Voué à disparaître en 1993, le site écotourisme d’Anjà retrouve ses richesses après des années grâce une association villageoise.

Six mille par an et plus de 80 millions d’ariary de recettes. C’est le nombre des visiteurs qui fréquentent le site écotouristique d’Anjà, implanté le long de la route nationale 7 au sud de la ville d’Ambalavao. Cette performance a été atteinte suite à des actions de conservation de la biodiversité et des ressources naturelles du site caractérisée par un grand éboulis rocheux abritant des grottes refuges dans les périodes d’insécurité d’antan. Les parties fertiles ont été colonisées par une belle petite forêt d’une dizaine d’hectares habitée par quelques centaines de lémuriens dont le Lemur catta.
Les initiatives menées par l’association villageoise érigée en communauté de base (COBA) sont basées sur la cessation des cultures sur brûlis forestier, qui ont presque entraîné la disparition du site en 1993. « Pour que les pratiques destructrices cessent, la communauté a axé ses actions sur l’amélioration de l’agriculture. Nous avons aussi développé des activités comme la pisciculture visant à améliorer les conditions de vie de la population. Par la suite, nous avons mis en avant la bonne gestion et la gouvernance des ressources naturelles» indique le président de la communauté, Anja Miray, Alexandre Razafimanantsoa. Une partie des recettes touristiques, soit les 15%, sont alors alloués à l’achat d’intrants agricoles pour les membres.
Chaque année, en effet, un plan de travail est établi. Il mentionne la répartition des différentes dépenses dont 40% sont destinés à améliorer le site, 14% pour les investissements de projets sociaux et communautaires et les parts restants pour le paiement des ristournes et redevances. Des acteurs prêtent main forte à l’association dans la mise en œuvre de ses activités écotouristiques et de préservation, outre la créativité des membres. Par rapport à ses réalisations, le Programme des Nations Unis pour le Développement vient de décerner le Prix Équateur Initiatives 2012 à l’Association Anja Miray outre 24 autres communautés dans le monde. C’est une distinction dédiée aux meilleurs exemples de solutions locales de développement pour les hommes et les femmes, la Nature et les communautés résilientes.
Extrait l’Express de Madagascar – Mardi 3 avril 2012