait exprès d’acheter des balles composées exclusivement de petits sacs à dos et cartables imprimés de la photos de héros de dessins animés, les clientes demandaient presque toutes Naruto, Spiderman, Mickey, les Barbies ou encore Dora. «Il y en avait plein ce matin mais tout ou presque a été vendu», confie toujours le commerçant. Celui-ci d’expliquer que les articles qu’il vend sont préférés aux produits vendus à Behoririka dans les boutiques chinoises parce que ces sacs et cartables pour enfants viennent d’Europe du Canada ou des Etats-Unis donc de meilleure qualité.  
Encore une fois, les friperies sauvent les ménages malgaches. En effet, le phénomène de friperie touche de plus en plus de population à Madagascar.    

Extrait Midi Madagasikara - Parution N° : 7617 du 29 août 2008

Société - CHARBON DE BOIS : Inquiétudes sur les prix

Enregistré dans : Actus Madagascar — Josielle @ 10:30

Quelques revendeurs détaillants, bien qu’encore minoritaires, affichent un prix en hausse de quelques centaines d’ariary.

Le grand sac de charbon de bois coûte depuis plusieurs mois, autour de Ar 9000. Mais une petite tendance vers la hausse de ce produit rend les consommateurs quelque peu inquiets. En effet, certains vendeurs, bien qu’encore minoritaires, ont déjà proposé le sac à Ar 9400. Du coup, les consommateurs se demandent si cela n’est pas le prélude d’une prochaine hausse sérieuse du prix du charbon. Il faut savoir que ce produit est utilisé par 90% des ménages malgaches et constitue la principale énergie utilisée pour la cuisson des repas. Il est vrai, un changement dans les habitudes, avec le courant de « démocratisation » du gaz, a amené un nombre important de ménages malgaches à abandonner le charbon de bois au profit du gaz. Mais avec l’envolée du prix de ce produit, certaines familles sont revenues à leurs anciennes habitudes et retrouvé le charbon. Ce, malgré les nombreux avantages apportés par le gaz, sur le plan de l’hygiène et de l’environnement, pour ne citer que cela.
Le charbon présente, aux yeux des consommateurs, l’avantage de pouvoir être acheté au détail, contrairement au gaz qui nécessite la dépense d’une somme d’argent jugée importante, en une seule fois. L’achat du charbon au détail, bien qu’au bout du compte, n’est pas forcément avantageux que d’acheter un sac entier, permet toujours aux familles ayant des rentrées d’argent irrégulières, de gérer au jour le jour leur budget. Ainsi, le changement du prix du charbon de bois, influe grandement sur les dépenses journalières des ménages.
Mais les quelques centaines d’ariary de hausse ont une explication auprès des détaillants. En effet, bien des hausses surviennent en saison pluvieuse, généralement, ce qui n’est pas le cas actuellement, les récentes réglementations sur la production du charbon de bois constituent des difficultés supplémentaires pour les producteurs. Des réglementations administratives en rapport avec les mesures environnementales que doivent impérativement suivre les exploitants, dont notamment l’obtention d’une autorisation spéciale pour l’exploitation des surfaces forestières. Ces exploitants ont, en effet, obligation de reboisement, en fonction du nombre ou de la quantité d’arbres abattus pour être transformés en charbon. Les contrôles à ce sujet se font plus nombreux ces derniers temps. Plusieurs autres autorisations sont également obligatoires, nécessitant des déplacements et des dépenses supplémentaires pour les exploitants qui se répercutent forcément sur les prix de vente aux consommateurs.

