Les paysans d’Ankadi­kely-Ilafy lancent un SOS aux autorités compétentes pour sauver les plants de riz des 200 hectares inondés depuis deux semaines. « Les jeunes plants de riz de deuxième saison d’une superficie d’une centaine d’hectares sont perdus actuellement. Seuls les plants de riz en cours de maturité peuvent être sauvés », se plaint Juliette Rabenahina, une agricultrice dans le fokontany de Belanitra commune d’Ankadikely-Ilafy, en montrant sa rizière submergée, hier. La persistance de la pluie accentue cette inquiétude des paysans. « L’eau a monté, il faut accélérer le travail de bouchage de brèche », a fait remarquer Michel Rakotonarivo, paysan du fokontany d’Ambo­hipanja, en montant l’escalier menant au responsable du développement rural de la commune d’Ankadikely dans son bureau. Ainsi, la réhabilitation provisoire de la digue de protection de la rivière Imamba, rompue lors du passage de Giovanna, ne le rassure pas. « La nouvelle digue en cours de construction, n’a que deux à trois mètres de hauteur. Elle ne pourra pas résister à la crue si cette pluie continue », a-t-il ajouté.
Sauvetage
Mais le premier souci des paysans réside aujourd’hui dans l’évacuation des eaux couvrant leurs rizières. « La petite ouverture des barrages menant vers les canaux d’irrigation de la partie de la plaine de Lanière ne permet pas encore d’évacuer l’eau dans un bref délai. Il faut augmenter le nombre de barrages à ouvrir », propose Ernestine Rebenan­drasana, agricultrice à Belanitra. L’important pour cette mère de famille qui a perdu toutes ses cultures maraîchères, inondées, demeure alors dans le sauvetage du reste des rizières. « Certains paysans estiment que les plants de riz en cours de maturité inondés pendant un mois peuvent être encore sauvés. Mais les paddy risquent de périr dans un bref délai. Dans ce cas. Il faut les sauver », insiste t-elle d’un air désespéré. 
Les paysans propriétaires des rizières ensablées et qui ont tout perdu ne pensent plus qu’à la prochaine saison. « Deux hectares de rizières ont été ensablés. Nous attendons les hautes intensités de main-d’oeuvre proposées par le Fonds d’intervention de développement pour enlever le sable pour préparer la prochaine riziculture », conclut Jean Rafili­manana, agricultrice d’Ambohipanja.

Extrait l’Express de Madagascar – Mercredi 29 février 2012