Madagascar possède environ 300 000 ha de mangroves, principalement situés sur la côte Ouest de l’île. Méconnues, ces forêts de mangroves n’en restent pas moins menacées. A l’occasion du festival des mangroves, célébré actuellement à Belo-sur-Tsiribihina (Menabe), l’on tente de s’accorder une vision commune.

« Dans l’idéal, les acteurs concernés par les mangroves devraient partager une vision commune, régionale et pourquoi pas nationale, sur la gestion durable des mangroves » selon Dannick Randriamanantena, chef de projet « Mangroves Côte Ouest de WWF ». Une vision commune car jusqu’ici, les intérêts que suscitent ces forêts littorales sont parfois contradictoires, empêchant ainsi de coordonner une mobilisation et à terme, de susciter un comportement plus rationnel dans le recours aux services des mangroves. Or, celles-ci sont importantes : des ressources halieutiques, des plantes médicinales, divers services écologiques dont, par exemple, la protection naturelle face à la marée, une richesse importante en termes de biodiversité… La mangrove a plusieurs vertus, autant écologiques qu’économiques, qui gagnent à être connues et sauvegardées.

Mais c’est une conservation qui nécessite des alternatives. Les mangroves sont aujourd’hui fortement menacées par la coupe, pour le charbon et le bois de chauffe. Mais Randriamanantena rappelle : « La population est plus ou moins consciente de l’importance de protéger ces forêts de mangroves. Mais n’oublions pas que c’est la précarité qui l’incite à avoir recours à ces coupes. » Un constat qui introduit à une nouvelle dimension de la conservation : « Nous devons penser à une alternative qui associe conservation et développement durable ».

La stratégie commune en matière de protection et de gestion durable des mangroves n’est pas encore décidée, dans la mesure où plusieurs acteurs gravitent autour de ces forêts : des sauniers qui extraient le sel, des exploitants forestiers qui utilisent le bois, des aquaculteurs qui bénéficient des ressources halieutiques que renferment les mangroves, des environnementalistes qui se concentrent sur la faune et la flore de ces formations littorales, et bien sûr les communautés villageoises. L’on espère alors, dans le futur, qu’une entente aidera à dresser une charte sur la conservation des mangroves.

Extrait Les Nouvelles –  vendredi 29 juillet 2011