Le président du Conseil d’administration de l’Office national du Tourisme de Madagascar donne des prévisions sur le secteur tourisme pour cette année 2011.

• Quelle est votre vision annuelle sur le tourisme ?

– Si nous nous référons aux réalisations actuelles, face au nombre d’arrivées durant le premier semestre de l’année qui s’établit à 100 692 touristes, nous nous approchons des réalisations de 2008. Nous ne les atteindrons pas, certes, mais il existe des progressions significatives. Pour les Tours opérateurs bien structurés qui ont effectué des ventes normales, c’est-à-dire ceux qui ont toujours proposé la destination, même pendant la crise, ils ont la possibilité de faire de meilleures ventes qu’en 2008. Cette année, je table sur 250 000 à 300 000 touristes. Le taux d’occupation annuel des hôtels est estimé entre 40 à 50 %, avec des pics proches de 90 % en haute saison, dans les régions les plus touristiques.

• Qu’est-ce qui nous empêche de réaliser la même performance ?

– Actuellement, nous ne pouvons pas dire que le pays est stable politiquement. Il existe une insécurité bien qu’elle ne touche pas spécifiquement les touristes étrangers. Néanmoins, nous avons enregistré des cas isolés, mais les attaques ne ciblent pas régulièrement ces derniers.

• Récemment, le Quai d’Orsay a publié des mesures de précautions pour les visiteurs français qui désirent se rendre au pays. Ce document ne présente-t-il pas des conséquences sur nos réservations ?

– Pour le moment, cette déclaration qui, comme vous dites, relève plutôt de la précaution, n’a pas des conséquences directes. Il n’y a pas d’annulation des réservations confirmées. Je pense que c’est la tendance générale dans les différentes filières du tourisme, à savoir dans l’organisation des voyages et dans les infrastructures d’accueil. Elle n’a pas eu d’impact sur les dossiers confirmés. Il n’y a pas d’annulation en masse. Il y a toujours des annulations en toute période, mais pour d’autres raisons. Le mois d’octobre s’annonce chargé. C’est la meilleure saison où les voyageurs du troisième âge seront nombreux. À cette époque, les tarifs des avions sont moins chers. En ce qui concerne les nouvelles demandes, il est trop tôt pour dire qu’elles sont ralenties suite à cet avis du Quai d’Orsay.

• Les problèmes rencontrés par la compagnie aérienne nationale ne présentent-ils pas des menaces pour le secteur ?

– Nous avons eu une grande chance que le problème de Air Madagascar soit survenu à la veille et non pendant la haute saison. La plupart des visiteurs ont confirmé leurs billets. De plus, la compagnie a toujours honoré ses engagements. Si cela n’avait pas été le cas, la situation aurait été dramatique.

Extrait l’Express de Madagascar –  Mercredi 31 août 2011