Extrait Midi Madagasikara - Parution N° : 7617 du 29 août 2008

SOCIAL - Environnement : Fonds insuffisants pour le reboisement

Enregistré dans : Actus Madagascar — Josielle @ 10:26

Le grand défi de Madagascar pour lutter contre le changement climatique est le reboisement. Pour l’instant, ce projet nécessite jusqu’à un million d’ariary par an et par hectare.
Les rideaux tombent sur les pourparlers d’Accra (Ghana) sur les changements climatiques. Ces pourparlers, organisés par la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, se sont déroulés du 21 au 28 août. Ils font partie des séries de réunions devant mener à Copenhague,
axées sur la réduction du gaz carbonique accumulé dans l’atmosphère. En effet, la déforestation favorise l’accumulation de ce gaz à effet de serre.
Madagascar a un grand défi à relever : reconstituer autant que faire se peut les hectares d’anciennes forêts détruites à cause de la pratique du tavy.
Déforestation record
« Le problème est que les fonds nécessaires pour le reboisement ne sont pas suffisants. Chaque année, Madagascar a besoin d’une enveloppe de un million d’ariary par hectare pour la reforestation », explique Lydie Norohanta Raharimaniraka, directeur de la valorisation des ressources naturelles au sein du ministère de l’Environnement, et chef de la délégation malgache à Accra.
Elle fait remarquer que les Malgaches détiennent le record de déforestation due aux feux de brousse. « Les projets de reboisement et de reforestation ne sont pas suffisants pour faire renaître les forêts détruites. Il faudrait un financement supplémentaire », ajoute-t-elle. Le chiffre officiel parle de
100 000 hectares de forêts détruites chaque année.
La déforestation s’explique aussi par l’utilisation à outrance du bois comme combustible : en bois de chauffe ou en charbon.
90 % des foyers malgaches en emploient.
Un rapport publié par le ministère de l’Environnement avance qu’à l’échelle nationale, 22 millions de m3 de bois sont consommés annuellement pour la cuisson, le chauffage, le repassage ou le séchage. L’usage de l’éléctricité est plus l’apanage des populations urbaines.
Pour le moment, la Banque mondiale et la Coopération allemande s’investissent dans des projets de reboisement à des fins énergétiques. Les investisseurs privés, quant à eux, verraient d’un bon œil un reboisement plutôt synonyme de production de bio-fuel.

Extrait l’Express de Madagascar - Edition n° 4093 du 29-08-2008

28 août 2008

Société - Le plus grand nombre d’analphabètes dans la partie Sud de Madagascar

Enregistré dans : Actus Madagascar — Josielle @ 10:49

ALPHABETISATION. Sept régions sur 22 sont les plus touchées par le problème d’analphabétisme dans la Grande île. 

Quelque 48% des personnes âgées de plus de 15 ans sont analphabètes à Madagascar, soit autour de 4 millions d’individus. Ce taux d’analphabétisme est évidemment encore très élevé, même si le MAP se fixe comme objectif de le réduire à 20%. Les actions d’alphabétisation ont pourtant toujours existé à Madagascar, mais celles-ci étaient menées à petites échelles et de manière disparate. D’où la nécessité de les harmoniser, de les standardiser et de les mettre à l’échelle nationale. Un draft de la stratégie nationale d’alphabétisation est justement au centre de toutes les attentions au National Leadership Institute of Madagascar, à Iavoloha, dans le cadre de la rencontre nationale sur le sujet, réunissant 150 personnes de toutes les régions de Madagascar. Objectif : mettre au même niveau la perception des différents acteurs de l’alphabétisation sur la stratégie à mettre en place.

 Méthodologies  

Il ne s’agit pas, évidemment, d’une première stratégie d’alphabétisation, car celle-ci a déjà existé depuis plusieurs années. En 2002-2003 a eu lieu l’élaboration participative du document de politique nationale de l’alphabétisation et de l’éducation des adultes. S’ensuivit le décret sur la politique de l’éducation non formelle. Mais tout ceci a manqué de coordination et de mise à grande échelle, et les diverses méthodes d’alphabétisation des adultes, bien qu’aussi méritantes les unes que les autres, n’avaient atteint qu’un nombre très limité de personnes, les interventions n’ayant jamais couvert l’ensemble du territoire national.

Parmi les méthodes d’alphabétisation, des adultes comme des enfants, figurent les méthodologies ASAMA (ciblant les enfants de 12 à 17 ans et les préparant, en une année scolaire, aux examens du CEPE) ; Ambohitsoratra (s’adressant aux enfants analphabètes pour les apprendre à lire en deux mois, écrire en deux mois et à compter par des méthodes ludiques) ; Vozama (appliquée en Haute Matsiatra et Amoron’i Mania et qui consiste à alphabétiser des enfants et à les insérer en deuxième année du primaire) ; « Sambatra Izay Mahavaky Teny », méthodologie de la Société Biblique, etc.

