Les 40 responsables du parc national de Ranomafana ont des difficultés pour couvrir les 41 601 hectares du parc. Certaines zones du site, ont subi des dégradations, à cause de l’existence de pionniers.

La lutte contre les boucherons illicites devient un problème majeur à Ranomafana, district Ifanadina, région Vatovavy Fitovinany. La forêt du parc national, qui procure des ressources de près de 400 millions d’Ariary par an, est victime d’un processus de déforestation. En effet, des carrières pour l’extraction d’or existaient sur les lieux, pendant les périodes coloniales. Des trafiquants ont alors déraciné des arbres pour extraire ces ressources minières. Selon Josiane Rakotonirina, responsable de la Conservationet Recherche, au sein de l’administration du parc, les animaux endémiques sont aussi touchés.« Certains arbres déracinés n’existent qu’à Madagascar. En outre, les lémuriens et les oiseaux sont aussi perturbés par ce déboisement. Le plus grave est que les impacts des extractions illicites sont irréversibles car les trafiquants déposent les sables et les caillasses, provenant des trous qu’ils creusent, sur les surfaces fertiles. Le paysage se dégrade et la rivière de Namorona est pollué », a-t-elle informé.

Organisés. D’après Marie Léon Razanakoto, maire de la Commune rurale de Ranomafana, les forbans sont protégés par des hommes armés. « Des familles campent dans la forêt, pendant à peu près une semaine, dans le but d’extraire de l’or. Ce sont des centaines et même plus d’un millier de personnes. Elles sont protégées par une cinquantaine d’hommes armés. Par ailleurs, selon des bruits qui courent, le gramme d’or serait vendu à 100 000 Ariary, grâce à sa bonne qualité », a-t-il noté. Néanmoins, une opération spéciale a été effectuée en novembre dernier. Des éléments des forces de l’ordre ont été mobilisés par les administrateurs du parc. Mais ce genre d’opération coûte 4 millions d’Ariary. Par ailleurs, la plupart des interceptés sont des femmes et des enfants qui ont du mal à s’enfuir.

Sévère. D’après le Code des aires protégées (COAP), l’exploitation illicite dans ce parc, classé patrimoine mondial, est passible d’une peine de travaux forcés de 5 ans ou plus. Les autorités locales sollicitent, d’ailleurs que les sanctions prévues soient sévèrement appliquées, pour donner l’exemple.

Pittoresque. L’année dernière, ce parc a accueilli 24 857 visiteurs, dont moins d’un cinquième, seulement, sont malagasy. Plusieurs entités oeuvrent pour la promotion du site. Il faut noter que si la superficie des zones dégradées par l’extraction d’or a atteint 50 hectares, c’est à cause de l’insuffisance de l’effectif des agents du parc. Selon ces derniers, ce nombre est limité, faute de budget. En effet, l’accroissement du nombre de visiteurs pourrait arranger la situation. La semaine dernière, une campagne de promotion organisée par l’ambassade des Etats-Unis en partenariat avec le Centre de presse malagasy a été réalisée avec quelques journalistes et Miando Ratsimiahotrarivo, miss Madagascar 2011 de la RTA. L’objectif principal de cette campagne est d’accroître le nombre de visiteurs malagasy. « Les étrangers font plus de 10 000 km pour visiter ce parc. Pourquoi pas nous, malgaches, qui sommes tout près ? Ranomafana est très intéressant pour passer des vacances, car des attractions de découverte et d’évasion y sont présentes », a affirmé Miando, la miss.

Extrait Midi Madagasikara – Mardi 17 Janvier 2012