La pluie n’est toujours pas tombée dans la région de l’Alaotra. Les travaux de préparation des rizières commencent à accuser du retard.

Ambatondrazaka et ses environs sont à sec. La pluie se fait désirer dans le grenier à riz de Madagascar. Les barrages et cours d’eau qui irriguent les milliers d’hectares de rizières commencent à s’assécher. Même le niveau du légendaire lac Alaotra a sérieusement baissé. Les travaux de préparation des rizières sont aujourd’hui en attente et accusent des retards qui tendent à inquiéter les paysans. 
« Normalement, les travaux de préparation des rizières devaient commencer depuis le début du mois de novembre. La situation est alarmante mais les riziculteurs ont encore jusqu’à décembre pour le repiquage. Si la sécheresse perdure jusqu’en janvier, ce serait trop tard », témoigne Hery Rasata, un riziculteur d’Ambatosoratra. 
Enjeu capital
Le changement du climat se fait sentir depuis quelques années dans les régions d’Ambatondrazaka et d’Ampa­ra­faravola. La période sèche dure de plus en plus longtemps, bouleversant ainsi le calendrier cultural. Le risque d’inondation et de débordement du lac Alaotra est également permanent.
Selon des témoignages, la pluie n’est tombée que deux fois et en petite quantité, depuis le mois d’octobre. La dernière fois, c’étaient surtout des grêlons qui tombaient. Ces derniers jours, des crachins ont été constatés mais ne suffisaient même pas à humecter le sol. Même les rizières situées autour du lac sont aujourd’hui à court d’eau.
« Mis à part le riz, les au­tres cultures, comme les fruits, souffrent aussi énormément du manque d’eau. Les informations météorologiques diffusées par les médias rendent toutefois les paysans assez optimistes quant à l’arrivée prochaine de la pluie », rassure-t-on au niveau des autorités locales.  
La production rizicole de l’Alaotra revêt d’une importance capitale pour la Grande île. Avec plus de 350 000 tonnes par an, elle représente près de 10 % de la production nationale. Une quantité relativement faible mais déterminante pour la régulation de l’approvisionnement en riz dans tout Madagascar. Le prix du riz dans la capitale, varie selon le prix dans l’Alaotra.

Extrait l’Express de Madagascar – Mercredi 09 novembre 2011