 Six régions 

Actuellement, un nombre encore trop important de Malgaches ne savent ni lire, ni écrire, ni effectuer des calculs simples. L’ampleur du problème de l’analphabétisme n’est pas la même pour toutes les régions du pays. Sept régions sont les plus touchées et toutes se situent géographiquement dans la moitié Sud de Madagascar. Il s’agit, dans l’ordre, des régions de l’Androy, Atsimo Andrefana, Ihorombe, Atsimo Atsinanana, Anosy, Melaky et Vatovavy Fitovinany. Les 150 personnes qui se penchent depuis hier sur la stratégie nationale  d’alphabétisation ne manqueront pas de faire ressortir les meilleurs moyens de réduire, de manière efficace dans un délai satisfaisant, le nombre de personnes analphabètes. L’objectif affiché par le ministère de l’Education Nationale est d’alphabétiser, au moins 861.647 adultes de plus de 15 ans et 287.216 adolescents de moins de 15 ans, d’ici 2015. Ce qui équivaut à un taux d’analphabétisme de 27,5% en 2015. Des perspectives jugées, dans le draft, comme plus réalistes. Tout en ne perdant pas de vue, y précise-t-on, que les chiffres sont sous-évalués.

Extrait Midi Madagasikara - Parution N° : 7616 du 28 août 2008

RéGION - Développement régional : le thon est donné à Antsiranana

Enregistré dans : Actus Madagascar — Josielle @ 10:46

Le commerce des produits halieutiques, dont le thon, permet à la population d’Antsiranana de vivre décemment. Cet avantage se double d’ apports protéiques non négligeables.
Il est 18 heures à Antsiranana. C’est le crépuscule, pourtant devant le local des douanes à l’entrée du port, du monde grouille. Des jeunes adolescents tirant des charrettes, des femmes drapées de leurs « lambahoany » prêtes à tout affrontement, tenant des sacs en plastique et munies de cuvettes placées tout à côté de chacune d’elles, enfin des hommes sûrs de leurs forces physiques, quoique un peu tendus dans l’attente : voilà le tableau de gens de tout bord en quête du « be hariva » brossé.
D’un coup, trois hommes apparaissent ployant sous des masses noires gluantes sur les épaules. Soudain une femme crie : « Ils arrivent ». Tout le monde se rue vers ces dockers.
Les « angôtra », les sardines du large, les thons rayés, les caméléons et les faux thons rivalisent avec les albacores blessés. Ils subiront le même sort : être écoulés à Bazary kely où les vendeurs amadouent leurs clients impatients pressés de rentrer chez eux après une rude journée. D’autant plus que c’est le seul moment pendant lequel les poissonniers transigent sur les prix.
Le lendemain, au marché local, le prix des poissons a doublé, mais il laisse toujours la possibilité à toutes les bourses de faire la « fête » aux thons. De fait, la pièce va de 1 000 ariary à 6 000 ariary selon sa taille.
Le poisson se vend bien, au détriment de la viande de boeuf qui coûte Ar 5000 le kilo actuellement. Les bouchers se sentent vraiment lésés dès que ces fameux poissons débarquent des thoniers.
Un docker fournit 30 kg de poisson par jour, alors : pas de dockers, pas de poisson-rebut. Ces journaliers embauchés lors de la présence des bateaux thoniers au port, avec l’autorisation des responsables des cuves, s’octroient le privilège de ramasser le maximum de poissons non commercialisés et ce gratuitement. De là, naît la belle histoire des poissons « mal aimés ».
Rebut valorisé
Ce sont des poissons de rejet non commercialisables, soit parce que ce sont des thons blessés, soit ce sont d’une autre espèce. Leur vente crée même un phénomène social dans la région Diana.
Ils sont vendus frais ou séchés. « Je raffole du thon fumé et je ne rate jamais d’en rapporter pour ma famille », raconte Lanto, une Tananarivienne de passage à Antsiranana.
Les gens de Diégo surnomment ces poissons-rebuts « sauvez-moi ». Effectivement, autant le thon, l’or salé du Nord, rapporte annuellement des centaines de millions de dollars à Madagascar, autant il fait vivre des milliers de Malgaches à Antsiranana.
Son prix à la portée des plus petites bourses, sa chair très prisée, et sa valeur nutritive, assurent son succès auprès de la population.
Au cours de ces cinq dernières années, la commercialisation du thon est devenue une activité d’appoint pour le revenu de quelques foyers antsiranais. Ces derniers fournissent toute la région de Sava, Antananarivo, certains districts du Boeny, et même les Comores.

Extrait l’Express de Madagascar - Edition n° 4092 du 28-08-2008

Culturel - Cuisine : Trophée international de cuisine et pâtisserie 2008

Enregistré dans : Actus Madagascar — Josielle @ 10:40

Madagascar sera parmi les pays candidats de ce grand concours.

