Alors que tout le secteur pétrolier aval est très mal en point, le prix moyen du pétrole au détail au niveau national commence déjà à monter en flèche. Il a dépassé les 2 400 Ar/litre le 7 février dernier. Les données de l’Observatoire du riz, un organisme qui étudie aussi l’évolution d’autres PPN, sont claires : de 2 338 Ar/litre le 30 janvier 2012, le pétrole lampant a grimpé pour se situer à 2 418 Ar le 7 février. Rappelons qu’au lieu de poursuivre une hausse inexplicable de ce marché depuis 2009, une baisse a été constatée dernièrement par l’Office malgache des hydrocarbures (OMH). Ce fait s’est produit après que cet organe de régulation ait formulé des soupçons d’additivation de pétrole au gasoil et à l’essence. Par la même occasion, le prix du pétrole au détaillant prend une spirale haussière. Une fois de plus, le gel des prix à la pompe produit des effets pervers qui touchent, cette fois-ci, les ruraux. En effet, le pétrole lampant est utilisé à la campagne comme la principale source d’éclairage. Si l’on observe l’évolution moyenne des prix, les détaillants se font donc une marge de 568 Ar/litre. Sur le territoire national, le prix moyen a connu une hausse de 3% entre le 30 janvier et le 7 février. 
Sur la même période, l’augmentation culmine à 39% car le pétrole lampant y est vendu à 2 780 Ar, soit une marge de 930 Ar/litre pour le détaillant. Dans le Boeny, la hausse est de 22%. Mais il faut souligner que dans cette région, le pétrole lampant coûtait déjà plus cher que dans le Melaky auparavant. Autrement dit, il coûtait 2 300 Ar le 30 janvier et 2 800 Ar le 7 février. Le prix le plus élevé s’observe dans le Betsiboka qui affiche une moyenne de 2 867 Ar/litre, soit un prix nettement supérieur à celui du gasoil. Or à la pompe, le pétrole lampant est respectivement 40% et 28% moins cher que celui du gasoil et de l’essence. Les ruraux ne profitent pas de ce grand écart. Au contraire, ils sont affectés par une inflation du prix du pétrole lampant.

Extrait la Gazette de la Grande Île – Mardi 21 Février 2012