6%. C’est le recul du taux d’achèvement dans l’école primaire depuis 2008. Les données de l’UNICEF fait aussi état de la hausse de 53% du taux d’abandon de l’école pour les enfants de 6 à 10 ans entre l’année scolaire 2008-2009 et 2009-2010. Comme quoi, les enfants sont « les victimes innocentes » de cette crise interminable. Leur situation n’est pas près de s’améliorer quand on sait qu’aucune mesure n’est prévue pour résoudre ce problème.

Or, nombreux sont les parents qui ont du mal à financer la scolarisation de leurs enfants. C’est évident quand on sait que 76,5% des Malgaches sont pauvres et n’arrivent pas à récolter un revenu de 3 000 Ar/jour. Un cahier de 200 pages coûte pourtant 2 000 Ar. La situation est encore plus critique quand on sait que le soutien public pour alléger les fardeaux des parents ne dépasse pas les 3 000 Ar par enfant. Ce montant dépasse à peine le revenu quotidien de la population vivant en dessous du seuil de la pauvreté. Quant aux investissements pour l’éducation, ils accusent aussi une baisse significative en passant de 82 millions de dollars en 2008 à 14,4 millions de dollars en 2010.

En fait, les données de l’UNICEF retracent une situation sombre non seulement pour les enfants d’aujourd’hui mais pour leur avenir et celui du pays. Elles annoncent un prochain appauvrissement encore plus accru du pays. Car plus le niveau éducatif est moins élevé, plus les personnes concernées et même leurs voisins sont moins productifs. En revanche, si l’on travaille dans un environnement où le niveau éducatif est élevé, on est plus productif selon des chercheurs européens. Ils démontrent aussi qu’en moyenne, une année supplémentaire d’éducation augmente la production de richesse de 3 à 6% sur le long terme. Avec la forte érosion dans le monde scolaire, Madagascar est loin de vivre une telle réalité. Si le pays entend se rattraper actuellement ou plus tard dans l’éducation des adultes, il n’en récoltera pourtant pas grand-chose. Les chercheurs remarquent en effet qu’il n’est malheureusement pas très efficace d’investir dans la formation pour adultes. Cet investissement ne modifie guère leur situation.

Par contre, il est très porteur d’investir dans la formation des jeunes enfants selon toujours les chercheurs. A côté, les économistes prônent pour l’investissement dans l’enseignement supérieur et la recherche. Mais à Madagascar, l’investissement pour les classes primaires et secondaires est insuffisant, alors que les universités et leurs crises à répétition montrent à quel point ce secteur est loin d’être une priorité des priorités de l’Etat et ce, depuis des décennies. Les universités ne disposent même pas d’un budget de recherche. Elles ont déjà du mal à boucler leur budget de fonctionnement.

Extrait La Gazette de la Grande Île –  Lundi 22 Août 2011