La nature et la crise conjuguent leurs effets. Madagascar truste la 1ère place de la vulnérabilité sur le continent.

«Nous sommes le premier pays vulnérable en Afrique… Cette cérémonie concrétise l’entente entre le PAM et le gouvernement, dans le cadre du programme prolongé de secours », a déclaré, hier, le Premier ministre, Jean Omer Briziky, lors de la signature de convention de partenariat entre le Programme alimentaire mondial (PAM) et le gouvernement, au Palais de Maha­zoarivo. Les catastrophes naturelles, dont la sècheresse, les cyclones et l’inondation, seraient les principales causes de cette vulnérabilité.

Offrant assistance en matière d’urgences en cas de catastrophes naturelles mais aussi dans le domaine de la santé, de la malnutrition, de l’éducation par le biais des cantines scolaires, le PAM indique une augmentation de la vulnérabilité des ménages depuis la crise de 2009. « 57 % des Malgaches vivent dans l’extrême pauvreté, c’est-à-dire qu’ils n’ont pas la possibilité d’accéder au panier alimentaire minimal évalué à 328 000 ariary par an. En milieu rural, 83 % de la population se trouvent dans l’insécurité alimentaire », affirme son représentant à Madagascar, Willem Van Milink Paz. La perte massive d’emploi et la déstabilisation des demandes sur le marché du travail et de la productivité ne sont pas, non plus, indifférentes à cette situation.

Les organismes des Nations unies tirent la sonnette d’alarme. « Plus de la moitié des enfants de moins de cinq ans souffrent de retard de croissance. Le taux de malnutrition chronique est actuellement de 57 %. Celui-ci classe la Grande île à la sixième place au niveau mondial », poursuit toujours le représentant du PAM.

Sixième en malnutrition

Les enfants en souffrent le plus. L’Unicef, dans son rapport sur l’exclusion scolaire, publié en février 2012, a indiqué que plus d’un million d’enfants n’allaient plus à l’école. La plupart d’entre eux choisissent le chemin du travail afin d’assurer leur survie. Certains poursuivent l’école tant bien que mal, s’évanouissent en classe à cause de la faim, comme c’est le cas à l’Ecole primaire publique Isotry, à cause de la rupture des cantines scolaires. Une situation qui risque de se détériorer prochainement face à une fin de financement des cantines scolaires pour l’année scolaire 2012-2013. « 1 200 écoles dans le Grand sud vont être en difficulté de ravitaillement parce qu’il n’y a plus de financement pour la rentrée. Si on n’en trouve pas, il y aura soit une réduction de la ration, soit une réduction du nombre d’écoles bénéficiaires », avait affirmé la directrice adjointe du PAM, Olga Keita, lors d’une déclaration exclusive accordée à l’Express de Madagascar, le 6 juillet.
Dans la mesure de ses moyens, 37 millions de dollars pour 2012-2013, le PAM prévoit d’assister environ un million de personnes dans le sud et le sud-Est. Le programme argent contre travail figure dans son agenda.

Extrait l’express de Madagascar – vendredi 3 août 2012