Madagascar fait partie des pays signataires de la convention sur la diversité biologique (CDB) qui n’a pas atteint ses objectifs en matière de conservation de ses ressources naturelles en 2010. Parmi les raisons avancées par l’équipe du point focal figurent les pressions des activités humaines sur la biodiversité et les ressources forestières à cause de la pauvreté des populations et les impacts du changement climatique. D’où la nécessité de l’élaboration d’un plan stratégique pour 2011-2020 consacré à la décennie des Nations unies à la biodiversité.

Pour l’année 2010, les trois objectifs de la CDB, ratifiée par Madagascar en 1995, ont consisté à promouvoir la conservation de la biodiversité, l’utilisation durable de ses composantes ainsi que le partage équitable et juste des avantages découlant de l’exploitation des ressources génétiques. En général, la CDB vise à assurer une forte réduction d’appauvrissement de la biodiversité au niveau national, régional et international mais l’objectif n’a pas été atteint pour la Grande île.

Selon les explications fournies par le directeur général des Forêts, Julien Noël Rakotoarisoa, « les objectifs fixés sur la conservation de la biodiversité n’ont pas été atteints à cause des pressions des activités humaines que subissent nos ressources forestières et notre biodiversité comme les feux de brousse, la culture sur brûlis, l’exploitation illicite des forêts à cause de la pauvreté des populations, sans oublier le changement climatique ». Tous ces phénomènes ont engendré des impacts sur la survie des espèces faunistique et floristique face à la dégradation de la biodiversité. Toutefois, la mise en place d’un mécanisme de création et de gestion de nouvelles aires protégées a porté ses fruits car environ 6,9 millions d’hectares sont actuellement sous statut de protection. Ce qui veut dire que la mise en place de 6 millions d’hectares d’aires protégées en 2012 est largement dépassée.

Plan stratégique de la CDB

Cet échec a nécessité l’élaboration d’un plan stratégique pour l’année 2011-2020 dans le cadre de la décennie des Nations unies pour la biodiversité afin de réduire les différentes pressions sur les ressources naturelles et de partager les bénéfices de la diversité biologique et génétique au profit des populations. Pour Madagascar, en marge de la signature du protocole de Nagoya sur l’accès aux ressources génétiques et le partage juste et équitable des avantages découlant de leur utilisation, relatif à la CDB, le 20 septembre prochain au siège de l’ONU à New-York, «  Il s’avère indispensable d’élaborer ce plan décennal avant 2012 parmi lequel figurent l’extension des aires protégées, le renforcement des actions de préservation de l’environnement et de la conservation de la biodiversité ainsi que la coordination de la gestion durable des ressources naturelles au bénéfice des populations », selon toujours le DGF Julien Noël Rakotoarisoa. Le plan touche différents thématiques de la biodiversité, entre autres, les eaux intérieures, les zones marines et côtières, l’agriculture, les forêts, les terres sèches et subhumides, les montagnes et les îles.

Le document relatif à la stratégie et au plan d’action national servira d’outil pour animer le centre d’échange d’information de la CDB. Il a été validé durant la journée d’hier dans les locaux de l’office de lutte contre le déversement des hydrocarbures à Ambatobe par les intervenants et acteurs dans le domaine de l’environnement et de la conservation de la biodiversité.

Extrait Les Nouvelles – mercredi 10 août 2011