Les secteurs Zaivola et Ambolanambo du fokontany Belanitra-Ilafy ont enregistré de nouveaux sinistrés. La stagnation de la rivière Imamba en est la cause.

Encore des sinistrés de plus à Belanitra Ilafy. Le débordement de la rivière Imamba lors, du passage du cyclone Giovanna, est aggravé par les pluies incessantes de la tempête Irina la semaine dernière. Quarante toits des secteurs Zaivola et Ambolanambo sont sous l’eau. Les familles vivent dans de véritables taudis au bord de l’immense plaine inondée. Adultes, jeunes et bébés vivent avec des vaches et des porcs dans une case, sous forme de tente construite en bois. Tout ce qui est hygiène et assainissement, on n’en parle pas.
« Ce sont des bois qui servaient de toits pour nos porcs qu’on a transformés en case d’habitation. Deux à trois familles y vivent », lance Juliette Rasoa­nindriana, une mère de famille. « On a bien voulu aller habiter dans une école publique, mais celle-ci est également atteinte des dégâts cycloniques », poursuit-elle. La maison n’est pas leur seul problème. Ces familles souffrent aussi du manque d’assistance alimentaire. À la fois éleveurs et agriculteurs, leurs champs sont inondés à 100% d’où leur dépendance aux dons pour survivre.
S’en sortir
« On ne distribue pas régulièrement de vivres. La donation dépend de ce qu’on reçoit. Si personne n’en donne, il n’y a rien comme pour cette semaine », confie le président du fokontany de Belanitra Ilafy, Robin Ranaivoarison. Face à cette situation, les victimes se débrouillent. « À deux heures du matin, on se lève pour pêcher des écrevisses qu’on vend sur le marché de Soavimasoandro à Ar 300 le contenu d’un récipient équivalent à une boîte de lait concentré. Si le niveau d’eau stagne, à deux on arrive à en avoir beaucoup en une journée. Mais actuellement, le niveau d’eau nous fait peur et on préfère la prudence », raconte Fanjanirina Rasoarimalala.
Selon elle, il faut trois mois pour retourner dans les foyers inondés parce que l’évacuation de l’eau est difficile. « On a déjà tenté de faire une évacuation à partir d’un barrage à Laniera mais les riziculteurs s’y sont opposés », poursuit le président du fokontany. Toutefois, l’Auto­rité pour la protection contre les inondations de la plaine d’Anta­nanarivo (Apipa), à travers son directeur général, Philippe Rateloson, cherche à résoudre le problème. « On essaye de faire une évacuation à partir d’une vanne jusqu’au canal Andriatany et dans des surfaces non-inondées », a t-il conclu. En attendant, ces familles ont besoin d’assistance surtout sanitaire.

Extrait l’Express de Madagascar – Lundi 5 mars 2012