Quand une personne meurt, la tradition veut qu’un rituel soit organisé avant l’enterrement.
Dans les temps anciens, la légende raconte que selon la coutume, la famille mange le corps du défunt- « parce que l’on ne souhaite pas qu’il pourrisse sous terre »- dans la nuit qui suit son décès. Un jour, dit-on, le fils d’une grande famille décède, mais ses parents se refusent à donner son corps en pâture à leur clan et offrent en échange des bœufs C’est depuis cette époque très lointaine, dit-on, qu’on tue des zébus- dont le nombre est proportionnel à la richesse de la famille éplorée- durant les veillées funèbres et ce, jusqu’à l’enterrement.
Il est aussi coutumier de mettre une pièce d’argent dans la bouche d’un mort, parfois sous le corps avant qu’on ne le recouvre de linceuls, et seule une famille des plus miséreuses ne peut le faire. Ceci, poursuit-on, s’explique par le fait qu’à Madagascar, en Imerina en particulier, les morts sont enterrés dans un tombeau familial et que cette pièce devra permettre de le reconnaître quand vient le temps du famadihana (retournement des morts), de l’exhumation ou de la translation alors que la chair est déjà tombée en poussière.
Les familles aisées, elles, n’hésitent pas à mettre une petite fortune dans un petit sachet qu’elles placent près du corps avant que celui-ci soit recouvert de linceuls. Quant aux souverains, c’est dans une pirogue en argent que leur « masina » est déposé.
Les richesses dont on accompagne le mort « n’appartiennent pas au souverain régnant », précise Andrianampoinimerina. Autre­ment dit, il n’en prend pas un « hetra » car « elles sont déjà avec les morts, qu’elles sont les dus des rois décédés ». Et quiconque se permet plus tard de les utiliser pour payer le tribut du roi, est passible de la peine capitale.
Il arrive, en effet, que pour des raisons graves telles une maladie, une famille est obligée de récupérer les biens qui accompagnent ses défunts dans la tombe. Cela ne peut pourtant se faire n’importe comment ni n’importe quand: il faut attendre l’ouverture du tombeau, par exemple à l’occasion d’un famadihana, et implorer les morts pour qu’ils acceptent de donner leurs biens.
Le choix de la soie sauvage (lambamena) en guise de linceul est logique, dit-on. Non seulement c’est un tissu qui supporte le mieux un ensevelissement et de ce fait, protège de façon durable le corps, mais en outre c’est un tissu de qualité. Ne pas en recouvrir son défunt signifie aux yeux de tous, une très grande pauvreté. Pour les souverains régnants, les Zanakandriana et les Zaza­maro­lahy on leur réserve le « jaky mena », soie de la meilleure qualité et rouge de la couleur royale. 
Dans tous les cas, on explique également le choix de la soie sauvage par la croyance que l’esprit du défunt ne meurt pas avec son corps et mérite une « tenue d’apparat ». D’où d’ailleurs les expressions « nody mandry » (le défunt est rentré pour dormir) ou « niamboho ny andriana » (le roi a tourné le dos).
Les guerriers qui meurent, se font accompagner d’un fusil, d’une sagaie, bref d’une arme qui distingue le combattant, surtout du temps où de nombreuses peuplades divisées en divers clans, existent et se font sans arrêt la guerre. Plus tard, cela n’est plus possible car tous les soldats n’y ont pas droit. Tout au moins depuis Ranavalona II car à partir de cette époque, seuls les officiers supérieurs peuvent détenir des armes à feu. Et encore, précise-t-on, enterrer avec leurs fusils est autorisé car comme ils n’ont pas le droit de garder de la poudre chez eux, leurs fusils deviennent inutilisables. 
En revanche, la loi en vigueur ne frappe pas de la même interdiction les armes blanches et même les porteurs et les esclaves y ont droit.
Auparavant, sous Ranava­lona 1ère, les funérailles d’un grand officier sont marquées par des salves de fusils et des coups de canon jusqu’à ce que le corps soit enfoui.
Outre tous ces symboles, d’autres croyances évoquent certains signes annonciateurs d’un décès et ils varient d’une personne à l’autre. Toutefois, pour les souverains, on parle souvent de l’apparition des feux follets, accompagnés de musique sans musiciens pour Ranavalona 1ère, de la maladie nerveuse « ramanenjana » pour son fils Radama II.

Extrait l’Express de Madagascar – Samedi 21 janvier 2012