Le salon professionnel du tourisme et du voyage de Paris, IFTM Top Resa 2011, s’est achevé,  hier  vendredi, avec  une note de satisfaction pour la délégation malgache. Même si l’affluence au stand Madagascar était plutôt modeste , en tout cas en baisse par rapport à celle de l’année dernière.  La qualité des visites a néanmoins primé, précise le président de l’Office national du tourisme de Madagascar (ONTM), Joël Randriamandranto. Interview.

La Gazette de la Grande Ile : Au terme de ces 4 jours, quel est le premier bilan que l’on peut tirer de la participation de Madagascar ?

Joêl Randriamandranto : Il faut dire qu’en matière d’affluence, on a enregistré une baisse par rapport à l’année dernière. C’est peut-être du à la crise qui secoue l’Occident et guette la France. C’est peut-être aussi à cause du nombre élevé de participants dont nombreux sont revenus après quelques années d’absence. Ce qui indique, soit-dit en passant, la perception de plus en plus universelle de la place du tourisme dans l’économie d’une nation. En dépit de cette baisse des visiteurs de nos stands, on a cependant remarqué un point particulièrement important : l’intérêt sur la destination Madagascar. Auparavant, on visitait notre stand pour s’enquérir des produits offerts par nos opérateurs parfois par curiosité. Cette fois-ci, on a enregistré un vif intérêt des voyagistes français qui s’informaient sur les moindres détails. Certains d’entre eux avouent n’avoir jamais vendu la destination Madagascar mais devant la demande de plus en plus nombreuse de leur clientèle, ils sont venus. Plutôt que le nombre de partenaires potentiels de nos professionnels, le salon s’est donc soldé pour nous par la qualité de la demande. Ce qui est très positif.

LGDI : Etant entendu que le marché français représente environ 60 % de nos arrivées touristiques et que ce salon constitue une approche de vente pour la saison 2012, quelle projection peut-on d’ores et déjà faire pour la prochaine saison ?

J.R. : Il est difficile de faire une projection sur le seul marché français mais après les actions de promotion auxquelles les opérateurs ont fortement contribué en plus de leurs efforts propres, on estime que 2012 sera encore meilleure que 2011 autant que 2011 a été en hausse par rapport à 2010 et cette dernière très positive par rapport à 2009. La chance que nous avons est que Madagascar peut offrir des produits diversifiés que les autres n’ont pas. Et surtout, les opérateurs privés se surpassent en dépit du contexte. 2012 sera une bonne année sous réserve des péripéties de la vie nationale.

LDGI : Avec l’engagement d’Air Madagascar, la signature de la lettre d’intention de partenariat avec Air France, la déclaration d’intention pour le développement du tourisme durable qui a été signée par le syndicat des agences de voyages de France et d’autres associations, jamais une telle coalition n’a existé en faveur du tourisme malgache. Que manque-t-il pour qu’on puisse décoller pour de bon ?

J.R. : Quoiqu’on fasse, la volonté politique est fondamentale. Cela veut dire que l’Etat doit faire du développement touristique une priorité nationale. Cela exige un ensemble de mesures telles que le développement des transports et des infrastructures, le développement au niveau de la santé avec ce que cela suppose de mise en place de structures à même de rassurer et de répondre aux besoins des touristes, le développement de la formation pour qu’on dispose d’une main-d’œuvre qualifiée, l’accessibilité au financement des investissements, la promotion de la production vivrière… Tout cet ensemble doit être mis en œuvre en même temps. Certains se demanderont où pourrait-on trouver le financement pour tout ce programme. Toujours est-il que le retour sur investissements est extrêmement rapide. Aux autorités étatiques de trouver les moyens si elles croient effectivement que le tourisme est un levier important de développement et qu’il faut en faire une priorité nationale. En 5 ans, on ne reconnaîtrait plus Madagascar si on y met le paquet. Pour le moment, c’est le secteur privé qui se prend en charge. C’est une chance pour nous et cela explique pourquoi le secteur n’a pas sombré en dépit de la crise politique. Il faut préciser que ce n’est pas à l’Etat de tout faire. A Maurice par exemple, on donne toutes les facilités aux investisseurs qui pour la création d’hôtels haut de gamme qui pour créer les accessoires. Ce sont ces opérateurs qui font eux-mêmes la promotion de la destination afin d’assurer la rentabilité de leurs investissements.

Extrait la Gazette de la Grande Île –  Samedi 24 Septembre 2011