C’est le premier site touristique de Madagascar. Mais les particuliers et les opérateurs touristiques de Ranohira, là où se situent les massifs de l’Isalo, souffrent des délestages quotidiens. Les opérateurs voient leurs dépenses en énergie majorer de 20% par rapport à la normale. Le propriétaire de l’hôtel Les Toiles de l’Isalo, Joël Randriamandranto ajoute : « Nous ne pouvons plus stocker les marchandises faute d’une chaîne de froid continue. A part les dépenses additionnelles pour l’électricité donc, nous devons aussi supporter d’autres coûts supplémentaires parce que nous devons faire nos provisions tous les jours. Et la situation risque d’être difficile pour nous, opérateurs touristiques ». En effet, les tarifs pour les saisons de l’année suivante sont toujours communiqués aux tours opérateurs et agences de voyages étrangers au mois de juillet et août. Mais sur cette période-là, la Jirama ne donnait encore aucun signe quant à ses problèmes de trésorerie et financiers. Ce qui signifie que les tarifs envoyés aux tours opérateurs ont été étudiés sans ces importantes dépenses supplémentaires subies par les opérateurs touristiques.

Dans ce cas, il devrait y avoir un réajustement des tarifs dans le cours de l’année 2012. Une décision qui ne plaira pas certainement aux professionnels du voyage à l’étranger et aux touristes. Mais les opérateurs risquent d’opter pour ce réajustement s’ils ne veulent pas enregistrer des pertes. Quoi qu’il en soit, ils savent d’ores et déjà qu’une révision à la hausse presque intempestive des tarifs ne peut que donner une mauvaise image à la destination. Après les problèmes d’Air Madagascar donc, le tourisme doit faire face à ceux de la Jirama. Or, ce secteur est la 1ère source de devises du pays et crée des centaines de milliers d’emplois. De plus, des responsables de centres de formation en tourisme affirment que le secteur offre des opportunités de carrière, même aux métiers qui se trouvent au bas de l’échelle. Comme quoi, le tourisme devrait avoir le plein soutien des autorités. Mais les problèmes de la Jirama risquent fort de lui porter préjudice.

En attendant des solutions, les opérateurs touristiques doivent faire avec les groupes électrogènes fonctionnant au gasoil. A Ranohira, ils marient souvent cette énergie thermique avec du solaire, notamment pour le chauffage de l’eau pour les chambres. Il faut ces dépenses supplémentaires car dans cette ville, la Jirama fonctionne 6 h/24 contre 21h/24 auparavant. Le maire affirme qu’il a reçu de la Jirama un courrier comme quoi cette société est en crise et a des problèmes pour acheter du carburant. Résultat : la Jirama rationne le carburant pour chaque centre qu’il gère dans le pays. Pour le cas de Ranohira, au lieu des 400 litres de carburant par jour, la Jirama n’a plus droit qu’à 235 litres. La commune doit aussi faire face à la montée de l’insécurité, toujours à cause des délestages. L’hôpital public aussi est victime, surtout pour les accouchements de nuit.

Extrait la Gazette de la Grande Île –  Jeudi 20 Octobre 2011