Les plantes médicinales malgaches sont menacées par les activités humaines. Pour Madagascar où la majorité des plantes médicinales sont endémiques, une stratégie de conservation s’impose.

Plus de 80% de la population malgache ont recours, régulièrement ou non, à la médecine traditionnelle. La richesse de la biodiversité locale, renfermant des espèces de plantes médicinales uniques au monde, permet d’avoir accès aux bénéfices apportés par les vertus thérapeutiques des plantes médicinales. Mais celles-ci sont de plus en plus menacées par les activités humaines. Cette menace se généralise, en réalité, dans l’ensemble des pays africains où la médecine traditionnelle tient une place importante dans le quotidien des populations, notamment rurales. L’OMS estime, en effet, que près de 80% des populations des pays en développement sont tributaires de la médecine traditionnelle pour leurs besoins en soins de santé primaires. Une stratégie de conservation s’avère aujourd’hui incontournable face à l’ampleur du danger qui guette les espèces de plantes médicinales.

9e journée. La conservation des plantes médicinales se trouve, justement, au cœur des préoccupations ce jour, à l’occasion de la neuvième journée de la médecine traditionnelle africaine, placée sous le thème de la « Conservation des plantes médicinales : le patrimoine de l’Afrique ». L’enjeu est, en effet, de taille dans la mesure où plus de deux tiers des espèces de plantes dans le monde ont des vertus thérapeutiques. La médecine traditionnelle, mais également la médecine moderne, sachant que jusqu’à 50% des médicaments modernes sont tirés de plantes, sont alors plus que jamais concernées par les problématiques de préservation des plantes médicinales. La mise en place ou le renforcement des stratégies de conservation se trouve alors au centre des attentions, afin d’assurer une exploitation pérenne, sans danger pour la survie des espèces. La culture des plantes médicinales représente alors un des moyens à mettre en œuvre afin de parvenir à de telles fins.

Défis. Le Dr Luis Sambo, directeur régional de l’OMS pour l’Afrique, aborde la question, à l’occasion de la journée de la médecine traditionnelle africaine et rappelle que les pays de la région africaine font des progrès en matière de culture et de conservation des plantes médicinales. Treize pays ont adopté des politiques nationales de conservation des plantes médicinales et les lignes directrices de l’OMS relatives aux bonnes pratiques agricoles et de collecte de plantes médicinales. De même, 17 pays cultivent les plantes médicinales à divers degrés et d’autres pays ont cultivé de nouvelles variétés de plantes médicinales et ont élaboré des directives pour leur collecte et leur conservation.

Pour Madagascar, en particulier, les laboratoires spécialisés dans l’exploitation et la transformation des plantes médicinales, restent les pionniers dans les activités de culture et de conservation des plantes médicinales.

Politiques nationales de conservation. Mais le Dr Sambo de constater qu’« en dépit des progrès réalisés sur plusieurs plans, les pays restent confrontés à des défis tels que l’appauvrissement en plantes médicinales peu courantes du fait de la dégradation de l’environnement, la déforestation… les mauvaises pratiques agricoles et l’exploitation forestière. Un certain nombre de ces problèmes se sont posés parce que l’essentiel des plantes médicinales utilisées à des fins commerciales est toujours obtenu par la récolte sauvage. En outre, plusieurs pays de la région ne se sont pas dotés de la législation nécessaire à la protection des plantes médicinales menacées ». La mise en œuvre de politiques nationales globales de conservation des plantes médicinales a alors été préconisée, en recommandant notamment le développement de jardins botaniques et la mise en place de bases de données sur les plantes médicinales existantes et la protection des espèces menacées. Pour que le patrimoine reste intact et que les populations puissent continuer à en profiter, sans le mettre en danger.

 

Extrait Midi Madagasikara – Jeudi 1er septembre 2011