Des médicaments spécialisés manquent aux usagers. L’ordre des pharmaciens explique que l’acheminement et la quantité d’importation en sont les causes.

Souci dans l’ap­provisionnement en médicaments. Les usagers rentrent des pharmacies les mains vides, ou ils sont obligés d’acheter d’autres médicaments parce que ceux qu’ils cherchent y sont introuvables. Les pharmaciens évoquent « une rupture de stock de certains médicaments spécialisés les plus utilisés ». 
À titre d’exemple, pour les enfants, on peut citer le Vicombil qui est un produit nutritionnel pour remédier à la carence en vitamines mais qui est introuvable depuis le mois de janvier. Il y a aussi le vermifuge Vermox 100mg. À l’hôpital des enfants Tsara­lalàna, à un moment donné, la Solution de réhydratation orale (SRO) manquait mais « il y a toujours des médicaments de remplacement quand cela arrive, et les enfants ont tous les soins dont ils ont besoin », explique la directrice de l’hôpital mère-enfant, la professeur Annick Robinson. 
Temporaire
Pour les adultes, le président de l’ordre des pharmaciens, Jean Rabemanantsoa, a confié que l’Efferalgan 500 mg est aussi touché par cette rupture, une rupture, qui selon lui, est « temporaire » et est liée à la quantité de médicaments demandée par le pays, et aussi au problème de l’acheminement. En général, les médicaments viennent de France, de Maurice, de l’Inde et de Chine. « La production d’un laboratoire dépend de la quantité de la commande des pays clients. Si notre commande est peu importante, elle doit attendre celle d’autres pays. Quand on passe une commande aujourd’hui, on ne l’aura que dans trois mois. Mais il arrive aussi qu’il ne produise que ce qui est sur commande », explique le président de l’ordre des pharma­ciens. D’autre part, l’acheminement des médicaments constitue une autre cause de rupture. « Peut-être que le bateau a eu des incidents en cours de route, ou c’est à la douane que les procédures sont un peu longues », ajoute-t-il en indiquant que les pharmacies ont un droit de substitution de médicament. Ainsi, les médecins prescrivent des médicaments génériques pour remplacer ceux qui manquent. Mais vu la rupture, le prix des génériques a subi une majoration. « J’étais étonné quand la pharmacienne m’a dit que le vermifuge s’élève à Ar 10 000, alors qu’il était d’habitude de Ar 7 000 », constate Fanja Raveloarisoa, une mère de famille. Mais les pharmaciens remarquent une différence de qualité entre les médicaments génériques et les spécialités concernant la dose du principe actif.

Extrait l’Express de Madagascar – Mercredi 29 février 2012