Les régions ne sont plus les seules concernées par les délestages. A la suite de ses problèmes multiples aggravés par l’étiage ou le bas niveau de l’eau, la Jirama commence aussi à procéder aux délestages dans la capitale et ses environs. Avant-hier soir, des quartiers de Tana étaient plongés dans le noir pendant des heures. Et hier, l’électricité a été coupée des heures durant et ce, en plein jour proche des heures de pointe. Afin de pallier ces délestages, la lampe solaire est de plus en plus prisée ou commence à susciter sérieusement la curiosité de nombreux ménages tananariviens et dans les régions. Elle coûte dans les 20 000 à 40 000 Ar, un prix hors de portée de la plupart des ménages. Mais si la Jirama est amenée à voir sa situation se détériorer, l’Etat devrait voir comment vulgariser la lampe solaire. Des entités comme l’association Jacaranda y travaille depuis quelques années et en 2011, son projet va se concrétiser par la distribution de lampes à 3 500 maisons dans la commune de Ranohira. La distribution accompagnée d’un festival de musique est prévue les 14 et 15 octobre prochains à Ranohira.

Après cette commune, l’association compte travailler sur d’autres communes. Elle finance l’achat des lampes par les fruits de la collecte de dons qu’elle a organisée tant localement qu’à l’étranger. L’idée n’est pas toutefois de donner gratuitement les lampes. Car au bout de 5 ans, durée de vie de ces matériels, les ménages sont incités à renouveler leur lampe. Ils paient donc 1 000 Ar par mois sur 15 à 20 mois. La lampe solaire permet de faire des économies car les dépenses en bougies ou en pétrole pour la lampe à pétrole sont de 3 000 Ar par mois (ou 36 000 Ar par an). C’est plus que le prix d’une lampe solaire dont la longévité est de 5 ans.  Cette association n’est pas la seule à s’investir dans la vulgarisation de la lampe solaire. Dans l’Atsimo Atsinanana et le Vatovavy Fitovinany, l’institution de microfinance Tiavo travaille aussi avec une entreprise de distribution de lampes solaires à la suite de la demande de ses clients. Elle loue donc des lampes et des kits pour charger les batteries de téléphone et pour écouter aussi la radio. Des initiatives privées vont dans le même sens et opèrent dans le Moyen-ouest et dans une partie du Menabe.

Certes, il ne s’agit pas d’une électrification au sens propre du terme. Mais les lampes tout comme les kits servent les ruraux mais aussi les citadins. Ils peuvent d’ailleurs procurer des revenus complémentaires quand on a les moyens d’en acheter plusieurs pour les louer. Il y a quelques années, le convertisseur était en vogue pour parer aux délestages ou pour la pré-électrification. Celle-ci permet d’avoir de l’éclairage, d’écouter la radio, de regarder la télévision, de charger le téléphone… Mais la lampe solaire entre actuellement en force et est en passe de dépasser le convertisseur. Elle est facile d’utilisation et le prix est relativement abordable si l’on considère sa longévité.

Extrait La Gazette de la Grande Île – Jeudi 06 Octobre 2011