Malgré la déforestation et les feux de brousse qui touchent profondément les forêts des hauts plateaux,
celles-ci abritent des espèces endémiques locales. La plante appelée Phylloxylon xiphoclada de la famille des Fabaceae ou légumineuses en fait partie. Elle est connue localement sous le nom d’Arahara et ne se trouve nulle part ailleurs que dans le Tampoketsa d’Ankazobe, à quelques mètres de la RN4. Classée dans la catégorie des espèces en danger critique d’extinction, les populations connues de cette espèce se localisent spécialement dans les vestiges forestiers ou sont exposées sur rochers de 1 000 à 1 500 m d’altitude. Le Missouri botanical  garden (MBG) explique que le Phylloxylon xiphoclada est un magnifique arbuste atteignant 3 m de haut. Il est très ramifié et touffu, à tiges aplaties en cladodes à l’état juvénile mais arrondi à maturité. Cette plante est dotée de petites feuilles facilement caduques, d’une inflorescence très courte en haut des cladodes ou sur leurs marges, composée de petites fleurs entièrement blanches, à fruits en gousses vertes. La floraison et la fructification se situent entre le mois de septembre et février. 

Si en général  la famille des légumineuses est réputée dans l’alimentation humaine, le Phylloxylon xiphoclada  trouve son utilisation dans la fabrication d’outils par la population de Tampoketsa. En effet, ses bois arrondis et durs sont recherchés pour la fabrication de manches d’outils, de bois d’attelage des bœufs. Par contre, les branches sont utilisées comme remèdes des bétails ayant avalé des insectes à poison. Les dernières récoltes botaniques sur l’espèce datent d’un demi-siècle mais la prospection des équipes de MBG a fait ressortir qu’actuellement, on n’y trouve plus qu’à peu près 200 individus dans une aire de distribution restreinte de moins de 10 km2. Bien que l’habitat d’Arahara soit menacé par le feu, cette plante résiste au feu. Mais la dégradation du reste des forêts et les feux de brousse ralentissent leur période de reproduction. La zone d’Ankazobe est encore réputée pour les feux de brousse. Elle regorge pourtant d’une flore qui lui est propre car à part le fameux Schizolaena tampoketsana, le Phylloxylon xiphoclada mérite aussi des actions de préservation. Des mesures de conservation en faveur de cette plante endémique sont en cours d’étude par le Missouri botanical garden.

Extrait !a Gazette de la Grande Île – Lundi 20 Février 2012