A lire le rapport sur le développement pour 2011 de la Banque  Mondiale sur le conflit, la sécurité et le développement, Madagascar  a intérêt à sortir de la crise le plus rapidement possible

Heureusement que pour le moment Madagascar n’est pas encore dans la situation d’un pays qui traverse la guerre civile.  Heureusement, car si c’était le cas, le pays prendra encore des années pour retrouver sa croissance d’avant la crise. En effet, il ressort du rapport sur le développement 2011 de la Banque Mondiale que les conséquences économiques néfastes d’une crise, surtout d’une guerre civile sont énormes. « Une guerre civile moyenne coûterait 30 années de croissance économique pour un pays en développement » a expliqué hier  Shantayanan Devarajan, économiste en chef de la Banque Mondiale pour la région Afrique, lors du Dialogue sur le développement,  qu’a organisé hier  ce bailleur de fonds dans ses locaux à Anosy. En somme, une crise a des effets extrêmement dévastateurs sur l’économie et retarde de plusieurs années le développement. « Un pays met 14 ans pour retrouver son niveau de croissance après une  guerre civile et 20 ans pour que le commerce retrouve son niveau d’avant guerre » selon toujours les explications de l’économiste de la Banque Mondiale.

Aggravation de la pauvreté. En somme, les longues crises ont  été et sont toujours des facteurs d’aggravation de la pauvreté.  « Les pays à fortes violences pendant les années 80 et 90 ont 20% de plus de pauvres que ceux qui restent stables ». Sur le plan du respect des droits de l’homme, les conséquences néfastes des crises sont également très visibles. « la violence auprès des femmes augmente pendant et après les guerres civiles » selon toujours Shantayanan Devarajan qui a basé son exposé d’hier sur le rapport de la Banque Mondiale intitulé : « conflits, sécurité et développement ». Le même rapport d’indiquer  que « une guerre civile moyenne entraîne une baisse de 3.6 points de l’indice d’intégrité physique et on mettra 10 années pour retrouver les niveaux d’avant la guerre ». Bref, les pays touchés par un conflit ou des violences criminelles extrêmes prennent du retard dans leur développement. La preuve : les pays fragiles à faible revenu ou touchés par un conflit n’ont encore atteint aucun des objectifs du millénaire du développement (OMD).

Sonnette d’alarme. En tout cas, ce rapport de la Banque Mondiale sur le développement doit servir de sonnette d’alarme pour les politiciens malgaches qui s’attardent aux querelles politiques inutiles. Et plus particulièrement aux dirigeants de facto qui se montrent incapables  de trouver  la bonne solution pour  sortir le pays de la crise. En effet, même si  Madagascar ne se trouve pas encore dans la situation d’un pays en guerre civile, les faits marquants de l’actuelle transition ne sont pas loin des  caractéristiques  des régions à conflit définies dans ce rapport de la Banque Mondiale.  Ce rapport indique notamment : « La violence sévit lorsque les Etats et les administrations ne parviennent pas à assurer la sécurité et l’accès à la justice, lorsque les marchés ne créent pas suffisamment d’emplois et lorsque les communautés locales ont perdu la cohésion sociale qui contribue à contenir les conflits ». Bref, si  les politiciens ne font pas attention et ne trouvent pas, dans les meilleurs délais un terrain d’entente pour sortir de la crise,  Madagascar  pourrait se rapprocher de la zone dangereuse des pays à conflit.  Situation dans laquelle il faudra encore des années pour s’en sortir.

Extrait Midi Madagasikara – vendredi 28 octobre 2011