La reconstruction et le relèvement économique complet après le passage d’un cyclone sont de 5 ans d’après le mode de calcul développé par la Banque mondiale et les Nations unies. Autrement dit, les pertes et dommages enregistrés lors du passage de Giovanna et d’Irina ne seront pas corrigés d’ici peu. Pire, ils viennent alourdir les fardeaux de la pauvreté qui pèsent sur la population. Pire, ils éloignent le pays de l’atteinte des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) ou la réduction de moitié de la pauvreté en 2015. En réalité, la Grande Ile s’enfonce dans la misère et ne compte plus que quelques îlots de riches dont la plupart sont des nouveaux riches engraissés par les trafics en tous genres dont le bois de rose, les postes politiques aux salaires et avantages mirobolants, etc. Quant à la paupérisation de la masse et surtout des gens affectés par les cyclones, ils auront beaucoup de mal à redresser la barre, d’autant qu’ils ne peuvent pas compter sur un Etat et une classe politique en pleine déliquescence. Le pays dispose certes d’un plan de contingence mais le financement qui y est alloué sert uniquement à parer aux urgences. 
Les besoins pour le redressement socioéconomique post-cyclonique dont la réhabilitation de grosses infrastructures comme les routes et les hôpitaux sont généralement financés par les aides extérieures. Rappelons que le financement des 70 à 75% du Programme d’investissement public (PIP) est assuré par ces aides. Cela veut dire que même en temps de paix, Madagascar est sous perfusion sur le plan économique, alors qu’il compte d’innombrables ressources naturelles exploitables. La mauvaise gouvernance et l’absence de politiques économique et sectorielles depuis des lustres expliquent cette situation. Or, les ressources internes telles les recettes fiscales ne suffisent pas à financer les investissements publics. Elles assurent à peine le fonctionnement de l’Etat. Dans ce cas, l’avenir s’annonce très sombre puisque l’appauvrissement va se poursuivre à un rythme effréné à cause du gel des aides pour le développement et des dégâts et pertes cycloniques. En ce qui concerne la prospérité, il y a loin de la coupe aux lèvres.

Extrait la Gazette de la Grande Île – Mardi 06 Mars 2012