Cette année, Madagascar et l’Océan Indien participeront au concours de « Trophée international de cuisine et de pâtisserie » qui aura lieu les 4, 5, 6, Octobre 2008 à Paris (E.S.C.F. Ferrandi). Ce grand concours réunira les jeunes chefs issus des cinq continents. Ce sera Chef Lalaina qui est un des grands cuisiniers très reconnu malgache qui va nous représenter cette fois-ci.

Notons que Chef Lalaina a déjà représenté Madagascar en 2006 où il a gagné le « Prix Norge », prix de la créativité. Le concours est organisé par l’Académie culinaire de France, présidé par Gérard Dupont et Jean Sabine (Commissaire Général). Pour cette année, le Président du Jury sera Thierry Marx qui est un grand Chef renommé français. Parallèlement à ces informations, la langue officielle employée durant tout le déroulement de ce concours sera le « Français ». Concernant les règlements, les organisateurs se réservent le droit d’annuler le concours ou partie de celui-ci. Dans cette situation, aucun dédommagement ou indemnités ni poursuite envers l’association ne sera prise en considération. Les pays seront sélectionnés en fonction du classement des points. Les derniers du classement peuvent ne pas être sélectionné pour le prochain Trophée afin d’assurer le « Turn-over ».

Extrait Madagascar Tribune - jeudi 28 août 2008

27 août 2008

Société - Le ‘‘confort’’ chez soi, comme objectif national !

Enregistré dans : Actus Madagascar — Josielle @ 10:13

Eau et assainissement. Moins de 7% de la population en milieu rural disposent de latrines aux normes ou de toilettes à fosse sceptique. Le taux d’accès en eau potable y est aussi très faible, pas plus de 14%.  

De l’eau courante et des toilettes aux normes avec un WC à fosse sceptique dans chaque foyer ! Autrement dit : le ‘’confort’’ chez soi. C’est l’objectif national affiché au retour de la délégation malgache, conduite par le Président de la République, de la semaine mondiale de l’eau à Stockholm (Suède). «Les branchements particuliers non autorisés auparavant en milieu rural, seront dorénavant fortement encouragés. Désormais, on ne se limitera plus à l’installation des bornes fontaines et des points d’eau potable collectifs. Des efforts seront menés dans la mise à disposition d’eau courante dans les foyers », a déclaré le ministre de l’Eau, Jean Donné Rasolofoniaina, hier à Ambohijatovo Ambony.

 Station d’épuration  

«Concernant l’assainissement, les toilettes devront être aux normes avec un WC à  fosse sceptique et non plus des latrines traditionnelles. Par ailleurs, des stations d’épuration des eaux usées seront établies dans les grandes villes. Nous envisageons même de traiter les eaux usées des ménages et les affecter pour une utilisation ultérieure dans les industries, entre autres », explique-t-il.

Avec ces objectifs beaucoup plus prétentieux que ceux fixés dans le MAP (Madagascar Action Plan), le budget nécessaire pour leur concrétisation sera aussi plus conséquent. Ainsi, les 723 millions de dollars prévus pour ramener le taux d’accès en eau potable à 65% d’ici 2012 (contre 35% actuellement) et pour augmenter le taux d’accès aux infrastructures d’assainissement de 71% en 2012 (contre 52% aux dernières statistiques), seront logiquement revus à la hausse. Le ‘’confort ‘’ a certainement son prix ! « Pour l’instant, le nouveau budget n’est pas encore défini », avoue le ministre de l’Eau.

 Services payants  

Pour atteindre ces objectifs ambitieux, l’Etat entend partir de la base en misant sur la contribution des 17 000 « Sefo fokontany », des autorités traditionnelles (Tangalamena, Ampanjaka…) et religieuses à travers le pays. « Des projets pilotes seront mis en œuvre dans chaque fokontany. Des sensibilisations accentuées seront particulièrement entreprises pour briser les tabous sur l’utilisation des latrines dans certaines régions. Une prime d’incitation sera aussi instaurée pour susciter une compétition fructueuse entre les communautés »,  indique toujours le nouveau membre du gouvernement.  « En outre, pour l’eau en particulier, les usagers devront apporter une contribution financière puisque la gestion de l’eau sera confiée au secteur privé. Et ce, même si les infrastructures appartiennent aux communes », précise le ministre de l’Eau. C’est dire que ce « confort » ne sera non plus offert gracieusement à la population !

