Utilisées comme plantes médicinales, aphrodisiaques ou encore utilisées comme matériau dans l’artisanat, les plantes reviviscentes vont se recroqueviller sur elles-mêmes à l’approche de l’hiver. La saison des pluies va, en effet, tirer sur sa fin. Et la période hivernale qui va lui succéder sera marquée par le froid et la sécheresse. Certaines plantes dont les reviviscentes ne tolèrent pas l’hiver et vont se reposer pour ne reprendre leur vie et leurs activités qu’après une réhydratation, c’est-à-dire à la prochaine tombée des premières gouttes de pluie. Le volume d’eau de ces plantes va diminuer jusqu’à 95% durant la saison sèche. Ces plantes vont donc se dessécher et passeront à la période de vie ralentie ou de mort apparente qui peut durer plusieurs mois, voire même plusieurs années. A cause du déficit hydrique, leurs tiges et leurs feuilles vont perdre leur verdure et les herbes deviennent jaunes tandis que les fougères deviennent marrons ou grisâtres. Les feuilles se flétrissent. En présence d’eau, les plantes reviviscentes peuvent récupérer rapidement même après une forte sécheresse. Leurs tiges renflent et reprennent leurs activités en quelques minutes ou en quelques heures. Et la plante entière redevient verte.

Même les bottes de tiges feuillées et desséchées vendues aux marchés de plantes médicinales redeviennent vertes et se développent de nouveau quand on les met dans un verre d’eau. Les Inselbergs ou affleurements rocheux abritent ces plantes. Celles-ci s’y adaptent, même sous un climat très sec. A l’échelle mondiale, il existe 300 espèces de plantes reviviscentes. En ce qui concerne Madagascar, les chercheurs du Missouri Botanical Garden (MBG) ont pu identifier 40 espèces de ces plantes lors du projet d’inventaire des plantes des Inselbergs malagasy. Actuellement, ils travaillent sur quelques espèces reviviscentes comme celles qui sont inclues dans le genre Xerophyta ou « Hosana » et les Bryophyta ou « mousses » (lomotra ou volombato). Parmi les plantes reviviscentes utilisées dans la vie quotidienne à Madagascar, on peut citer « Akata malemy » ou « Tafafa » connu sous le nom scientifique Coleochloa setifera. Pendant la saison sèche,  les gens les collectent pour le rembourrage de matelas. « Maimboelona », « Mahatambelona » ou « Fanalalahy », appelés par les scientifiques Myrothamnus moschatus, sont utilisés pour lutter contre les mauvais esprits (« lolo ») ou bien comme plantes aphrodisiaques, médicinales. Les espèces de fougères qui se trouvent dans les savanes ou « savoka » comme les Sticherus flagellaris et Pteridium aquilinum sont utilisés comme plantes artisanales.


Extrait la Gazette de la Grande Île – Jeudi 26 avril 2012