Se trouvant du côté de la route nationale reliant la capitale à la Région Bongolava (RN1), il faut dire que les Geysers d’Amparaky ne sont guère faciles d’accès. Pour cause, le manque de visibilité du panneau de signalisation érigé uniquement sur l’un des deux bords de la voie routière encore en bon état, desservant actuellement la localité où l’on pourra admirer le site en question. Dans le même ordre d’idée, il faut également dire que le goudron s’arrête seulement à la limite de la route nationale précitée. Ce qui revient à dire qu’il faudrait déployer des efforts physiques assez considérables pour pouvoir s’y rendre, sinon se servir d’un véhicule tout terrain notamment pendant la saison pluvieuse.          

Pour la petite histoire, il y a une dizaine d’années de cela, les geysers sis dans le fokontany d’Amparaky, commune Analavory dans la région Itasy, constituaient un endroit où les gens venaient faire du « Fanasinana ». Une sorte de rite ancestral à effectuer par les intéressés dans l’espoir d’avoir des enfants, de recouvrer la guérison suite à une maladie quelconque, ou encore d’obtenir une ou des solutions adéquates face aux problèmes de la vie de tous les jours. Faut-il préciser qu’en ces temps-là, les « mpimasy » (guérisseurs traditionnels) furent les seuls maîtres des lieux. Ce temps est révolu à l’heure actuelle : cet endroit plus connu sous le nom « Geysers d’Amparaky » a été exploité (lire article par ailleurs) et est devenu par la même occasion un site touristique à part entière. Et même s’ils ne sont pas encore très connus comme Ankarafantsika, Ranomafana, Isalo ou Tsingy de Bemaraha, les geysers d’Amparaky commencent tout de même à attirer des visiteurs constitués majoritairement de ressortissants étrangers.

Comme son nom l’indique, il y a de l’eau qui jaillit de partout au niveau de ce nouveau site touristique national. De l’eau pas vraiment comme les autres existant dans la localité du pays susmentionnée. Car cette eau-là, dit-on, possède des vertus thérapeutiques. Elle peut guérir plusieurs maladies, apparemment. La plupart des malgaches s’y rendent pour tenter de soulager leurs maux de toute sorte. D’ailleurs, certains guides sont aussi masseurs. A ce que l’on sache, plusieurs personnes y ont trouvé la guérison.

 

S’abstenir de haricots mais aussi de viande de chèvre

Non loin des geysers, se trouve la colline d’Ambohitriririnina. Sur ce sommet s’est dressée une tombe où gît le roi Andriampohy, souverain ayant régné dans cette localité et ses environs il y a bien longtemps. Rappel des faits : ce roi perdît la vie juste après avoir mangé des haricots et de la viande de chèvre au repas. Au moment de rendre son dernier soupir, il avait ordonné à ses descendants de bannir la consommation de haricots et de la viande de chèvre sur l’ensemble de son territoire. Il en fut ainsi même jusqu’à ce jour.

D’après les guides, le site des geysers d’Amparaky est visité par une quinzaine de personnes en moyenne pendant les jours ouvrables. Par contre, le week-end, il reçoit en moyenne jusqu’à 500 touristes, dont la majorité sont des européens. C’est surtout le dimanche qu’il y a le plus de monde et bien entendu les jours fériés. Le droit de visite est de cinq cent ariary pour les nationaux, et deux milles ariary pour les étrangers. Quant au frais de parking, il est de mille Ariary. La recette est versée en totalité à la commune d’Analavory, a-t-on appris. En fait, c’est cette dernière qui se charge de l’entretien des lieux. D’ailleurs, des travaux de rénovation y sont actuellement effectués pour rendre le site plus attractif.

Mais il n’y a pas qu’à la commune que le site profite. Il y a aussi les photographes qui font le tirage des photos sur place. Il vous suffit patienter quelques minutes et votre photo est prête. Ils ont déjà les équipements nécessaires pour cela dans leurs stands implantés sur place. N’oublions pas non plus les petits commerçants comme partout ailleurs. Mais ce qui a attiré notre attention étant la présence des vendeurs dont la quasi-totalité des marchandises est composée de boissons alcooliques. A noter que leurs points de vente sont implantés près du parking.

