Depuis un certains temps, d’étranges musiciens issus des couches sociales vulnérables mais qui partagent une même passion sillonnent les rues de Toliara, à la grande joie de la population. Ils jouent de la batucada, un style musical exécuté entièrement avec des « bloco » ou tambours, comme à Rio au Brésil, ou à Grenade en Espagne durant les carnavals.
Le groupe s’appelle le Bloco malagasy, et est composé de 65 filles âgées entre 12 et 25 ans. Elles sont déjà allées une fois en Espagne en août 2011 pour une tournée de quelques semaines. Il fait partie du Centre d’art et de musique (CAM) de l’ONG Bel Avenir de Toliara. 
Mais pour offrir un meilleur spectacle, le groupe est actuellement associé à une autre troupe de 50 jeunes et enfants de deux sexes âgés entre 10 et 22 ans, appelée Roda malagasy. Celle-ci pratique la capoeira, un art martial afro-brésilien. 
« Elle se distingue des autres arts martiaux par son côté ludique et souvent acrobatique », précise le responsable de l’ONG Bel Avenir, Jose Luis Guirao.
Cette ONG a donné le coup d’envoi d’un nouveau rendez-vous artistique à Toliara, en passe de devenir une tradition pour la ville. En effet, selon ses initiateurs, tous les derniers dimanches du mois aura lieu une rencontre de jeunes artistes dans les artères de la ville et qui se terminera au bord de mer près de l’hôtel Plazza. 
Enthousiasme
C’est ainsi que le dimanche 25 mars s’est déroulée la 3è édition de l’Alahady music festival. Le public a pu découvrir la prestation de la Bloco malagasy et de la Roda malagasy. Le spectacle a commencé devant le cinéma Tropic pour se diriger ensuite vers le Jardin de la mer, tout en inondant le boulevard Gallieni de musique et de danse. L’enthou­siasme du public, qui a participé aux chants et a applaudi à la cadence des rythmes enflammés, a réjoui les organisateurs et les participants.
« Pour nous, l’objectif est de rassembler la musique et le sport, en même temps et de donner l’occasion à ces jeunes de s’exprimer auprès du public tuléarois », affirme Jose Luis Guirao.

Extrait l’Express de Madagascar – Mercredi 28 mars 2012