Madagascar figure parmi les trois pays les plus vulnérables au changement climatique, après l’Inde et le Bangladesh. La saison des pluies, de novembre à avril, coïncide en grande partie avec la période de soudure chez les ménages qui vivent dans les zones à risque de cyclones et d’inondation, alors que déjà 35% de la population souffre d’une situation de faim chronique et environ 50% vulnérables à l’insécurité alimentaire.

Les caractéristiques topographiques du pays (pente raide, accidentée) favorisent la force des torrents, ainsi en provoquent les érosions des collines et les inondations des plaines. D’où, un risque de destruction des villages qui y sont affectés. De nombreuses communes et des districts sont isolés des routes principales, et parfois complètement coupées du reste du pays pendant les périodes cycloniques.

Plus, selon les données du Plan national de contingence  – Cyclones et inondations 2011-12, il est décrit qu’après chaque crise ou catastrophe, la situation socio-économique des ménages et de la communauté n’a pas été toujours rétablie à son niveau pré-crise pour différentes raisons (perte de terres agricoles à cause de l’ensablement, diminution de rendement de leurs plantations, infrastructures sociales de base non réhabilités/reconstruites dans les normes, etc). En effet, les impacts cumulés des catastrophes pendant plusieurs années ont beaucoup contribué à l’augmentation de la vulnérabilité de ces communautés.

En outre, les mêmes informations indiquent que la crise politique a eu des impacts sur les secteurs socio-économiques tels que la perte d’emploi et la rupture de certains services sociaux de base (chaîne de froid, vaccination, approvisionnement en médicaments essentiels, fermeture de centres de santé, augmentation du taux d’incidence de la pauvreté) qui est passé de 68,7% avant la crise à 76,5%18 actuellement fixé à 234 $US par personne par an.. Cette pauvreté affecte les zones rurales, qui sont les plus exposées aux cyclones, que les zones urbaines ; où ce taux est respectivement de 82,2% et de 54,2%.

Dans ce contexte, le document du Plan national de contingence ne manque pas de souligner une croissance démographique et une urbanisation rapides, entraînant une forte dégradation de l’environnement et des ressources forestières. A Madagascar, l’érosion des sols qui découle de cette déforestation est de l’ordre de 200 à 400 t/ha/an contre 11 t/ha/an la moyenne mondiale.

o 50% des enfants moins de 5 ans souffrent de malnutrition chronique19 (24% modérée et 26% sévère). Le tout avec en toile de fond, un fort taux d’analphabétisme de 47% pour l’âge de 15 ans et plus 20 ; et un accès insuffisant aux centres de santé et à l’eau potable : 38% de la population rurale et 56% de la population urbaine seulement ont accès à l’eau potable ; 44% de la population rurale et 66% de la population urbaine ont accès à l’assainissement de base et seuls 40% consultent un service sanitaire en cas de difficulté.

Et au sujet de la vulnérabilité physique, la même source mentionne des infrastructures précaires : faute de moyens matériels et financiers, les pauvres vivent dans des endroits exposés à des aléas, sans respect ni du plan d’urbanisme ni des normes minimum de construction, et construisent des habitations qui n’offrent aucune sécurité en cas de catastrophe.

Concernant les réseaux de transport, il est fait état qu’ils  sont faibles et ont été construits sans tenir compte des risques liés aux aléas naturels. La plupart des infrastructures importantes telles que les voies ferrées, les ports et le réseau routier, les réseaux hydro-agricoles sont fragilisés par le manque d’entretien et/ou de réhabilitation périodiques ou post-catastrophes.

Enfin, et non des moindres, le Plan rappelle qu’en milieu citadin, la prédominance de mentalité d’individualisme ainsi, recrudescence des fraudes et de corruption ; la valeur de solidarité se perd davantage. En milieu rural, l’ancrage aux us et coutumes et les philosophies ancestrales, qui sont les principaux facteurs entravant le développement ; par exemple, beaucoup de paysans pensent que les catastrophes sont des destins de Dieu.

Extrait La Gazette de la Grande Île – Jeudi 19 Janvier 2012