La ville n’aurait sûrement pas existé si l’endroit où elle a pris racine n’était pas truffé de minerais, dont celui du chrome. Cette particularité subordonne sa survie mais aussi son déclin.

Brieville n’était alors qu’une vaste zone presque déserte et faisait partie d’Andriamena avant de devenir et se convertir en une commune rurale, grâce à la richesse du sous-sol. Elle avait encore de magnifiques forêts. 
Située à environ une cinquantaine de kilomètres à l’ouest d’Ambakireny, limitrophe de deux régions, Betsiboka et Alaotra-Mangoro, Brieville a vu le jour vers la fin des années 1960. Tout a commencé avec l’extraction du minerai de chrome, la principale raison d’existence de la Kraomita Malagasy (Kraoma). En fait, le gisement de Bemanevika se tarira d’ici quelques années après plusieurs décennies d’exploitation. 
Face à une telle situation, les habitants de Brieville, une population composée essentiellement des employés de cette société dont la majeure partie des actions appartenant à l’État, s’inquiètent de leur propre survie ainsi que de leur avenir. À cela s’ajoute un problème d’extension de périmètres d’exploitation dû à un permis actuellement cédé à une société étrangère. 
Si jamais Kraoma fermait, ses employés n’auraient plus qu’à quitter Brieville où la plupart d’entre eux sont nés. Ils laisseraient ainsi derrière eux de bons souvenirs dans une cité ruinée qui ne serait autre qu’une « brève ville ». 
Zone rouge
« Certes, la population n’est pas seulement formée des employés de la Kraoma. Mais leur départ aura quand même beaucoup d’impacts dans divers domaines pour la commune. Ce sera une perte assez lourde pour nous », mentionne Léandre Ratsimanosika Andrianirina, le maire de la commune rurale de Brieville.
Elle compte actuellement environ 15 000 habitants, dont la plupart sont d’anciens employés de la société et leurs familles qui ont décidé de s’y installer pour le restant de leur vie. Presque une bonne partie de leurs enfants leur ont succédé au travail, en tant que cadres, agents de maîtrise, ou ouvriers. Le nombre total des employés de la Kraoma, contractuels et temporaires ainsi qu’occasionnels y compris, et ceux des sociétés de sous-traitance mis à part, est de l’ordre de 500.
Une certaine partie des fokontany de Brieville se consacre à l’exploitation de l’or, et tandis qu’une autre vit de l’élevage bovin et d’activités agricoles. 
Classée zone rouge tout comme sa voisine, Andriamena, selon les confirmations du commandant de brigade locale de la gendarmerie, Brieville souffre d’un problème d’insécurité grandissante. Toutefois, c’est une commune plus développée que d’autres de la région, compte tenu de ses nombreuses infrastructures, de ses écoles publiques réparties dans tous les fokontany, des centres de santé de base, et une brigade qui opère sous la tutelle de la compagnie de la gendarmerie d’Ambatondrazaka. L’électrification de la ville a été effectuée depuis longtemps, elle est assez puissante et étendue.

Extrait l’Express de Madagascar – Mardi 19 juin 2012