La capitale est sous une chape de fumée depuis plusieurs semaines déjà, alors que les grosses pluies tardent à revenir. Cette situation climatique associée à la pollution coûte cher aux Tananariviens. Les infections respiratoires et surtout le rhume et la toux récidivent. Chez la plupart des médecins de quartier, la consultation et les médicaments coûtent au moins 8 000 Ar. Un montant qui n’est pas à la portée des citadins pauvres. Un peu plus de 54% des citadins sont pauvres d’après l’Enquête périodique auprès des ménages (EPM 2010) de l’Institut national de la statistique (INSTAT). Avec la prolongation de la crise politique, ce taux augmente sensiblement. La preuve en est que dans les quartiers du nord-est de la capitale, des ménages ne trouvent plus comme solution que frapper à la porte d’Akamasoa de père Pedro. Sinon, nombreux sont ceux qui préfèrent l’automédication pour les récidives du rhume et de la toux. Selon toujours l’EPM, 64% des patients ne consultent pas le médecin, ils font de l’automédication. Ils achètent souvent dans les épiceries les médicaments comme le paracétamol et la contre-toux Cotrim à raison de 40 à 50 Ar le comprimé. Un patient y dépense dans les 1 000 Ar.

L’EPM précise pour ce qui est de l’année 2010 : « Leurs dépenses en médicaments (celles des patients qui font de l’automédication) sont évaluées à 3 050 Ar en moyenne pour l’ensemble du pays et plus de la moitié des malades ont payé plus de 1 000 Ar. Par contre, pour les malades qui ont visité un lieu de consultation, 66% d’entre eux ont fait cette consultation dans les centres de santé publics formels contre 20% dans les lieux de consultation privés formels. Les 14% restant ont effectué leur consultation chez les praticiens informels. Le coût moyen de traitement par visite dans un lieu de consultation s’élève à 18 000 Ar. Les urbains dépensent plus que les ruraux pour les coûts moyens de traitement par visite. La moitie des patients atteints par la fièvre dépensent plus de 5 000 Ariary pour se soigner dans l’ensemble du pays ». Or, le rhume et la toux s’accompagnent souvent de fièvre. A ce niveau, les soins reviennent chers car un ménage pauvre ne perçoit même pas 3 000 Ar par jour. Le seuil de la pauvreté est de 1,25 dollars par jour ou environ 2 500 Ar.

Comme quoi, la pauvreté empêche la plupart des Malagasy de se soigner correctement. Il faut aussi signaler les problèmes de la pollution, un problème que l’Etat ne regarde pas de près. Les feux de brousse font toujours rage à chaque saison sèche, alors que les citoyens sont peu sensibilisés sur les effets désastreux de ce fléau et de la déforestation. Il en est de même pour les citoyens ayant la possibilité de s’acheter des véhicules. Les 4×4 encombrent les rues de Tana alors que dans la majorité des cas, ces véhicules consomment et polluent plus que les autres. Il faut y ajouter l’augmentation en nombre du parc auto. Au cours du 3ème trimestre 2011, l’INSTAT affirme que les véhicules nouvellement immatriculés à Tana sont de 4 821, contre 4 079 au 2ème trimestre, soit une hausse de 18%. Les véhicules neufs représentent 58,3% du total.

Extrait La Gazette de la Grande Île –  Mardi 22 Novembre 2011