Comme touts les sites touristiques, les geysers d’Amparaky ont aussi des guides. Mais il y a guide et guide. Il y a d’abord les guides attitrés qui sont au nombre de trois. Ils connaissent les lieux par cœur ainsi que les vertus thérapeutiques de l’eau. D’autre part, il y a d’autres guides qu’on pourrait qualifier de « squatters ». Les guides attitrés se plaignent que ces derniers augmentent en nombre alors qu’ils n’exercent pas le métier comme se devant de l’être. Certains d’entre eux prennent le malin plaisir à attendre les visiteurs bien avant l’arrivée au parking, semble-t-il. S’il en est ainsi, les guides officiels n’ont pas intérêt à traîner les pattes. Dans la foulée, il importe de signaler que les guides (ceux attitrés bien entendu) peuvent faire de la kinésithérapie sur place avec l’eau des geysers. D’après l’une d’eux, la personne doit d’abord passer quelques minutes sous l’eau, notamment la partie du corps à traiter.

 

C’est quoi un geyser ?

En règle générale, les geysers sont des phénomènes volcaniques spectaculaires. Sauf que ce n’est pas toujours le cas. L’Islande est réputée pour en avoir parmi les plus beaux du monde. Le mot « geyser » est d’ailleurs d’origine islandaise. Il vient du mot « Geysir » qui est un célèbre geyser islandais, aujourd’hui éteint. Son nom est en fait tiré du mot islandais « gjosa » qui signifie « jaillir ».

Un geyser est donc une source d’eau chaude qui jaillit à intervalles plus ou moins réguliers. Il projette vapeur et eau à haute température. Certains geysers peuvent atteindre 60 mètres de hauteur. L’orifice en surface est généralement étroit. Il est relié par des conduits tout aussi fins à de gros réservoirs d’eau souterrains. La source d’eau chaude du geyser est évidemment souterraine. Elle est en contact avec une structure rocheuse à température élevée. Elevée car elle-même est chauffée par du magma en fusion. La rencontre de l’eau chaude et de la roche chaude fait monter la température de l’eau. L’eau bouillonnante fait pression dans les conduits (en roche dure), jusqu’à la surface. C’est en surface qu’on aperçoit ce bouillonnement de l’eau. Les conduits fins et verticaux façonnent les colonnes de jets d’eau. Jets provoqués par un effet de convection. Une fois l’eau rejetée, le phénomène se reproduit.

 

Le cycle éruptif

L’éruption d’un geyser s’étalonne sur plusieurs étapes.

1°/ Remplissage de la colonne d’eau.

Plus on s’approche de la surface, plus la température diminue. Ce changement est dû à l’étroitesse du conduit.

2°/ Un combat s’engage à la frontière entre le réservoir souterrain et le bas du conduit, jusqu’à ce que la densité de l’eau cède à la pression.

3°/ L’eau commence à remonter dans le conduit en accélérant au fur et à mesure de la montée. Des bulles de gaz se forment. De l’eau commence à apparaître en surface sur les bords de l’entrée du trou.

4°/ L’eau en surface est expulsée par la poussée, provoquant un jet puissant.

5°/ La pression retombe, un nouveau cycle commence

Protection

Les geysers sont très fragiles. Ils dépendent de leur environnement, que ce soit des changements naturels et des transgressions humaines. Par exemple, certains geysers meurent au profit de centrales géothermiques, créées par l’homme.

Autre exemple : les parois rocheuses des geysers peuvent ne pas être assez solides, une érosion rapide condamne alors ces geysers.

Type de geysers

On peut distinguer deux types de geyser : le geyser fontaine (jaillissement d’eau par pression) et le geyser gazeux.  Ailleurs comme en Islande, les geysers sont des geysers gazeux. C’est-à-dire : source d’eau chaude, expulsion de gaz, remontée de bulles d’eau et explosion de ces bulles en surface, jaillissement de l’eau pour une courte durée.  Parmi ces geysers, le plus célèbre d’Islande est Geysir. Aujourd’hui éteint. À ses côtés, le geyser Strokkur, a pris la relève. Si la hauteur des jets est moins impressionnante que Geysir, il n’en reste pas moins une des plus grandes attractions touristiques du pays. Les touristes cernent le geyser, appareils photos et caméras rivées sur le bouillonnement de l’eau en surface, prémices d’un spectacle jaillissant.

L’eau de nos geysers n’est pas chaude…

Les geysers d’Amparaky sont issus du phénomène de puits artésiens et non de geysers volcaniques. La différence est essentiellement du au fait que l’eau expulsée n’est pas chaude, c’est-à-dire non chauffée par le phénomène de géothermie comme c’est le cas pour les geysers volcaniques en Islande ou Norvège.

Extrait La Gazette de la Grande Île – Mercredi, le 9 Novembre 2011