Selon une étude réalisée par le chercheur américain Erick Patel dans son film intitulé « Trouble in lemur land » où il s’est intéressé spécialement aux « Sifaka soyeux », les lémuriens de la Grande île sont plus que menacés, victimes de la déforestation illégale à Madagascar.

« Ces primates sont menacés d’extinction tandis que leur habitat, les forêts montagneuses du nord-est de l’île, est littéralement détruit, ravagé par l’exploitation illégale de bois de rose, d’ébène ou de palissandre. Pour enquêter sur un tel sujet, d’énormes risques ont été pris. Mais il le fallait » a affirmé Patel.

Notons que les propithèques, « sifaka » en malgache, font partie des lémuriens les plus évolués. Ces derniers sont des mammifères endémiques de la Grande île et des Comores. Leur museau est plus court que celui des autres lémuriens. Ce sont généralement des animaux de grande taille qui pèsent près de quatre kilos. Leur déplacement est radicalement différent de celui des autres espèces. En effet, ils ont la particularité de se mouvoir dans les arbres épineux des forêts sèches. Ils peuvent faire des sauts de six mètres sur les arbres pieuvres du Sud de Madagascar. Leur biotope se trouve dans les forêts du Sud, de l’Ouest, du Nord et même de l’Est. Les groupes varient de trois à dix individus selon les régions. Les groupes de six à huit individus sont les plus fréquemment observés. Leur espérance de vie est de vingt ans.

La cause de ce nom malgache vient sûrement de leur cri d’alerte face au danger qu’ils répètent généralement plusieurs fois et qui sonne comme « shi-fak ». Cependant, cette appellation est valable surtout pour les plus petites espèces de propithèques. Les plus grandes sont plutôt appelées « simpona ».

L’espèce que Patel a étudiée, se trouvant dans les forêts sèches du Nord, ont un nom différent. On peut effectivement y trouver les propithèques de Perrier (P perrieri), rares et appelés « akomba joby » ou « rajako », ainsi que le propithèque de Tattersall récemment découvert et que l’on surnomme « akomba malandy ».

Habitat naturel en danger

Rappelons que chaque année, plus de 200 à 300 mille hectares de forêt naturelle partent en fumée. L’explication de cette situation est simple car d’une part, ces forêts sont détruites par les cultures sur brûlis, l’élevage et l’utilisation de bois à brûler. Actuellement, on ne compte plus que 10% de la couverture forestière originelle de Madagascar. D’autre part, une croissance démographique rapide, ainsi que l’appauvrissement de la population, ses besoins accrus en nourriture et en bois d’énergie ont également été les principaux facteurs de cette déforestation. En effet, 95% des ménages malgaches ont recours au bois à brûler et au charbon de bois comme source d’énergie quotidienne, sans parler de la demande en bois de construction et en bois d’œuvre mettant en danger l’habitat naturel de ces lémuriens, actuellement menacés et du coup, en voie de disparition.

Extrait Les Nouvelles – lundi 5 septembre 2011