Le fameux arrêté ministériel a ouvert la voie à tous les abus forestiers. Le palissandre en fait les frais après le bois de rose.

Après le bois de rose, le palissandre est aussi victime de l’exploitation illicite. Selon des informations recueillies auprès de certaines organisations intervenant dans le domaine de la protection de l’environnement, des opérateurs appuyés par des responsables de l’administration publique s’efforcent d’exporter ce bois, certains procèdent même aux coupes. « Ces différentes circonstances montrent l’empressement des agents auprès du ministère pour l’exportation illicite des bois de forêts naturelles et spécialement du palissandre, en pillant toutes les forêts de l’île », stipule des membres de différentes entités dans un procès verbal. 
Au début de ce mois de mars, un exploitant dans la région Betsiboka a demandé à obtenir un laissez-passer, malgré l’expiration de son permis d’exploiter. Après le refus du responsable au sein du service régional forestier, ce dernier a contacté directement un membre du cabinet du ministère qui a ordon­née la délivrance du permis. Selon des sources proches du sujet, un ordre par écrit a été demandé par le responsable régional, mais il n’a pas été délivré et cela a mis fin aux tractations. Une demande d’autorisation d’exportation des bois saisis en instance de traitement au niveau du tribunal a été aussi ordonnée auprès du service régional de Boeny. Elle a été refusée. Ces bois ont, en effet, déjà entraîné la délivrance de mandat de dépôt à un membre de la direction régionale des eaux et forêts de Mahajanga. 
Arrêté à annuler
Toujours selon des sources auprès des associations et organisme, il y a une semaine, un responsable du service régional de Melaky a reçu l’ordre pour que les exploitants établissent des contrats de vente de bois aux personnes ayant obtenu « des agréments d’exportation de bois du ministère » à Mahajanga. Enfin à Sakaraha, un ancien forestier aurait payé le carburant nécessaire pour faire la répression des personnes détentrices d’agrément d’exportation de bois de Mahajanga en train d’acheter du bois à des exploitants illicites dans la forêt de Vineta. 
Par rapport à la situation, l’Alliance Voahary Gasy entend sensibiliser les partenaires techniques et financiers intervenant dans la protection de l’environnement à l’accompagner et la soutenir dans ses actions visant à persuader la Présidence et la Primature à ordonner l’annulation de l’arrêté ministériel du 18 janvier 2011 portant sur la classification et la normalisation dimensionnelle et l’exportation des produits principaux des forêts. Il s’agit de les informer sur les impacts et les conséquences éventuelles de ce texte. Si rien n’est fait après cette démarche, cette plate-forme entend saisir le Conseil d’État.

Extrait l’Express de Madagascar – Jeudi 8 mars 2012