Comme le vin, le groupe Mahaleo se bonifie avec le temps. Après quarante années de carrière, la légende roule toujours.

Les incollables de Mahaleo sauront que le groupe fête ses quarante ans d’existence, cette année. Mahaleo, quarante années après, est devenu un jardin majestueux. Où les fleurs de la rage de vivre de plusieurs générations ont trouvé refuge. Où les allées érigées par l’histoire ont été passées et repassées à travers des airs, des hymnes à la « liberté » de s’émanciper en chanson. L’humilité de Dadah rappelle les pots cassés et les erreurs. La hargne de Bekoto, l’envie de continuer avant tout, malgré tout. La sagesse de Charles, les moments qui ont soudé le groupe. La fidélité discrète, à toute épreuve, de Nonoh et de Fafah, le ciment de ces décennies d’odyssée. L’humanité de Dama, fait de lui le donjon du château et le gardien des valeurs. Et enfin, Raoul, irremplaçable parce qu’il n’y avait qu’un seul Mahaleo comme il n’y a eu qu’un seul Raoul. De la plus belle manière, un concert au Motel Anosy, hier soir, a débuté la célébration. Un clin d’oeil à leur histoire. « Nous avons fait notre premier concert à Antananarivo ici », se souvient Charles, du temps où le lieu se nommait Motel Agip. Quarante ans ne peuvent pas s’écrire de manière exhaustive, mais ils peuvent se résumer en chanson. 
1972, une date qui a marqué, sans pour autant y apposer un statut spécial. « C’est cette période qui a façonné le groupe, nous avons seulement été emportés par le vent qui soufflait à cette époque », résume Bekoto. Ce concert de vendredi a été aussi une manière de dire au monde que le groupe est une histoire d’amitié, de voyage dans la musique de l’enfance d’abord, dans les idéaux après. 
Diamant brut
Quarante ans d’histoire après, le diamant brut est devenu tout simplement de bons hommes. « Nous avons tout fait pour que nos chansons se traduisent par nos actions », renchérit Charles. Pour ne citer que Bekoto qui s’investit corps et âmes pour les paysans. Dama, pour l’amélioration de la riziculture, d’autres sont devenus docteurs, ou acteur social. Ce premier concert annonce plusieurs évènements qui vont se trouver dans le sillage des habituels spectacles. 
Il y aura, par exemple, la sortie d’un livre Mahaleo, 
40 ans d’histoire. Ou encore, un concours de chanson, pas des interprétations mais des créations, intitulé « Tamboho », de février à mars. Et aussi, des journées portes ouvertes qui se tiendront du 3 au 7 avril.

Extrait l’Express de Madagascar – Mardi 17 janvier 2012