La création de l’usine de traitement de noix de cajou à Mangamila, dans le district d’Anjo­zorobe, n’a pas fait que des heureux. Certains craignent des impacts sur leur santé.

Une installation qui dérange. L’implanta­tion de l’usine qui traite et exporte les noix de cajou a permis, en une seule année, de créer plus d’une centaine d’emplois dans la localité de Mangamila, à Anjozorobe. Néanmoins, cette initiative privée n’est pas toujours reçu comme un signe de développement. Des habitants ont, en effet, haussé le ton par rapport aux impacts des activités industrielles comme la fumée, les bruits, des odeurs qui selon leurs propos, se répercutent sur leur santé. «L’air que nous respirons à Mangamila n’est plus comme avant. Nous sommes condamnés, nuit et jour, à supporter l’odeur des déchets de noix de cajou que les responsables de l’usine stockent dans la cour. En plus, la fumée qui sort de l’usine nous asphyxie surtout lorsqu’ils procèdent aux brûlages de ces déchets. Toute notre maison n’est pas épargnée » raconte Edouard Rakotoarivelo, un habitant dont la maison est située tout près de l’usine. « Ma femme est tombée malade. Elle se plaint d’avoir mal à la poitrine et est toujours enrhumée » continue ce dernier.
« La fumée qui sort de l’usine constitue une véritable pollution industrielle pour les habitants de Mangamila » soutient un opérateur économique du coin.
Un accord en place
Outre ses initiatives personnelles comme les consultations auprès des médecins du centre de santé de base, et des plaintes individuelles auprès des autorités locales, Édouard Rakotoarivelo, a été signataire d’une plainte collective. Par rapport à la situation, la Commune a pris ses dispositions en saisissant les responsables sur place de l’unité industrielle. Ces derniers ont accepté d’arrêter le brûlage. Un nouvel équipement a été acquis afin de remplacer ce procédé. « Nous avons été notifié par la Commune sur le fait que des individus ont porté plainte par rapport aux fumées dégagées par l’usine. Il est vrai que la cuisson des coques de noix de cajou est nécessaire pour l’obtention d’une huile spéciale pour le traitement de bois. Mais la fumée produit une mauvaise sensation au niveau de la gorge. C’est pourquoi nous avons convenu avec le maire que nous allions arrêter de brûler ces coques » reconnaît, Lova Randrianato, chef d’usine à Mangamila. « Nous avons récemment acquis un outil qui permet d’obtenir de l’huile à partir de ces coques. Par ailleurs, nous avons utilisé des sciures de bois pour la cuisson de la noix elle-même » rassure-t-il.
Concernant le stockage, ce responsable a souligné qu’il ne s’agissait pas de déchets mais de coques qui seront traités pour obtenir l’huile. L’usine en a reçu l’autorisation des autorités locales. « L’odeur qui se dégage, selon les témoignages des habitants, est due à l’humidité » a-t-il signalé.

Extrait l’Express de Madagascar – Lundi 5 mars 2012