Extrait Midi Madagasikara - Parution N° : 7615 du 27 août 2008

Plus de Midi - FAMADIHANA. Des milliers de tombeaux ont été ouverts en l’espace de deux semaines dans la région de Vakinankaratra.

Enregistré dans : Actus Madagascar — Josielle @ 10:09

Des dépenses évaluées de Ar 1,4 million à plus de Ar 4 millions par famille

Le « Famadihana » figure parmi les traditions les plus respectées par la population malagasy. Organisé au moins tous les 7 ans, c’est une occasion pour les descendants de faire connaissance, outre la marque de respect et de reconnaissance envers les ancêtres ayant laissé un héritage à leurs enfants, au moment où la récolte s’annonce bonne ou les affaires marchent bien. Rien que dans la région de Vakinankaratra, des milliers de tombeaux ont été ouverts en l’espace de deux semaines à l’occasion de cette manifestation culturelle. Les dépenses évaluées peuvent aller de Ar 1,4 million jusqu’à plus de Ar 4 millions par famille, a-t-on appris auprès des organisateurs.

 Droits d’exhumation 

L’achat de bœuf et de porc dont l’unité coûte respectivement jusqu’à 600 000 Ariary et 500 000 Ariary ainsi que la participation en riz de 300kg en moyenne s’avèrent nécessaires pour nourrir les invités de la famille. Si les familles les plus aisées arrivent à se procurer un linceul en soie sauvage d’une valeur de Ar 140 000 pour envelopper les restes, ceux qui n’ont pas les moyens, se contentent du « lamba tavoahangy » d’une valeur moyenne de Ar 4 000 pour ce faire. En outre, les prestations des « Mpihira gasy » engagés pour assurer l’animation de la fête, ne sont pas minimes car elles sont évaluées en millions d’Ariary compte tenu des instruments de musique utilisés. Les dépenses sont encore plus importantes quand les restes exhumés provenant d’une région éloignée sont à transférer dans le caveau familial, car il faut payer les frais de déplacement. Par ailleurs, les droits d’exhumation peuvent s’élever entre Ar 20 000 et Ar 50 000 par tombeau ouvert, selon la délibération des Conseillers communaux. Il faut compter plus d’une dizaine de restes dans chaque tombeau.

 « Atero ka alao » 

D’après les organisateurs, le « Famadihana » se prépare au moins cinq mois à l’avance. Tous les membres de la famille descendante cotisent ainsi pour préparer cet événement selon leur choix. Mais si certains arrivent à faire des économies d’autres doivent souvent s’endetter pour accomplir leur devoir. En plus, le système « Atero ka alao », qui est une forme de contribution des invités obligés de payer plus qu’ils ne perçoivent lors de l’organisation de leur exhumation, n’arrive pas du tout à compenser ces dépenses réalisées, a-t-on appris. On se demande ainsi quand est-ce que la famille malagasy arrivera à cotiser en économisant pour monter un projet d’investissement productif ? 

Extrait Midi Madagasikara - Parution N° : 7615 du 27 août 2008 

26 août 2008

Economie - Le Ravintsara : une panacée à Ar 600 000 le litre

Enregistré dans : Actus Madagascar — Josielle @ 10:49

Le Ravintsara est une plante médicinale qui vaut son pesant d’or. Elle est efficace pour soulager les douleurs internes comme le rhumatisme osseux, le froissement de muscles… Par ailleurs, les feuilles de cette plante unique sont utilisées pour reprendre du poil de la bête après le ravage de certaines infections ou irritations de la gorge comme l’amygdalite, l’angine, la laryngite et la pharyngite. Dans cette perspective, le malade fait du gargarisme à l’aide d’une infusion de Ravintsara. Parfois, elle est aussi utilisée comme tisane. Pour tous ces bienfaits, le litre de cette panacée vaut 600 000 ariary.

Rare

Les produits dérivés du Ravintsara, dont principalement l’huile essentielle, sont très recherchés. Devenu rarissime sur le marché local, cette huile, dont le prix du litre « pure » s’affiche à près d’Ar 200 000 contre environ Ar120 000/l pour celle mélangée, est actuellement hors de portée. En outre, la quasi-totalité de la production est destinée au marché extérieur. Bon nombre de petites et moyennes entreprises investissent depuis l’année 2006 dans l’exportation de cette huile bienfaisante au détriment du marché local. La plupart de la production est exportée dans les pays européens. La demande y est forte si bien que les clients l’achètent à prix d’or. En 2007, les prix affichés étaient de 190 euro/ litre, soit près d’Ar 600 000/l. Par ailleurs, les feuilles de Ravintsara se vendent encore auprès des tradi-praticiens malgaches. Néanmoins, ils n’en ont pas de manière régulière pour la bonne raison que les fournisseurs les approvisionnent par à coups. Cela se répercute sur les utilisateurs particuliers qui, au final, ne peuvent en trouver qu’au prix de mille peines. Les rares fois où ils en trouvent, la botte est cédée à Ar 300.

