Les détaillants vont profiter de la hausse des prix à la pompe pour afficher des prix encore plus exagérés, notamment en brousse. Rappelons qu’après le passage du cyclone Giovanna, le prix moyen du pétrole lampant a connu une hausse de 3% au niveau national, selon les données de l’Observatoire du riz. Le litre se vendait ainsi à 2 513 Ar alors que le prix à la pompe était à 1 850 Ar. Les détaillants se faisaient donc un bénéfice confortable de 663 Ar/litre., soit plus du quart du prix à la pompe. Avec la récente hausse de 150 Ar/litre, ils n’hésiteront pas à répercuter ce mouvement des prix sur le produit. Celui-ci sert de source d’éclairage aux foyers ruraux et à de nombreux ménages urbains étant donné que le taux d’électrification dans les villes est de 72% contre 4,07% à la campagne selon les chiffres officiels. Avant la hausse du pétrole lampant, un ménage dépense en moyenne 2 000 à 3 000 Ar par mois. A cause de la récente hausse des prix à la pompe, cette dépense risque d’approcher le double. Ce qui fait grincer des dents du côté des ménages concernés, d’autant que les ruraux sont plus frappés par la pauvreté. Ils sont encore plus de 82% à vivre en dessous du seuil de la pauvreté. En milieu urbain, ce taux est de 54,2% et il faut remarquer que dans la plupart des cas, ces ménages pauvres résident dans des maisons non électrifiées. Que ce soit à la campagne ou en ville donc, les plus pauvres sont les premières victimes de la hausse du pétrole lampant. Mais les ruraux sont les plus affectés avec un niveau de consommation annuelle déjà très bas, soit 352 000 Ar, contre 606 000 Ar dans les villes.

Extrait la GAzette de la Grande Île – Mardi 13 Mars 2012