« Madagascar a une belle carte à jouer dans le tourisme durable, d’autant que ce type de tourisme est en vogue. Le pays a encore un environnement, des cultures, des us et coutumes à préserver. Le tourisme durable, c’est l’ensemble de tout cela ». Le nouveau président de l’Office national du tourisme de Madagascar (ONTM), Eric Koller a expliqué ainsi l’un des principaux défis de cette association reconnue d’utilité publique. C’était hier au café de la gare de Soarano lors de la présentation des nouveaux membres du conseil d’administration et du nouveau site web de l’office. Au lieu de la déforestation et du brûlis donc, le pays peut présenter une nouvelle image devant attirer les touristes. Notons que le célèbre directeur exécutif de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) sera présent aux 3èmes assises du tourisme durable qui se tiendront lors du salon international du tourisme « Enjoy » du 31 mai au 3 juin 2012 à Andranomena. Le tourisme durable exige de se conformer à certains principes. Le président de l’office avance que cela n’exige pas nécessairement un lourd investissement. L’essentiel est de commencer et d’y aller progressivement pour remplacer, par exemple, l’énergie fossile par des énergies renouvelables, etc.

Le tourisme durable permet de développer des petites et moyennes infrastructures intégrées dans l’environnement. Malgré tout, le président n’est pas contre les chaînes hôtelières si elles sont implantées là où il faut. Ces chaînes offrent plus de crédibilité à la destination. Concernant le marché du tourisme, 65% des arrivées sont constitués de Français et de Réunionnais. Mais une chute de 30% a été enregistrée depuis la crise. Aux yeux du président de l’office, il faut renforcer la promotion sur ces deux sites émetteurs de touristes. L’objectif est de faire revenir ceux qui ne sont pas encore rassurés par rapport à la situation à Madagascar. Mais l’office reconnaît que dépendre d’un seul marché est dangereux et qu’il faut en prospecter d’autres. Notons que l’office a pour mission de faire la promotion de la destination Madagascar, assurer le dialogue entre les secteurs privé et public, etc. Son objectif est de revenir au niveau de 2008 en ce qui concerne la croissance du tourisme. Entre 2010 et 2011, le secteur a connu une progression de 15 à 20% mais il est encore loin de la performance de 2008. L’office se lance le défi de faire de 2012 une nouvelle année de référence en termes de performance.

Car selon le président, plusieurs secteurs dépendent du tourisme. Il cite les 25 000 emplois directs du secteur, les artisans, les pêcheurs, de nombreuses communautés villageoises, etc. Comme quoi, le tourisme devrait être une priorité des priorités. Pour l’heure, la promotion de ce secteur dépend largement des soutiens des bailleurs de fonds étrangers dont l’Agence française de développement (AFD), la Banque mondiale, l’opérateur en téléphonie Telma…

Extrait La Gazette de la Grande île – Vendredi 20 Janvier 2012