Les derniers chiffres indiquent que l’indice de pauvreté à Madagascar frôle les 76%. Ce chiffre tend encore vers la hausse, d’après les statistiques. Il faut reconnaître que dans son ensemble, les Malgaches s’appauvrissent. Mais cet appauvrissement n’est pas absolu, car il y a ceux qui arrivent encore à s’enrichir. En effet, c’est l’inégalité sociale qui s’agrandit de plus en plus. D’après Elysé Razafimahatolotra, économiste spécialisé dans ce domaine, le sous-emploi serait un des facteurs qui favorise l’inégalité sociale. Certaines filières d’activités rapportent beaucoup, outre les enrichissements illicites, d’après ses explications. En effet, le taux de chômage à Madagascar fluctue entre 3,5% et 4%. Avec cette performance, les Malgaches devraient avoir un niveau de vie assez élevé. Ce qui n’est pas le cas, car la plupart des emplois sont inconvenables, par rapport au temps de travail et à la qualification de l’employé.

Deux mondes. Pour l’Observatoire des inégalités, le monde est scindé en deux. En effet, la pauvreté dans les pays développés n’est pas la pauvreté des pays en développement, comme Madagascar. « La distribution de revenus n’est pas équitable. Cela se produit à l’intérieur du pays, mais aussi par rapport aux pays développés. La Banque mondiale considère comme pauvre ceux qui ont des revenus inférieurs à 30 USD. Dans les pays développés comme la France, ce seuil est à 795 Euros. Pour eux, si le seuil était à 30 USD, la pauvreté serait déjà éradiquée. Ce qui est loin d’être le cas chez nous, où les deux-tiers de la population sont pauvres », a noté l’économiste Elysé Razafimahatolotra.

Extrait Midi Madagasikara – mardi 21 février 2012