L’électricité est loin de toucher 10% de la population rurale. Ce produit a pourtant des impacts transversaux. Avec de l’électricité, les ruraux peuvent développer leurs activités vers la transformation, travailler un peu plus longtemps que d’habitude pour produire plus, offrir aux enfants du bon éclairage pour leurs études du soir, ménager la santé avec de l’éclairage électrique qui remplace la lampe à pétrole, etc. Bref, les gains sont multiples mais les investissements publics dans l’électrification rurale sont encore récents et modestes. Si l’on se réfère au budget d’investissement du ministère de l’Energie auquel est rattaché l’Agence pour le développement de l’électrification rurale (ADER), il vient loin derrière celui des ministères de l’Agriculture, des Travaux publics, de la Santé… Le secteur intéresse encore peu les gouvernants. Afin d’apporter des pistes de solutions, le centre de formation Madagascar DLC propose une visioconférence avec l’Inde le 17 août prochain. L’idée est de « trouver la voie à suivre afin de fournir un éclairage solaire pour les plus démunis qui vivent dans les zones rurales ».

A part Madagascar, d’autres pays vont participer à cette conférence, à savoir le Bénin, l’Ethiopie, le Kenya, le Mali, la Tanzanie et l’Ouganda. Madagascar DLC rappelle que l’électrification rurale est une des composantes clés dans la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD). Elle facilite le développement économique et socioculturel. Sur le continent, 587 millions d’Africains n’ont pas accès à l’électricité. Et même avec les sources d’éclairage comme le pétrole, le coût de l’énergie revient cher pour les plus pauvres. Ces derniers ne perçoivent pas 2 000 Ar par jour, alors que le litre du pétrole est à 1 850 Ar. L’énergie solaire pourrait se substituer au pétrole. L’Inde en fait l’expérience. Elle a lancé le projet « Lumière pour un milliard de vies » (LaBL), il y a 3 ans. Il est mis en œuvre par The energy and resources institute (TERI) « sur la base d’un modèle novateur d’entreprises locales spécialisées dans les services énergétiques ». Les entrepreneurs sont équipés et formés pour créer des stations solaires et assurer l’auto-viabilité du projet.

Le soutien financier vient de bailleurs de fonds multilatéraux, d’organisations et de donateurs individuels. Le projet a pour objectifs de fournir un éclairage propre aux plus pauvres et de développer un réseau de partenaires pour étendre l’éclairage solaire à l’échelle mondiale et notamment dans les régions pauvres. La visioconférence sera une occasion pour Madagascar de voir comment s’intégrer dans ce projet. Elle commencera avec un exposé introductif de Dr Pachauri, prix Nobel, directeur général de TERI et président du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (IPCL). Notons qu’à Madagascar, l’opérateur touristique Jacaranda Madagascar développe un projet d’éclairage à la lampe solaire pour toutes les cases de la commune de Ranohira. Comme quoi, le projet indien est déjà une réalité dans la Grande Ile et l’on devrait ainsi voir comment étendre l’exemple donné par Jacaranda Madagascar.

Extrait La Gazette de la Grande Île – Mercredi 10 Août 2011