Régions productrices

Le Ravintsara pousse de façon naturelle dans toutes les régions de Madagascar. Il y a dix ans, on pouvait le trouver partout. Pour preuve, quelques pieds poussaient à Analakely, sur les trottoirs de l’avenue de la Libération. Actuellement, quelques vieux pieds ayant résisté au temps et aux cyclones qui se sont abattus sur la capitale tiennent encore debout dans l’enceinte de la gare de Soarano. Les régions pluvieuses sont les plus nanties de ces arbres. Leurs feuilles ont en effet besoin d’une bonne teneur d’humidité pour donner les meilleurs rendements pendant le processus de fabrication de l’huile essentielle. Les plus vastes concessions se localisent dans les régions Betsileo. C’est l’usine de Vohimasina, Fianarantsoa qui transforme les feuilles, les racines, et même les tiges en huile essentielle, laquelle sera exportée ou répandue dans les points de ventes agréés du marché national. Les concessions les plus rentables sont localisées dans les régions Est de la Grande île, dont Fénérive Est ou Vavatenina. Etant donné qu’il y pleut 9 mois sur 12, les feuilles et les racines de Ravintsara contiennent une teneur maximale d’humidité qui va être extraite pour l’obtention de l’huile essentielle.

Espèce menacée

Le Ravintsara à l’état sauvage est actuellement inexistant depuis son exploitation intensive, engendrée par l’explosion du marché extérieur en 2006, les petits fournisseurs des entreprises exportatrices le surexploitent. Même les racines sont arrachées du fait que c’est la partie qui procure une huile essentielle de premier choix avec un rendement satisfaisant pendant la transformation. Ce principe anti-écologiste réduit considérablement le nombre de pieds d’une année à l’autre. « En raisonnant en termes d’espace, l’aire occupée par le Ravintsara est depuis quelques années réduite au dixième de sa superficie d’il y a 20 ans », explique un responsable d’usine de production d’huile essentielle de Ravintsara de Tsiazotafo Behoririka. Il ajoute que « si cette exploitation aveugle se poursuit, le Ravintsara serait parmi les espèces menacées dans les années à venir, même si elle n’est pas encore recensée parmi les espèces protégées. » Cet exploitant met en exergue la priorité du reboisement de manière à prévenir sa disparition. En effet, cette plante ne peut se reproduire de manière sauvage. Il faut des suivis pour que les graines poussent et résistent au climat changeant et hostile. Des arboriculteurs concourent dans cette perspective. Ils font pousser les graines dans de pépinières pour vendre les jeunes plants aux entreprises spécialisés dans la transformation et la revente. L’IMRA et l’Homéopharma sont parmi les plus grands producteurs des substances dérivées.

6 tonnes pour 32 litres

Le marché des produits finis du Ravintsara étant très juteux, les exploitants s’adonnent au reboisement pour la survie de leur business. Aujourd’hui, il est adapté dans certaines régions périphériques de la capitale pour être plus près des usines de transformation. Des jeunes plants déferlent depuis deux ou trois ans sur des dizaines d’hectares dans le Vakinankaratra dont les plantations les plus proches sont situées dans les brousses d’Ambohimandroso. L’offre de Ravintsara pour la transformation n’arrive pas à satisfaire la demande. Cette situation s’explique par la multiplication des entreprises qui l’exploitent à grande échelle. En effet, ces dernières collectent leurs matières premières dans les zones productrices au point d’acheter toute la production, tuant ainsi le commerce des tradi-praticiens locaux qui ne peuvent plus en acheter. Cette insuffisance de l’offre s’explique par la très grande quantité de matière première nécessaire à la fabrication de l’huile essentielle. Il faut 6 tonnes de feuilles de Ravintsara pour produire à peine 32 litres d’huile et un séjour de deux semaines dans des cuves et alambics est nécessaire pour donner ce résultat. Bon an mal an, son exploitation est rentable, voire très lucrative.

Extrait Madagascar Tribune - mardi 26 août 2008

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