Pendant des années, le tourisme dans le district d’Ambanja a souffert de l’absence d’une structure organisée et bien outillée. En fait, il s’agit de répondre à une demande des voyagistes internationaux, programmant ou ayant l’intention de programmer cette partie sud de la Diana dans leurs circuits.

Les touristes arrivant de Nosy Be qui cherchent à satisfaire les besoins essentiels liés aux déplacements et à la pratique des activités touristiques sont souvent désorientés. Ils se dirigent directement vers Antsiranana, comme si la destination Ambanja n’existait pas.
Pourtant, elle est réputée mondialement pour son cacao, et il y existe des sites touristiques intéressants pour inciter les touristes à la visiter. Citons entre autres la chute d’eau du complexe Ramena, les îlots, les plages, les dunes, la cascade du Bon père, le parc des oiseaux d’Andranomandevy, le sommet de Maromokotra, sans parler d’autres nouveaux endroits nouvellement créés.
Le tourisme reste, en effet, un secteur hautement stratégique pour le Sambirano, à l’instar des districts voisins et dont le développement a été identifié comme prioritaire. De fait, le tourisme est créateur d’emplois et porteur de croissance et par conséquent, il est synonyme d’un mieux-être économique et social futur pour la population locale.
Désormais, les autorités locales et les professionnels du secteur ont un point focal, une infrastructure de base, pour promouvoir la destination Ambanja, grâce à l’existence de la Maison du tourisme implantée dans l’enceinte de la commune urbaine.
Tout dernièrement, la cérémonie inaugurale de ce bâtiment de deux chambres, d’une valeur de plus de 20 millions d’ariary, s’est tenue dans la ville de cacao, en présence d’Annick Beantanana, directeur général du Tourisme, des autorités régionales conduites par le chef de la région Diana, Romuald Bezara, ainsi que la grande famille des opérateurs touristiques issus de différentes organisations. Une série de discours a été prononcée à cette occasion.
L’initiative émane du Groupe­ment des opérateurs touristiques du Sambirano (GOTS), avec le partenariat de l’Office régional du tourisme de Diégo-Suarez (ORTDS) sous la houlette de son président Daniel Lozes.
Modernité
L’objectif consiste à faire découvrir la destination Ambanja, « mal aimée », en mettant en avant sa diversité touristique et sa richesse culturelle. Pari amplement réussi, l’espace d’animation n’ayant pas désempli de la journée inaugurale !
Avec la subvention de la région de Finistère-France, le GOTS a obtenu un financement de l’ORTDS, sous forme d’une avance perçue sur la vignette touristique. 
« La moitié des rentrées d’argent pour les vignettes payées par les touristes revient à Ambanja sous forme de communication et d’infrastructure. Ce qui nous a permis de construire ce bâtiment », a affirmé un opérateur membre du GOTS.
L’inauguration de cette maison du tourisme a été l’occasion pour tous les intervenants pour encourager tous les opérateurs économiques sans exception à aller davantage sur cette voie, car cet investissement est vraiment le fruit de la vignette touristique perçue.
« Je crois beaucoup en l’avenir du tourisme du Sambirano. Il constitue un moteur important de son développement. Et la vocation première de cette maison sera la mise en valeur de l’offre touristique de notre région et la promotion de nos atouts touristiques », a affirmé Richard Bebo, président du GOTS, lors de son intervention.
Tout au long de la cérémonie, l’assistance a découvert une culture profondément attachée à ses traditions, mais également résolument tournée vers la modernité, en mettant en avant sa diversité touristique et sa richesse culturelle.
Quoi qu’il en soit, beaucoup reste à parfaire à Ambanja, rien que pour les problèmes de transport évoqués par le maire Fety Jaovanona. 
« Nos jeunes transporteurs se sentent lésés, car d’autres taxis-brousse venant d’Antsiranana accaparent la ligne en allant directement sur le port d’Ankify, ou vice versa », a-t-il déploré.

L’obstacle du "fady"
La tradition, les tabous (fady), les coutumes, et la culture du cannabis handicapent le développement du tourisme à Ambanja.
Beaucoup de sites, des îlots, des plages restent inexploitables à cause du « fady ». Pourtant, des touristes étrangers viennent découvrir ces sites pendant la haute-saison. Bilan, la région possède des richesses splendides mais la population reste pauvre. 
De même, la forêt d’Analabe est devenue un haut-lieu de la culture du cannabis, alors qu’elle devrait être un parc naturel somptueux une fois exploité. 
« Essayez de combiner le fady et le développement des sites touristiques pour le bien de la population », a lancé le chef de la région Diana. 
Mais, il a insisté que cela nécessitera une volonté et un savoir-faire de tout un chacun, allant du bon accueil des « vahiny » (les hôtes) à leur sécurité, en passant par le bon comportement des guides et par la qualité des infrastructures hôtelières.
En effet, tous les acteurs sont unanimes pour affirmer que la dimension actuelle du tourisme moderne impose une vision globale et stratégique dans la mise en valeur des potentialités d’accueil. Il s’agit de respecter les exigences qualitatives et constantes des touristes en matière de produit touristique local de qualité.

Extrait l’Express de Madagascar – Mardi 15 mai 2012