Les importations malgaches de riz ont augmenté. L’absence d’opérations d’intensification rizicole en serait la cause.

Plus d’action. Des acteurs dans la filière agricole trouvent l’augmentation importante du volume d’importation du riz inquiétante. En deux ans, la quantité de riz importé a presque doublé. Le volume d’importation est passé de « 90 000 tonnes en 2009 à 192 000 en 2011 ». Ils accusent, ainsi, l’absence de l’opération d’intensification rizicole comme étant responsable de ce pic. 
« En 2009, l’importation de riz a connu son niveau le plus bas grâce à la politique de Révolution Verte établie (…) La production était en hausse, les revenus des paysans se sont nettement améliorés. Mais depuis la crise, les revenus ruraux n’ont cessé de baisser. Une situation inéluctable puisqu’aucune action de consolidation n’a été poursuivie pour pérenniser les acquis de la Révolution Verte », reproche, par exemple, Eric Rajaonary, directeur général de Guanomad. 
Blocage
Ce roi de l’engrais indique qu’à cette époque, les intrants étaient subventionnés sur tout le territoire national. Cette mesure a permis l’intensification massive de la production agricole.
Actuel­lement, « aucun effort d’accompagnement, ni d’appui n’a été réalisé à l’endroit des agriculteurs. Les conséquences sont perceptibles à tout niveau. La pauvreté rurale ne cesse de gagner du terrain, les paysans n’ont plus de revenus. Baisse du pouvoir d’achat de plus de 40 % en 3 ans », poursuit-il. Un fait qui est d’ailleurs reconnu par un responsable auprès du ministère de l’Agriculture. Ce dernier a expliqué que cette question d’intrants fait partie des blocages qui empêchent aujourd’hui de mener une politique d’intensification agricole. 

« Il est vrai qu’avant la crise, presque chaque zone productrice a connu une augmentation de près d’un tiers de son rendement. Aujourd’hui, il existe plusieurs facteurs qui nous empêchent d’avoir les mêmes résultats », avoue le responsable auprès du ministère de tutelle. 
Parmi les facteurs de blocage indiqués, « nous ne pouvons pas mener de politique d’intensification tant que les engrais coûtent cher. Les semences de qualité n’existent pas, et le ministère ne dispose que de peu de budget pour le développement rural », a-t-il indiqué. À cause de cette question de budget, « même les paysans n’ont plus bénéficié du même encadrement qu’avant », regrette t-il.

Extrait l’Express de Madagascar –  Mercredi 14 mars 2012