Le cyclone laisse encore des traces sur la route reliant Antananarivo et Toamasina. Les éboulements et les arbres coupés sont très fréquents.

La plaie laissée par le cyclone Giovanna et les pluies diluviennes de ces derniers jours sont encore vives sur la Route nationale 2, reliant Antananarivo et Toamasina. Au moins une quinzaine d’éboulements assez importants sont recensés sur les 360 kilomètres. Le plus grave a été celui qui a eu lieu au niveau d’Analila, à près de 71 kilomètres de la capitale du Betsimisaraka qui a provoqué la coupure du trafic dans la nuit de mercredi à jeudi. Mais dans toutes les zones montagneuses qui jalonnent cet axe, des pans de talus voire de montagne se sont écroulés sur la chaussée, rendant la circulation extrêmement dangereuse. 
« À plusieurs endroits, des énormes éboulements surgissent au détour d’un tournant bloquant souvent presque la moitié de la route. La prudence est recommandée aux conducteurs pour éviter les accidents », témoigne Mamonjy Ran­driambao, un usager fréquent de cet axe. 
Trafic perturbé
La situation est donc aujourd’hui plus que précaire sur cet axe. Le retour des intempéries aggravera certainement la situation et pourrait provoquer à nouveau une coupure du trafic. Après l’expérience de la semaine dernière avec 
l’éboulement survenu à Analila, le débat est aujourd’hui lancé sur le mode, la réactivité des autorités pour dégager la voie, vu que cet axe constitue un poumon économique du pays. La procédure impose que les travaux même d’urgence soient attribués à des sociétés privées. Ce qui pourrait retarder de plusieurs heures le dégagement, notamment si le lieu de l’éboulement se trouve éloigné des grandes villes. 
« Je pense qu’il faudrait envisager que les antennes des travaux publics dans des endroits stratégiques comme Toamasina disposent d’engins pour effectuer les travaux, notamment de prévention », soutient un ingénieur des travaux publics. 
Outre les éboulements, Giovanna a complètement ravagé la forêt sur cette route. Le paysage au bord de la route qui a été jalonné par des arbres auparavant est devenu méconnaissable. Les branches tombées à terre dominent aujourd’hui à plusieurs endroits, notamment au niveau de Beforona, d’Anevoka et d’Andasibe et entre Rano­mafana et Ambodi­boanara.
Beaucoup de villes, villages et même des hameaux sont encore sinistrés, et les habitants vivent toujours dans des tentes de fortune. Les maisons sont sans toits et beaucoup d’habitations ne seront sans doute plus jamais réparées. À Brickaville, l’électricité de la Jirama n’était toujours pas revenue à la fin de la semaine dernière, à presque un mois du passage du cyclone. Les dépanneurs sont à pied d’œuvre mais l’importance des dégâts rend difficile le rétablissement du courant. En attendant, les activités économiques tournent au ralenti à Brickaville.

Extrait l’Express de Madagascar –  Mardi 6 mars 2012