La manière de voir dans toute langue une arme à double tranchant est valable pour le Malgache. Pour dire que cette langue vit. Ce qui cause quelques désagréments entre ses défenseurs. « Au niveau de l’Académie Malgache, le débat sur la grammaire et l’orthographe des mots existe, sans pour autant passer par des velléités », déclare Harilala Ranjatohery, professeur d’histoire. L’objet de ce bric-à-brac linguistique concerne un trait d’union par-ci, 
une apostrophe par là et d’autres encore. 
Pour mieux comprendre, il est nécessaire de recourir aux exemples auprès des connaisseurs. « Tapakazo et Tapaka hazo, peut générer des positions différentes et utilisations inattendues autant chez les spécialistes que le simple usager. La compréhension dépend ainsi des contextes », met en évidence le vice-président de la section langue à l’Académie Malgache, Henri Rahaingoson. 
Il n’y a pas de quoi s’alarmer car les spécialistes de la langue malgache restent flexibles sur le normatif.
Pourtant hier, le Pr Louis Paul Randriamarolaza lors de sa communication Tenim-pirenena, teny iraisam-pirenena, à l’Académie Malgache n’a pas manqué d’éloges.
Langue vivante
« Notre langue a été introduite parmi celles des quarante deux pays qui traversent les frontières par l’Académie Africaine des langues. Son statut a donc évolué, ce qui appelle une grande responsabilité », a t-il annoncé. 
Pour faire plus simple, le Malgache n’est plus parlé que par les Malgaches de souche, voire au-delà. Face à cela, Henri Rahaingoson relativise. « Dans le dictionnaire français, il existe trois mille mots qui s’écrivent de manières différentes. Soit, c’est un accent qui différencie soit c’est autre chose. Dans toutes les langues, ce genre de chose arrive toujours ». Alors, mettre maintso au lieu de maitso, qui est l’orthographe juste, n’est pas matière à tirer la langue.

Extrait l’Express de Madagascar – Vendredi 8 juin 2012