C’est le calcul de chercheurs et scientifiques malagasy et américains issus d’universités américaines dont celle de Harvard, de Californie, ainsi que de Madagascar health and environnemental research de Maroantsetra et du centre de santé de district de Maroantsetra.

Ce montant astronomique est l’équivalent de plus de 11 400 milliards Ar, ou 57 fois le montant payé en 2010 par la compagnie minière chinoise Wisco pour accéder aux gisements de fer de Soalala. Makira est une aire protégée du Nord-Est et avec ses plantes médicinales, le développement de nouveaux biomédicaments y est tout à fait possible. Ces ressources non encore exploitées peuvent générer entre 0,3 et 5,7 milliards de dollars si elles sont exploitées par des sociétés pharmaceutiques américaines. Il faut y ajouter les nouveaux soins que la population locale peut tirer de ces plantes. D’ores et déjà, plus de 240 plantes dont 113 espèces agricoles et des espèces considérées comme de la mauvaise herbe sont utilisées par les locaux en médecine traditionnelle.

Les chercheurs cités ci-dessus estiment que Makira contient approximativement 0,8% de la diversité botanique mondiale. Elle possède une énorme valeur en matière de plantes médicinales susceptibles d’être transformées par l’industrie pharmaceutique en nouveaux biomédicaments. Rappelons toutefois que les pays développés ne s’empressent pas de se pencher sur la question d’équité dans le domaine de l’exploitation de la diversité biologique des pays pauvres. Ces derniers sont souvent le dindon de la farce. Ils procurent les matières premières mais n’en tirent pas grand-chose, comme du temps de la colonisation. C’était déjà le cas pour la pervenche de Madagascar exploitée par une firme pharmaceutique américaine, une affaire très juteuse à coup de centaines de millions de dollars. Mais la Grande Ile n’en a pas tiré des bénéfices.

Quoi qu’il en soit, l’étude évoquée plus haut démontre la nécessité vitale de conserver l’aire protégée de Makira, rien que pour préserver les plantes médicinales pour l’usage local. En effet, ces plantes utilisées comme remèdes par la population locale représentent entre 30 à 44 dollars par an par ménage, soit 43 à 63% du revenu domestique annuel moyen. En revanche, l’exploitation équitable de ces plantes par des firmes pharmaceutiques devrait rapporter gros au pays.

Extrait la Gazette de la Grande Île – Vendredi 17 Août 2012